Comte, Cours de philosophie po:ilive, IV, p
dans son principal ouvrage, de fonder le rétablissement de la suprématie papale sur de simples raisonnements historiques et politiques, d'ailleurs, à certains égards, admirables, au lieu de se borner à le commander directement de droit divin, seul mode pleinement en harmonie avec la nature d'une semblable doctrine, et qu'un tel esprit à une autre époque n'eût point hésité sans doute à suivre exclusivement, si l'état général de l'intelligence humaine n'en eût pas empêché, même chez lui, l'entière prépondérance ^ . ))
Bref, à entendre Comte, qui tout à l'heure célébrait en Maistre l'historien et le sociologue, le spectacle du penseur religieux mériterait au contraire quelque pitié : Maistre gauchirait, biaise serait, se sentirait en conflit avec lui-même, avec son temps ; et son effort pour « recomposer la théorie générale du catholicisme » n'aurait eu d'autre utilité permanente que d'en mieux « caractériser le système historique ; » et Maistre, après tout, n'aurait été qu'un « penseur étranger à l'Eglise*! » Comte veut-il dire, ici, que Maistre n'était pas un clerc, ou veut-il prétendre, d'aventure, qu'il ne fût pas un catholique correct? C'est ce que le con-
1. Comte, Cours de philosophie positive, IV, p. 28. Si Comte eût mieux connu la théologie du moyen âge, il se fût rendu compte qu'à aucune époque l'Eglise ne proposa le dogme sans présenter en même temps ses titres de crédibilité.