Système de politique positive, III, p
rôle d'un « stimulant pour contraindre la civilisation moderne à produire enfin le système moral qui lui est propre* », et, par la plume deMaistre, elle avait même offert à cette civilisation « l'analyse très rationnelle des conditions nécessaires de tout ordre spirituel -. »
Il ne déplaisait pas à Comte que la société issue de la Révolution française, au lieu de s'enlizer dans l'optimisme béat où des « révolutionnaires incurables » eussent souhaité qu'elle piétinât, éprouvât, par l'effet même des critiques de Maistre, quelque inquiétude, quelque malaise. Pouvait-elle ne pas souffrir, même inconsciemment, des quatre phénomènes qu'entraînait, d'après Comte, « la déchéance du pouvoir spirituel », et qu'il définissait : « la déviation la plus complète des intelligences, l'absence presque totale de morale publique, la prépondérance sociale accordée au point de vue purement matériel, et l'établissement de cette sorte dautocratisme, le despotisme administratif? »
L'Europe, telle que la voyaient dès 1824 les yeux de Comte, « ne vivait politiquement que par artifice et par violence » : il imputait ce malheur