‹ La pépinière fruitière, forestière, arbustive, vigneronne et colonialeChapitre 10 sur 180 · Arbre h haute tige, grefTo de deux ans · texte numérisé non relu

Arbre h haute tige, grefTo de deux ans

sécateur aux branches égarées ; les autres : Tilleuls, Ormes, Erables, perdront les branches de face, pour être élargis en éventail ; d'autres encore : Robiniers, Sophoras, Aubépines, Cytises, Négondos, Pruniers et Pommiers d'ornement resteront en boule après un nettoyage de leurs rameaux inutiles, en même temps que les branches principales seront taillées court ou taillées long, suivant l'espèce et l'état de l'individu. Une taille appliquée sur un sujet délicat l'affaiblirait encore ; nous saurons nous abstenir.

Le Tulipier, le Pévier, le Marronnier, le Peuplier, le Bouleau, le Sorbier, le Hêtre, l'Aulne, ne doivent pas être écimés, ou très rarement. Le Catalpa, le Paulownia attendront au printemps les coups de sécateur.

Taille d'été. — Cette taille s'exécute à la façon de la taille en sec ou taille d'hiver, au moyen d'une serpette ou d'un sécateur, avec cette différence que l'opération est faite pendant la circulation de la sève, depuis le mois de mai jusqu'en septembre. Elle a une grande importance parce que, appliquée sur les parties fortes dans les situations inégales, elle produit un arrêt de vigueur immédiat sur le membre tronqué et la sève se porte vers les parties faibles qui grossissent à leur tour. L'harmonie dans l'ensemble du branchage en sera la conséquence.

La taille en vert s'effectue, tantôt sur le rameau de l'année par une coupe sur un bourgeon anticipé ou simplement près d'un œil non développé, tantôt sur une branche plus âgée, munie de rameaux herbacés, pratiquant la section contre un de ces rameaux herbacés et immédiatement au-dessus.

Sur les tiges élevées, inabordables à la main ou à

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Téchelle, exécuter la taille en vert avec réchenilloir ou le sécateur attaché au bout d'une perche.

Les végétaux à feuillage persistant préfèrent ce mode de taille d'été à la taille d'hiver, et les Conifères s'en accommodent toutes les fois que l'espèce ne craint pas la coupe de la sommité de ses branches latérales.

Ëboargeonnement. — L'ébourgeonnement est la suppression, par un coup d'ongle ou avec la serpette, des bourgeons inutiles à la charpente de l'arbre. Cette opération se fait au moment des premières évolutions du bourgeon; elle est surtout nécessaire aux yeux multiples, aux sujets nouvellement greffés, à la suite des recepages, des ravalements, des tailles courtes et sur les arbres soumis à une forme symétrique.

Un ébourgeonnement trop radical détourne l'affluence de la sève et peut amener une perturbation chez l'individu opéré.

C'est le moment d'épointer les bourgeons axillaires du terminal, comme avec le Marronnier, ou qui menacent de se transformer en gourmands par leur position favorisée.

Pincement. — Le pincement consiste non pas à pincer purement et simplement, mais à couper, à retrancher avec les ongles la sommité herbacée d'un rameau en végétation, dans le but de le faire ramifier par anticipation ou de l'affaiblir au profit d'un autre. En effet, la sève contrariée se porte vers les bourgeons voisins et le développement de la partie pincée s'arrête momentanément.

Pincer un rameaufaible, c'est l'énerver sans obtenir le résultat cherché.

Eviter de pincer le rameau de prolongement des

espèces qui tieanent à la conservation de leur bourgeon terminal.

Pour entraver une ramification excitée par le pincement, il suffira de déchirer les principales feuilles du rameau herbacé à réprimer.

Cassement. — Quand le rameau passe de l'état herbacé à Tétat ligneux, le pincement devient impossible, parce que les tissus ont trop de fermeté ; alors, casser au lieu de pincer. Appliquer le taillant de la serpette contre le rameau, placer à Topposé le pouce de la main qui tient l'outil, faire un mouvement sec, brusque, et le scion est rompu. Un sécateur ébréché produit le même résultat.

Le cassement ne doit pas être fait immédiatement sur les yeux qui supporteront la taille future, parce qu'ils pourraient se développer avant la chute des feuilles.

Le cassement s'applique aux espèces de pleine terre, dont la végétation luxuriante pourrait être surprise et interrompue trop brusquement par le froid. En rompant à demi ou entièrement l'extrémité de leurs rameaux, à l'époque où la circulation de la sève se ralentit, les tissus s'aoûtent vite, autrement dit deviennent ligneux, et supportent mieux les rigueurs de la température.

CULTURE d'arbres FORMÉS

Le goût de l'arboriculture gagne de nombreux amateurs de tout âge et de toute condition ; pressés de jouir et désirant éviter des déboires, ils veulent planter des arbres déjà forts et formés, prêts à donner le branchage, les fleurs ou le fruit qui sont attendus.

CULTURE d'arbres FORMÉS.

