Œuvres, X, p
et que la nature même du catholicisme le rendait (( l'ami, le conservateur, le défenseur le plus ardent, de tous les gouvernements )). Mais tout au contraire, il considérait que la Réforme, née rebelle, était dès lors « l'ennemie mortelle de toute espèce de souveraineté », que ses origines mêmes créaient des affinités entre protestantisme et jacobinisme, et que le protestantisme n'était que « le sans-culottisme de la religion '. »
M. Ernest Seillière définit la philosophie politique de Maistre « un mysticisme aristocraticomonarchique^ », et cette définition répond bien à la doctrine qu'esquissait dès 1794 l'Etude sur la souveraineté : puisque la souveraineté politique, tout comme la souveraineté religieuse, est ellemême un fait d'origine religieuse et d'ordre religieux, un système logique s'édifiait dans la pensée de Maistre, d'après lequel l'une et l'autre devaient avoir les mêmes défenseurs et redouter les mêmes détracteurs ; et de ce système il induira plus tard que si les princes du xvi' siècle avaient
1. Œuvres, VIII, p. 66-67 et 90-97. Cf. XI, p. 321-322 : à propos de l'assimilation que font les Anglais entre la prise de la Bastille et l'insurrection espagnole contre Napoléon, Maistre rappelle que la révolte, suivant le dogme catholique, n'est jamais permise, quel que soit l'abus d'autorité de la part du Gouvernement.