‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 102 sur 109 · Opuscules, p. 24C et suiv · texte numérisé non relu

Opuscules, p. 24C et suiv

au (( désordre où les esprits avaient été jetés par tout ce qui s'était fait depuis trois cents ans » , et les seuls moyens de gouvernement qui subsistassent, <( la force, la corruption, moyens purement matériels », ne pouvaient pas toujours prévaloir contre cette puissance de dissolution qu'est r « égoïsme », s'il ne s'y ajoutait, pour « maintenir l'association », une « force morale, une puissance d'opinion » . Comte savait gré à Maistre, à Lamennais, d'avoir mis en évidence complète cette vérité-là : quoiqu'ils en eussent fait, ajoutait-il, « une application absolument fausse », il constatait du moins qu'ils avaient contribué, par leurs critiques, à « poser provisoirement le problème occidental* », que le positivisme voulait résoudre :

(( L'énergique réaction philosophique organisée, au début de notre siècle, par l'éminent De Maistre, a profondément concouru à préparer la vraie théorie du progrès. Malgré l'intention éminemment rétrograde qui anima cette école passagère, ses travaux figureront toujours parmi les antécédents nécessaires du positivisme systématique, quoique l'essor décisif de la nouvelle philosophie les ait ensuite écartés à jamais, en s'incorporant d'une manière plus complète tous leurs résultats essentiels^. »

1. Comte à Valat, lettre du 23 décembre 1824 [Lettres d'Auguste Comte à Valat, p. 154).

Page 1