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écrira-t-il; au lieu de la raison humaine y lisez : la raison bornée; et tout homme sincère et raisonnable sera de mon avis^ » La correspondance qu'entretenait avec Lamennais Maistre agonisant justifie pleinement ces susceptibilités de Xavier. Maistre avait encore quarante-huit heures à vivre; et ses mains affaiblies continuaient de manier la plume. Car il avait des signatures à mettre au bas de quelques mandements d'évêques. « N'ayant pu obtenir, raconte sa fille Constance, que ces sortes d'écrits fussent exempts de la censure, il ne permettait pas du moins que les pasteurs de l'Eglise y vissent le nom d'un reviseur subalterne * ». Ce fut là le dernier geste religieux de Maistre, la veille môme de sa mort. De par ses fonctions administratives, qui lui imposaient une besogne de magistrat gallican, il devait veiller à ce que l'estampille de l'Etat sarde fût apposée sur les écrits pastoraux. 11 lui répugnait de laisser à des fonctionnaires inférieurs le soin d'attester par leurs visas, par leur censure, cette indiscrète insolence de l'État, contre laquelle les livres du Pape et de VÉglise gallicane inauguraient une
\. Berthier. Op. cit., p. 194.
2. Constance à De Place, 28 mai 1821 ^luibiic par M. LaUc-ilk', Quinzaine. IG juillet 1905, p. i58^ - Sur les derniers jours de Joseph de Maistre, voir l'article du comte Rodolphe de Maistre. liciuc uniccncllc, 15 février 1U21, p. 413-119.
réaction décisive. H sentait quo le nom de Maistre avait désormais une vertu, et qu'au ba« des documents épiscopaux, la signature de ce moribond : Maistre, au lieu d'apparaître aux hommes d'figttae comme le sceau d'une servitude, leur rappellerait les livres émancipateurs auxquels cette même signature devait une gloire. Et les évéques apprirent bientôt que l'archaïque galli sarde, fortuitement incarné dans Maistre, avait délicatement paraphé leurs mandements, et que, tout de suite après, le grand apologiste de l'Église libre et de la Papauté souveraine était mort.