‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 72 sur 101 · Daudet, op, cit. y p · texte numérisé non relu

Daudet, op, cit. y p

propres arguments cetto puissance de la vérité. Ce tripot gallican, insistait-il, ne fut qu'une manœuvre do la puissance qui depuis troil lièclee complote contre la souveraineté *. Béformet gallicanisme, révolution, lui paraissaient trois étapes d'une môme révolte contre le pouvoir, soit spirituel, soit temporel, et contre le caractère divin du pouvoir.

Rappelant à Blacas les constitutionnels de 1790, Miistre lui lançait cette flèche : c Ils faisaienl comme vous, mon digne ami, précisément comme v(>us. Vous jugez le souverain spirituel, vous en appelez aux conciles, aux anciens canons, aux libertés de TÉglise gallicane; ils jugeaient le souverain temporel, ils en appelaient aux lois fondamentales, aux États généraux, et aux libertés de la nation gallicane* )». Au demeurant, le c monstre > — ce mot voulait dire Napoléon — faisait de ces Quatre Articles son code ecclésiastique, sa loi chérie, son évangile politique*. Les Bourbons et Bonaparte pouvaient-ils avoir le même évangile? Mais voilà que Blacas, en 1813, crojraii savoir que Pie VII allait être pour la famille de ce monstre le ministre d'une consécration nouvelle.

I Daudtt. o/>. Cl/., p. 155-156.

•J. Daudet, op. cit., p. 241.

a. Daudel. op. cit., p. 15«.

achetant à ce prix sa rentrée dans Rome^ L'infaillibilité se limite au dogme, répondait Maistre; « pour le reste, si le pape a mal fait, qu'il se confesse; mais quand il s'agit de le juger, il faut aller doucement^ ». Et sous la plume de Maistre, dès septembre 1813, s'esquissait, dans une lettre à Blacas, une théorie très nette mais très nuancée, très expresse mais très modérée, de l'infaillibilité pontificale :

« L'opinion des ultramontains sages sur l'infaillibilité est ce qu'on peut s'imaginer de plus plausible, et, ce qui vous étonnera fort, de plus modéré et de plus philosophique. Ils disent que le pape, parlant librement comme pape et sur un dogme, n'enseignera jamais une erreur. C'est, au fond, l'opinion admise dans la pratique et sans laquelle le monde catholique ne peut être gouverné. Les souverains pontifes n'ont pas trop le temps d'écrire; mais enfin, s'ils écrivent, ce sont des docteurs comme d'autres auxquels nulle promesse n'a été faite. Si l'Église les interroge ou s'ils croient devoir lui adresser la parole pontifîcalement, c'est tout autre chose. La même distinction (avec les modifications nécessaires) a lieu dans la monarchie temporelle. Qu'est-ce que le sentiment et la volonté du roi? C'est la loi. Ce qu'il écrit comme particulier est une tout autre espèce d'étoffe ^. »

i. Daudet, op cit., p. 231.

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