Œuvres, II, p
2. Arnica collaiio ou échange d'observations surle livre français intitulé: Du Pape (manuscrit de Maistre publié dans les Etudes, 5 octobre 1897, p. 5-32, par le P. Dominique de Maistre).
doivent être réputés sans appel, c'est là, pratiquement, la réputer infaillible : il y a là un postulat de la vie sociale, une loi du monde; pourquoi donc contester, dans la société religieuse, l'infaillibilité du souverain spirituel? ce privilège papal ne doit-il pas résulter, logiquement, de cette même loi du monde? Le plaidoyer pour le Pape infaillible, ainsi présenté, n'était qu'un épisode du grand ouvrage de controverse dont l'idée le hantait, et qui eût montré, dans le catholicisme, « des lois du monde divinisées », et qui eût exposé « l'analogie des dogmes et des usages catholiques avec les croyances, les traditions et les pratiques de tout l'univers * ». En dernière analyse, Maistre, en prouvant la conformité de la constitution surnaturelle de l'Eglise avec les principes qui d'après lui régissent la souveraineté politique, illuminait l'harmonie même du surnaturel avec le naturel. Pour lui, il n'y avait pas de dogme, pas d'usage disciplinaire, « qui n'eût ses racines dans les dernières profondeurs de la nature humaine, et par conséquent dans quelque opinion universelle plus ou moins altérée* ». Direz-vous cela, lui deman-
1. Œuvres, II, p. X et XII (préface de 1820 à la seconde édition du Pape. Cf Germain Breton, loc. cil., juillet-octobre 1;»20, ]). 242-2G3, et Bianciio, ncvtie des jeunes, 25 mars 1021, p. 680-081.