‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 58 sur 109 · Margorie, op. cit., p · texte numérisé non relu

Margorie, op. cit., p

avons relevée dans les Mélanges B : « Le premier caractère d'une religion vraie est de reposer sur l'autorité », ligne datée du lo juillet 1798, c'est-à-dire d'une année qui fut, l'on s'en souvient, décisive pour Maistre. Douze ans plus tard, il écrivait à une dame russe :

(( S'il était permis d'établir des degrés d'importance parmi les choses d'institution diviae, je placerais la hiérarchie avant le dogme, tant elle est indispensable au maintien de la foi ^ . »

La hiérarchie avant le dogme! Donc, à plus forte raison, la hiérarchie avant l'illuminisme ! Le souci des droits de l'autorité avait définitivement mortifié le long attrait de Maistre pour la spéculation religieuse. Pour accroître de quelques rayons cette lumière naturelle qui éclaire tout homme venant en ce monde, Maistre ne recourait plus qu'à l'Evangile souverainement interprété par l'Eglise. Et toutes ses aspirations catholiques, celle qui de tout temps l'avait porté vers la réunion des Eglises, et celle qui s'attachait, maintenant, à l'affermissement et au rayonnement du Siège de Pierre, allaient s'exalter dans le spectacle de la Russie, de ses misères spirituelles, de ses germes apparents de renouveau.

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