Klein, Correspondant, 10 décembre 1902, p
2. Constance à De Place, 28 mai 1821 (publié par M. Latreille, dans la Quinzaine, 16 juillet 1905, p. 156j. — Les pages sur leg Psaumes au septième entretien des Soirées et lémotion religieuse avec laquelle Maistre parle de Fénelon et d un auteur spirituel alors assez répandu, le jésuite Berthier, traducteur des Psaumes, témoignent d'une certaine familiarité personnelle : familiarité, non seulement de l'intelligence, mais du cœur.
UN QUESTIONNAIRE AUX CONFESSIONS CHRETIENNES SUR LA RÉVOLUTION : LES RÉFLEXIONS SUR LE PROTESTANTISME
A Genève, puis à Lausanne, Maistre avait eu roccasion d'observer le protestantisme et de méditer, mais les événements du jour l'obsédaient; en étudiant la Réforme, c'est à la Révolution qu'il songeait. Le 18 septembre 1797, il notait dans son Journal :
(( 11 s'est fait en moi un changement extraordinaire : d'anciens goûts se fortifient, des idées vagues prennent (le l'assise, des conjectures se tournent en certitudes. Aujourd'hui 18 septembre, je commence un ouvrage dont je ne connais pas encore le litre. Il me semble que je commence à entrevoir ma vocation. »
Nous avons eu sous les yeux, au château de Saint-Martin, un attachant témoignage de cette
vocation : c'est l'immense registre in-folio qui porte au dos : Religion E, et dont les 810 pages s'intitulent : Fragments sur la religion, ou recueil d'extraits et de réflexions relatives à un ouvrage projeté, où le système catholique serait envisagé sous un point de vue nouveau, 4198-48... » Ainsi la vocation entrevue par Maistre en 1797 se précisait en 1798 dans l'idée d'une œuvre d'apologétique dont le « point de vue » serait « nouveau ». C'était le moment où les armées françaises occupaient le Piémont et contraignaient Charles-Emmanuel à l'abdication ; le moment dont plus tard Maistre écrira : « Dans le vrai, je suis mort en 1798, les funérailles seules sont retardées* ». Mais non, il n'était pas mort ; et l'activité même de sa pensée religieuse lui devenait garante d'une Vita nuova.
Les pages qu'il commençait en septembre 1797 furent probablement ces Réflexions sur le protestantisme dans son rapport avec la souveraineté, qui portent la date : « Turin, 1798 ». Maistre mettait en présence du chaos révolutionnaire les deux confessions chrétiennes, et il leur demandait de parler. Or il lui semblait que l'Église de Rome répondait : La révolte n'est jamais permise,