‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 73 sur 101 · Daudet, op. cit., p · texte numérisé non relu

Daudet, op. cit., p

A cent ans de distance, pour expliquer dans un cercle d'honnôtes gens, mal préparés aux subtilités tliéologiques» le sens général de la déBoition dogmatique émise en 1870 par le concile du N.iii* III 'Il n aurait qu'à leur parler comme Maiâtre parlait à Blacas. Et quelques semainei après, le 10 novembre 1813, Maistre écrirait à son corrcspoudaiit : c Je médite un grand ouvrage Mir le pape, le sujet le plus important et le plus ignoré do notre aveugle siècle * » ; il souhaitait même rentrer en possession de ses lettres, aûn d'amorcer cet ouvrage.

La ténacité que mettait le ministre de Sardaigne dissuader le futur Louis XVIII et son familier iUacas de demeurer des gallicans, ne fut pat ignorée du Saint-Siège : Maistre, tout le premier,

* xpédiait à Vienne au nonce Scveroli, dès la lia

• le 1814, quelques renseignements sur ses déinurches, avec un extrait de la lettre finale, et il enregistrait l'avis d'un c ecclésiastique français *Ui plus grand mérite >, qui considérait que < la tranquillité des choses entre le Saint-Siège et les Dourbons restaurés était en grande partie le fruit de cette correspondance* i. SeveroU, prudent, mettait d'ailleurs plusieurs mois à répondre à ce

I Dviudet, op. cit., p. 281. 2. LiLuvres, XIII, p. 36.

« très fidèle sujet philosophique, politique et théologique de Sa Sainteté. »

Maistre n'arrivait pas à convaincre Blacas ; car en 1817, de Rome où il échafaudait un Concordat, Blacas lui confiait, mi-sérieux mi-plaisant : « J'étais occupé à la préconisation de trente-deux archevêques ou évoques, qui sont appelés à rendre à rÉglise de France son ancien éclat, et à soutenir les Quatre Propositions, qu'un de mes amis désapprouve* ». — A la première occasion, ripostait Maistre, « les prélats français se conduiront comme s'il n'y avait jamais eu de Q uatre Articles ^. » Maistre, ce jour-là, fut très optimiste : en fait, si l'on met à part quelques rares prélats du temps de la Restauration, tels que d'Aviau, archevêque de Bordeaux, ce sera seulement au cours de la monarchie de juillet que, grâce à l'action de Montalembert et de ses amis en faveur de la liberté de l'Eglise, une fraction de l'épiscopat commença de se comporter comme s'il n'y avait jamais eu les Quatre Articles. Tout le premier, d'ailleurs, Maistre sentait si nettement le reste d'ascendant que gardait l'Assemblée de 4682, qu'au moment d'imprimer le livre du Pape, il en détacha, pour un volume ultérieur, les chapitres sur l'Église

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