‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 88 sur 101 · Œuvres, IV, p · texte numérisé non relu

Œuvres, IV, p

2. Constance à M. labbë Roy, 21 janvier 1821 (lellre inédite communiquée par le H. Dom. do Maiatre). ~ CooiUac» è M. Inbbt^ Hey, 2ii janvier 1821 (publiée par M. UlTttiUe, (M»* zaine, 16 juillet 1905. pp. 151-153).

3. Constance à De Place, 28 mai 1821 (UtreiU«. /oc L p. 158).

r 4. Il sagissail du TalTiCtation de la tomOM Uluàt p«r le T général de Uoigne pour fonder un collège è CiMmMry ; ?olr à ^ cet égard une lettre d»» la duchene de Ltvml-lloaUMireaey ^ (Constance) du 2 mars 1881 ^Kiudm^ SS noYombn ltlf,p. 5SS).

i90 LA PENSÉE RELIGIEUSE DE JOSEPH DE MAISTRE

registre, le 24 février, Maistre écrivait encore, de sa propre main : « A M. l'abbé de Lamennais, chez M. de Saint- Victor, rue du Cherche-Midi, numéro 15 ». Au-dessous de cette mention, une main, — peut-être la sienne, — tirait à l'avance, sur le feuillet blanc du registre, trois ou quatre traits, en vue des mentions ultérieures ; mais ces lignes devaient demeurer vides.

Cette lettre à Lamennais, — la dernière lettre qu'ait écrite Maistre, — ne figure pas dans les Œuvres; mais elle se trouve publiée, sans date, dans le volume du regretté Clément de Paillette : Livres d'hier et d'autrefois. Le second volume de V Essai sur l'indifférence était récemment paru, et ce n'est pas sans inquiétude que Maistre l'avait lu. Quelque enclin qu'il fût à mettre un certain « sentiment intérieur », et une certaine « intuition », et le sens commun j très au-dessus de la raison raisonnante', il ne lui plaisait pas de voir Lamennais s'acharner à l'humiliation de la raison. Maistre se souvenait qu'autrefois les détracteurs de l'éveque Huet, pour affaiblir l'autorité de sa Démonstration évangélique, avaient tiré parti d'un autre de ses livres, sur la. Faiblesse de F esprit

1. Jusque danâ les Soirées, qui appartiennent à la dernière pciriode de l'existence de Maistre, cet état d'esprit persiste (voir Œuvres, IV, p. 14, 214, 219-220j.

humainK Et sur son lit d'agonie, Maistre reve« nuit h la charge, on écrivant à Lamennala :

« Jo voudrais, monsieur l'abbé, voat dire uo mol «*ss(uitiel ; vous voulez saisir la raiêon «tir «on Irémê • l la forcer do faire une belle révéreoce, omIs avee luoUo main saisirons-nous cette iosotento? Avec olle de l'autorité sans doute, jo D*en conoait |iaa d'autre que pous puissions employer : nous voilà donc à Home, réduits au système romain et à cm mêmes arguments qui ne vous semblent plus rien. 1.0» démonstrations d'Euclide sont aassi concluaotes io Qos jours qu'elles l'étaient de son temps; mais ni \bi)adie, Pascal, Ditton, Sherlock, Bergier et compagnie peuvent faire aujourd'hui des incrédules, que <i(>vons-nous en conclure? Prenez garde, monsieur I abbé, allons doucement, j'ai peur, et c'est tout ce que je puis dire *. »

L'acte suprême de la pensée religieuse do Maistre fut cet élan d'anxiété au sujet du traditionalisme de Lamennais, que, treize ans plus tard, Rome condamnera.

En 1846, € en pleine académie ï, un universitaire, parlant de Maistre, luppellera i cet audacieux détracteur de la raison humaioe » : alors Xavier, qui jusqu'à son extrême vieillene Yeillera sur la gloire du grand frère, s'insurgera : « Je ne changerai qu'un mot à cette phrase ridicule,

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