‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 63 sur 101 · Journal, 28 octobre-8 novembre · texte numérisé non relu

Journal, 28 octobre-8 novembre

I79i-I8ii 153

Sur la nature et les effets du schûme et sur runité catholique : l'épistolior s'appelait Maistre. Et ces deux écrits, joints à deux lettres du Jésuite Kozaven» formeront plus tard un petit bréviaire manuscrit, dont certaines converties se serviront [)0ur amener de nouvelles recrues à leur nouveau bercail*. Aux portes de ce bercail, une brebis fut longtemps hésitante : c'était M"* Swetchine. Maistre eût souhaité qu'elle dépouillât moins d'infolios, qu'elle cessât de c s'écraser do fatigue > (Il € jetant dans les bassins de sa balance > les arguments des apologistes et les objections des critiques ; il lui rappelait le mot de Bossuet : € La (-oiwersion est une illumination soudaine >. Madame Swetchine, le 8 novembre 1815, devait oiiàu cogner aux portes de rÉglise : c ce fut par d'autres voies que celles du dogmatisme absolu de Maistre qu'elle se convertit », observera son biographe Falloux ; son adhésion à Rome fut le résultat d'une longue étude, d'un patient travail intellectuel*. Mais elle aimera se souvenir que dans eu travail même, tout en le jugeant trop prolongé, Maistre l'avaitaidée ; et lorsque en 1844, 1 Chambéry, le futur Père Martine w passera de

1. Rosaveo, l'Eglise rus$e et CBglùe catholique, éd. Gif»rin. p. S-3 (Paris. Ploo. 1876).

à Œuvres, XIII. p. 11»-122. - FaUoax, Madûmt SmUktè9t ly p. 32. - Latreille, op. ct<., p. 31-33.

l'Église russe à l'Église romaine, M""* Swetchine écrira :

« A l'admirable solennité de Chambéry, j'ai pensé au comte de Maistre : on devrait renouveler sa mémoire, à l'accomplissement de tout acte semblable, car il a été un grand semeur*. >

Semeur aux gestes discrets, qui conseillait à ses correspondantes de ne rien brusquer, et qui leur disait sa crainte des « publicités inutiles ou dangereuses^ ». Tout ce qu'il souhaitait de la dame protestante, c'était qu'elle se fît catholique en secret ; et l'idée qu' « on doit quelque chose à l'autorité politique » amenait Maistre à ne pas trop presser la dame russe. Il lui rappelait l'histoire de Naaman, général du roi de Syrie, disant à Elisée qui venait de le convertir : « Jamais je ne sacrifierai à un autre Dieu que le vôtre, mais lorsque le Roi mon Seigneur entre dans le Temple de Remmon pour adorer en s'appuyant sur mon bras, si je m'incline lorsqu'il s'inclinera lui-même, que le Seigneur me pardonne !» — « Allez en paix », avait répondu Elisée. Maistre pensait que ce prophète avait été très sage, et qu'en « se donnant en spectacle » les dames russes converties à

Page 1