‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 41 sur 109 · Lecture à l'Académie des sciences morales et politiques · texte numérisé non relu

Lecture à l'Académie des sciences morales et politiques

« établi le protestantisme pour voler l'Eglise », un verrait ceux du xix' siècle rétablir l'Eglise pour « raffermir leurs trônes, mis en l'air par les principes protestants », et que la conversion des protestants devait commencer par les princes *.

Imaginez un diptyque : d'une part, un pape, coiffé de la tiare, dressant devant les trônes sa silhouette protectrice ; d'autre part, derrière Luther et Calvin qui prêchent, des trônes effondrés, des couronnes gisantes. Voilà le parallèle où Maistre se complaira toujours. Eh bien oui ! proclame depuis cent ans une certaine apologétique protestante, la Réforme fut effectivement la mère légitime des libertés modernes. Et cette apologétique arbore quelques pages de Théodore de Bèze, et de Jurieu, et des Genevois du xviii" siècle; elle arbore le pavillon du May-flower portant jusqu'en Amérique des âmes dites rebelles parce que libres ; et puis, acceptant ainsi comme un honneur ce que Maistre alléguait comme une flétrissure, elle se retourne contre le catholicisme pour dénoncer en lui l'auxiliaire systématique des tyrannies.

Mais voilà retentir, en plein xiii" siècle catholique, dans un livre qui n'est rien de moins que la Somme, la voix de saint Thomas d'Aquin, pro-

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