Œuvres, I, p
4. Œuvres, XIV, p. 156; cf. dans les Considérations (Œuvres, I, p. 27 et 85), les deux passages sur le Comité de salut public et Robespierre. Sur Joseph de Maistre et Robespierre, voir un cnrieux article de M. Vermalc dans les Annales révolutionnaires de mars-avril 1920.
sait à Maistre comme sortant, elle aussi, de toutes les règles ordinaires ; et ces deux prodiges, châtiment et protection, lui semblaient se multiplier l'un par l'autre*. Il écrivait en 1794 :
« L'empire de la coalition sur la France et la division de ce royaume seraient un des plus grands maux qui pussent arriver à l'humanité. Je vois dans la destruction de la France le germe de deux siècles de massacres, la sanction des maximes du plus odieux machiavélisme, l'abrutissement irrévocable de l'espèce humaine, et même ce qui vous étonnerait le plus, une plaie mortelle à la religion ^. »
Sous l'altier regard de ce gentilhomme sans terre qui planait au-dessus de la terre, deux forces, qui toutes deux erraient, étaient donc aux prises dans la fourmilière humaine : d'une part, la Révolution, qui combattait consciemment le règne de Dieu, et qui, sans le savoir, servait ses desseins ; et d'autre part la coalition, qui, en voulant détruire la France, contrecarrait inconsciemment le plan divin, et dès lors était d'avance vaincue. Et par-dessus tous ces ennemis, volontaires ou involontaires, de ses conseils et de son Esprit, Dieu régnait. Nécessité européenne de la