Daudet, op. cit., p
gallicane : il redoutait qu'en France la publication de ces chapitres ne souffrît quelques difficultés et n'exposât à d'ennuyeuses mésaventures l'ensemble de l'ouvrage ^ Le quatrième livre du Pape, ainsi remanié, ne fut plus consacré à l'Église gallicane, mais aux Églises schismatiques ; il visa l'autre nation sur laquelle se penchait la sollicitude de Maistre : la Russie.
De fait, si la France de Louis XVIIl fut la destinataire par excellence du livre du Pape, c'est en Russie que le livre avait été conçu, en face de certaines objections, en face de certaines susceptibilités, écloses sur le terroir russe. Il plaisait à Maistre de le jeter, comme un cartel, à la face de Stourdza,etde donner ainsi le spectacle de « deux athlètes laïques, l'un ministre et l'autre chambellan, l'un Moldave et l'autre Allobroge, luttant à la face de l'Europe, en français- ». Pierre le Grand, autrefois, dans ses pourparlers avec les docteurs gallicans et jansénistes de Sorbonne, avait été invité à une façon de réunion des Églises qui n'aurait pas tenu compte des prérogatives de Rome : Maistre savait cela, il savait même qu'en 1808 l'abbé Grégoire, s'étant mis à l'affût de cette histoire, avait demandé quelques renseignements