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dait le théologien romain, du dogme de la Trinité? Je le dirai, répondait Maistre, et même je le montrerai ; et c'est ce qui fut fait, effectivement, dans une page des Soirées^,
Un point d'interrogation, posé par Maistre, alarmait également son pointilleux éplucheur. « Saint Pierre, disait l'auteur du Pape, avait-il une connaissance distincte de l'étendue de sa prérogative? Agissait-il avec ou en vertu d'une telle connaissance, ou n'agissait-il que par un mouvement intérieur séparé de toute contemplation rationnelle ? » Maistre avait répondu : (( J'ignore^. » En fait, il pensait que « tout pouvoir constitué immédiatement dans toute la plénitude de ses forces et de ses attributs est, par cela même, faux, éphémère et ridicule*; » que (( de l'échafaud des martyrs, le Pape monta sur un trône qu'on n'apercevait pas d'abord, mais qui se consolidait insensiblement comme toutes les grandes choses »*; que « le christianisme avait été, comme toutes les grandes choses du monde, soumis à la loi universelle du développement S » mais que ce développement même
1. Arnica collalio, p. 20. — Œuvres, V, p. 97, ' 2. Œuvres, II, p. 106.