‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 25 sur 109 · Œuvres, XIII, p · texte numérisé non relu

Œuvres, XIII, p

ce qu'ils viennent de découvrir se trouvait déjà dans le catéchisme ; mais continuer, cependant, d'aller avec eux à la découverte, comme dignitaire d'un organisme d'études religieuses dénommé le rite écossais : c'était assurément une attitude originale, et cette attitude exprimait, par ses complexités mêmes, la fiévreuse ardeur d'une curiosité intellectuelle, le bouillonnement d'un esprit assoiffé de comprendre l'homme, assoiffé de comprendre Dieu. Nous la verrons plus tard, sous certaines influences, se corriger et s'assagir; mais qu'elle eût été complètement inféconde, c'est ce que Maistre n'admettra jamais; et les pages mêmes où il se montrera le plus détaché de l'illuminisme avoueront encore quelque dette de sa pensée, et laisseront transparaître, presque malgré lui, ces soubresauts d'attachement tenace que suscitent les souvenirs d'une lointaine jeunesse*.

1. Xavier de Maistre, en marge du manuscrit des Soirées de Saint-Pétersbourg , écrira, à propos du passage sur la dégradation du sauvage (OEuvres, IV, p. 82) : « La fin de ce paragraphe est trop singulière et ressemble à Saint-Martin. » (Alfred Berthier, op. cit., p. 246).

RENCONTRE ENTRE LE (( FATALISME » DE MAISTRE ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

Lorsque les regards du jeune magistrat savoyard retombaient sur son « cercle étroit » de Chambéry, il ne voyait « que de petits hommes, de petites choses ». « Suis-je donc condamné, songeait-il, à vivre et mourir à Chambéry, comme une huître attachée à son rocher » ? Et, « souffrant beaucoup », il se sentait « la tête chargée, fatiguée, aplatie, par l'énorme poids du rien ». C'est en ces termes que, vingt ans plus tard, dans une lettre à son frère Nicolas, il évoquera ces mélancolies du temps passé*. Mais les voici qui devant nous ressuscitent, toutes frémissantes

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