Œuvres, VII, p
était alarmée par les raisons » qu'alléguaient les philosophes contre le déluge ^
Mais tout au fond de son être, ces importations intellectuelles se heurtaient à un tuf de croyances religieuses et de traditions patriciennes. Telles ces couleurs voyantes qui rapidement pâlissent et s'éteignent, les empreintes du philosophisme sur la pensée de Maistre étaient superficielles et fragiles. Membre d'un patriciat qui n'était pas une simple parure de cour, et qui affectait de se sentir un rouage de l'État, Maistre, à ce titre, — ses écrits ultérieurs en font foi, — se réputait investi d'une sorte de « sacerdoce laïque », et rigoureusement obligé à défendre l'esprit national et à veiller, spécialement, sur la religion, « la première et la plus sacrée des propriétés » du patricien ^. L'Eloge de Victor- Amédée célébrait la religion, non seulement comme « l'hommage indispensable de la créature au Créateur », comme « le lien sacré qui unit la terre au ciel », comme « l'espoir de l'homme vertueux », comme « le motif unique qui attache le malheureux à la vie », mais aussi comme « le plus puissant des ressorts politiques et le vrai nerf des Etats » ; et le jeune orateur