Œuvres. IV, p
2. Œuvres, VIII, p. 115. [Lettre à M. le comte Polocki sur la chronologie biblique); et cf. II, p. 439, n. 1.
n'humiliait les rois dans la commune égalité chrétienne que pour attacher à leurs sceptres, immédiatement relevés, la prérogative de protéger la religion*. Sujet et fonctionnaire d'une monarchie qui, par-dessus tout, craignait « les secousses, les innovations, les mesures extrêmes, et les coups d'éclat » ; membre d'un « heureux » petit Etat qui, cinquante ans durant, fit peu parler de lui; spectateur d'un système d'habitudes politiques qui consistait à ménager tous les partis pour éviter tous les heurts; spectateur d'un système de temporisations diplomatiques dont le premier mot était toujours : De peur que, et qui ne permettait au cabinet de Turin d'avoir aucun « parti pris décidé^ », Maistre détestait, d'instinct, les propagandes orageuses et leurs pétulantes exigences.
Or, le siècle semait l'impiété, et le siècle semait la tempête. Et Maistre déclarait, en son discours de 1784 :
(( Ce siècle, qui a fait et préparé de si grandes choses trop souvent par de mauvais moyens, se distingue de tous les âges passés par un esprit destructeur qui n'a rien épargné. Lois, coutumes, systèmes reçus, institutions antiques, il a tout attaqué, tout