Comte, Cour$ de philosophie pêtUiMt V, p. iS4-S
3. Comte, Opuieulei de philotOfMt Mctelf, p. M4 (f opuscule de mars 1826. CotMidércHmu tmr tê (Paris, Leroux, 1883).
4. Comte. Opuscules, p. S45; Court éê pkilptùpkie wm. tf t#. Vî, p. 129, ni.
tiplieront dans Tœuvre de Comte, avec un accent de déférence et d'éloge. * Mais il y avait là tout autre chose qu'un caprice ; et cette admiration de Comte pour Maistre n'était en définitive qu'une façon d'hommage rendu par le positivisme au catholicisme : hommage partiel et nuancé, mais hommage effectif, et qui avait une portée.
1. Comte écrivait à DEichthal, en novembre 1824 : « Vous pouvez regarder le livre de Benjamin Constant sur les religions comme réfuté d'avance par de Maistre, qui y est du reste traité fort lestement. A ce propos, je ne puis m'empêcher de vous faire part dune petite observation, c'est que de Maistre a pour moi la propriété particulière de me servir à apprécier la capacité philosophique des gens par le cas qu'ils en font. Ce système, dont je me suis beaucoup servi, ne m'a encore jamais trompé. Guizot, malgré tout son protestantisme transcendant, le sent assez bien. » (Cité dans Latreille, op. cit., p. 303-304).
Comte, lisant Gondorcct, l'avait vu s'etsajert liii « dernier représentant do l'école eacjelopédique », à € fonder la politique sur l'histoire >• Tentative étrange, en cette fin du xviii* siècle oïl < l'esprit et le sentiment antihistoriquc prévalaient le plus >. Tentative incohérente, < cootredictoire », parce que la t haine aveugle envers le passé », dont Gondorcet demeurait animé, loi rendait malaisé d'en avoir l'intelligence. Mais Comte, ouvrant Maistre, y trouvait l'état d'esprit qui avait manqué à Condorcet. Ce peosear de r c école rétrograde > — ainsi Comte qualifiait-il l'école de Maistre — avait du moins nettement senti que t l'ensemble du passé ne saurait être compris sans un respect immuable' ». Et Comte
1. Comte, Système de politique pùritirt, Itl. p Cli-*!) (ef- t, p. 179 et H, p. 178\
estimait que Maistre appréciait dignement le moyen âge, du moins sous Taspect spirituel*.
Voulant « accomplir », lui, « l'explication temporelle du moyen âge », Comte cherchait un exemple, une leçon, chez le philosophe qui avait expliqué, avec une « force » et une « netteté vraiment admirables », l'esprit fondamental de la politique de cette époque*, et présenté, dans le Pape, « l'exposition la plus méthodique, la plus profonde et la plus exacte de l'ancienne organisation spirituelle^ », et glorifié l'infaillibilité papale comme « la condition religieuse de la juridiction finale, sans laquelle les inépuisables contestations journellement suscitées par d'aussi vagues doctrines eussent indéfiniment troublé la société ^. »
Comte se réjouissait que la « rectification » apportée par Maistre aux tendances du xv m* siècle eût suscité « vere nos pieux et chevaleresques ancêtres un retour décisif». « On doit même rapporter â cette impulsion, insistait-il, l'irrévocable avènement de l'épopée historique, dans les admirables compositions de Walter Scott, préparées par Chateaubriand et complétées par Manzoni' ».