Féret, op. cit., p. 86, 96 et
(( Dans l'une comme dans l'autre (de ces deux sociétés), le pouvoir ne peut cesser d'être un sans cesser d'exister... Si telle ou telle Église particulière a le droit d'accuser d'erreur ou d'innovation le chef de l'Église, pourquoi le gouverneur de Twer ou d'Astrakhan n'aurait-il pas aussi le droit d'accuser l'Empereur ? »
Dès lors que Maistre ne visait à rien de plus qu'à faire ressortir l'absurdité de l'idée de schisme en la transplantant par hypothèse dans le domaine politique, Suarez et Bellarmin eussent renoncé à le chicaner. Le livre du Pape, poursuivant le parallèle entre les deux sociétés, confrontait l'infaillibilité de la Souveraineté politique, « humainement supposée », et l'infaillibilité du Souverain spirituel, « divinement promise* ». A Rome, un théologien anonyme s'étonna, s'inquiéta^. Mais Maistre ne visait pas les théologiens romains, pour qui les promesses divines suffisaient à fonder l'infaillibilité ; il écrivait pour les dissidents, et puis pour ces demi-dissidents qui s'appelaient les gallicans, et il leur disait en substance : Puisque les actes de toute souveraineté, pour qu'elle demeure vraiment une souveraineté.