Cours de philosophie positive, VI, p, 348, n
texte rend assez difficile de décider. Mais si l'on optait pour le second sens, ce que nous savons aujourd'hui de la pratique religieuse de l'auteur du Paj)e ' militerait contre une telle affirmation. Quant aux jugements portés par Comte sur la dialectique religieuse de Maistre, peut-on dire que la « renonciation à l'appareil théologique » dénote un manque de sécurité spirituelle, un manque de confiance dans la valeur même de la doctrine?
Maistre, observons-le, est très expert en théologie; il estime la scolastique, cite fréquemment saint Thomas ^. Que la théologie lui fournisse des arguments en faveur de l'origine divine de la primauté pontificale, il ne l'ignore pas ; mais ce qui lui importe, c'est de remontrer à son siècle que l'expérience politique et sociale milite elle-même pour la constitution de l'Eglise telle qu'elle est, et que le fondateur de cette société religieuse — en l'espèce, le Christ — l'a constituée, en fait, d'après certaines maximes et sur certaines assises requises par le besoin vital de l'ensemble des sociétés humaines. Et pareillement l'auteur des Soirées — on s'en rend compte par quelques pages de V Eclaircissement sur les Sacrifices — ■