Œuvres, IX, p
2. Ce détail a été révélé par une lettre de Maistre à d'Avaray, qu'a publiée M. Ernest Daudet {Joseph, de Maistre et le comte de Blacas, p. 21-22).
gile s'inscrivant dans les âmes des gentils, et le monogramme du Christ se dessinant sur les drapeaux de Constantin. Maistre osera davantage : après ce « délire indéfinissable et surnaturel qui s'était emparé de l'Assemblée à l'époque du jugement de Louis XVI », il entreprendra, lui, dans les Considérations, et puis dans sa Correspondance, si fourmillante d'idées, si prodigieuse de vie, une sorte d'histoire contemporaine de la Providence, une histoire qui consistera à montrer comment les efforts des hommes « pour atteindre un objet » — en l'espèce, « la destruction du christianisme et de la monarchie » — sont précisément « les moyens » qu'emploie la Providence « pour les en éloigner*. »
De journée en journée, Maistre avait vu la Providence punir tous les révolutionnaires « comme un tribunal humain, en faisant tomber les têtes des grands coupables sous les coups de leurs complices* »; il l'avait vue, par le bras criminel de ces révolutionnaires qu'à leur tour l'expiation guettait, châtier un sacerdoce qui avait besoin d'être « régénéré », et châtier la « dégradation morale de la noblesse *. » « Il est doux,
\. Œuvres, I, p. 24; I, p. 143; I, p. 117