‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 80 sur 101 · I. Amicê. cêllatio, p. 14, LL. — Cf. Œuvres, VlII, p · texte numérisé non relu

I. Amicê. cêllatio, p. 14, LL. — Cf. Œuvres, VlII, p

n'était que 1 épanouissement d'un germe pruiuUf et qu' c il n'y u rien de nouveau daoft TÉglÛM) >, et que c jamais elle no croira que ce qu'elle • toujours cru', t Et précisant sa peniée, Maitlre expliquait au théologien romain :

Qu'il y ait des nouveautés dans rÉgliio, c'ettrà-dire dos dogmes promulgués sans antécédents, Dieu nous garde de le croire ou de le dire, mais qu'il puisse y avoir des développements, c'est-à dire des éclalrdtsements et des décisions sur dos points d'abord incertains, ou que Ton n'avait pas étudiés, il ne me parait |UiS que l'on en puisse douter... Que l'autorité de saint Pierre ait été établie par Jésus-Christ lui-même, que le divin Sauveur ait prescrit dans l'Église une forme déterminée de gouvernement, cela ne pourrait se nier sans absurdité ni hérésie formelle ; mais que le pape Anaclot, par exemple, fût dans rupiuiun générale et dans la sienne le même personnage que Léon X ou Benoit XIV, je crois qu'il m'est permis d'en douter. Et cependant la puissance pontiflcale fut toujours la même : César, au berceau, n'était-il |>as, par hasard, le même qui vainquit k Fharsale*? •

i. CEuvres, II, p. 12. - Cf. U, p. t04: « U •OOYttmiMIé» lie sa nature, ressemble aa Nil : elle cache h lêt«. CtUe ém Papes seule déroge à la loi univerteUe. »

2. Arnica collatio, p. 15-16. - <:r. (SutrM, I. p. M» : • CImt* chrz-vousdono, dans un enfant au maillot, les WrilihlasdilMU'» sions de Ihomine fait? (.est une pitié de voir d*tie«lleau ♦ ïiprita te tuer à vouloir prouver par l'eoAuice que la Yirilîié t'st un abus. »

Maistre aimait ces comparaisons, qui assimilaient la croissance de l'Église à la croissance même de l'être humain. Les croyances de la primitive Église, exprimées ou implicites, lui apparaissaient comme le germe d'où sortiraient plus tard, au gré des besoins des âmes et sous les assauts de l'hérésie, les formules dogmatiques. Et voilà que se dessinait une nouvelle ressemblance entre les phénomènes de la société religieuse et les phénomènes de la société politique : Maistre n'avait-il pas indiqué, dès 1795, dans son Etude sur la souveraineté ^ que les dogmes écrits et les constitutions écrites succédaient à des périodes où ni les âmes pour croire ni les sociétés pour vivre n'avaient eu besoin que leur croyance fût « déclarée » ou leurs lois fondamentales rédigées? Et pour établir qu'à mesure qu'une institution est parfaite, elle écrit moins, n'avaitil pas, en 1809, dans son Essai sur le principe générateur, allégué que le Christ n'avait pas laissé un seul écrit à ses apôtres, et que si jamais le christianisme n'avait été attaqué, jamais il n'aurait écrit pour fixer le dogme? Derechef, dès le début dulivredu/^âfjoe, il expliquait comment l'hérésie provoquait au cours des siècles la rédaction de la formule d'orthodoxie, et comment « il faut bien se garder de prendre le commencement d'une

erreur pour lo commencement d un dogme.* » Le catholicisme, tel que lo pré«enlait Maittre, n'avait pas laspect d'un absolutisme imposant aux passivités humaines un joug tout extérieur, forgé jadis une fois pour toutes. Les formules dogmatiques apparaissaient comme un mouvement de défensive do l'humanité religieuse, sinctionné par l'organisme spirituel ; le fonctionnement même de cet organisme apparaissait comme une sorte d'application surnaturelle et comme une divinisation des lois mêmes de la société. Et c'était Maistre tout entier, avec toute sa philosophie politique et sociale, avec toute son expérience humaine, qui, pour c aider à casser le cou au protestantisme ', i se mettait au service de la Papauté, et qui montrait lo dogme, la hiérarchie, comme des phénomènes de vie.

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