Arbres fruitiers, arbres et arbustes d'ornement bien dressés fontrobjet de convoitises justifiées, auxquelles le pépiniériste peut donner satisfaction.

Voyons d'abord les arbres fruitiers.

Un carré de pépinière, planté d'arbres fruitiers inégaux en force, conviendrait à la rigueur; mais il pourrait arriver que les arbres dressés vinssent entraver la culture et la déblave du carré, que leur écorce blanchît, en un mot, qu'ils souffrissent plus ou moins et que les plus petits fussent étouffés par les p^os. Donc, tout compte fait, nous trouvons moins d'avantages que d'inconvénients à procéder ainsi. MiùUK vaut consacrer des carrés spéciaux pour la formation des arbres; choisir une bonne terre et une exposition assez aérée pour que l'étiolement des jeunes branches charpentières ne soit pas à craindre.

Arbres fruitiers pour le plein air. — Les sujets seront plantés par rangs à la distance mini ma de 1 mètre de l'un à l'autre, suivant l'étendue approximative de leur charpente et le nombre' d'années que nous comptons les laisser dans le carré. Si une seule foroie à chaque ligne d'arbres est impossible, au moins devons^nous dresser dans le même rang les fornaes plates comme palmette simple ou double, à branches verticales ou obliques, palmette candélabre, cordon, candélabre à trois branches, etc. {fig. 25).

A chaque extrémité du rang, enfoncer un pieu en bois sulfaté, haut de 2 mètres environ, maintenu vertical au moyen d'un arc-boulant rentrant dans la ligne et arrivant aux trois quarts de sa hauteur. Des fils de fer galvanisé sont tendus horizontalement de 0™,25 en 0'^,25, sur ces deux pieux, en vue de faciliter le dres-

ou losange pourrait encore y ùlre ajouté pour le

58 CULTURE d'arbres FORMÉS.

palissage des branches de troisième ordre. Prenons les lils de fer principaux du n° 16 à la base, du n° 15 au centre et du n° 14 au sommet.

Les treilles sont espacées de 1™,50 Tune de l'autre. Les cordons horizontaux, établis aux bords du carré, formeront bordure {fig, 28) contre les treilles.

Reléguer au nord des carrés les hautes tiges, susceptibles d'ombrager leurs voisins.

Les pyramides alternées avec les fuseaux viendront ensuite, et enfin les lignes de palmettes occuperont la partie la plus éclairée.

Quant aux formes de fantaisie, nous les obtenons, la majeure partie du temps, avec des sujets rebelles à toute autre direction, car l'acheteur en demande si peu qu'ils pourraient courir le risque de rester invendus.

Le carré une fois bêché et fumé, nous le plantons en bonne saison avec les essences d'arbres fruitiers à pépin et à noyau que nous voulons y élever.

Clioisissons des greffes d'un an, ou encore des sujets plus âgés, qu'ils soient bien ou mal bâtis, peu importe. La condition principale, c'est qu'ils aient de bonnes racines et une tige bien portante. La première année, nous devons nous borner à l'écimage des rameaux, au cinquième environ de leur longueur, et à ia suppression des branches tout à fait inutiles. N'ébourgeonneant rien, nous pincerons modérément et ap^iliquerons quelquefois le cassement aux jets trop fouïïueux et mal placés.

Pailler et arroser fréquemment sol et branchage.

L'année suivante, recepage des branches des hautes tiges jusqu'à la base de leurs rameaux précédents, et

CULTURE d'arbres FORMÉS. * 59

même jusqu'à rempâtement, suivant leur régularité et la forme projetée.

Tailler les greffes d'un an sur les bourgeons de charpente. Les sujets plus âgés sont rabattus sur leur tige, soit à moitié, aux deux tiers de sa hauteur, soit de 0",40 à 1 mètre du sol, plus ou moins, d'après la symétrie et la force des membres latéraux; rabattre la tige d'autant plus bas que ses branches sont plus rares, plus maigres ou plus irrégulières.

Sur les arbres ramiûés, raser les branches de côté, à leur talon ; mais si nous avons jugé à propos d'é téter l'arbre au delà de 0",40 du sol, ces mêmes membres, au lieu d'être radicalement enlevés, recevront une taille proportionnelle donnant plus de longueur aux branches de base.

Après quelques années de taille et de soins, nous obtiendrons des arbres à peu près conformes à la figure 26.

Arbres iruitiers pour espalier. — Tout ce qui vient d'être dit s'applique aux essences fruitières qui peuvent être élevées en plein air, avec l'agrément des conditions climatériques où nous vivons. Comme plusieurs sujets sont destinés à être placés plus tard contre un mur, il y aurait à craindre que le développement des racines rayonnant autour du tronc ne permit plus à l'arbre d'être immédiatement adossé contre ce mur ; alors nous avons recours à un stratagème.

Enfoncer au pied de l'arbre, à son côté nord et lors de sa plantation, une dalle, une lave, une pierre plate dans une position verticale. Pour un rang complet, prendre une large planche sulfatée qui sera enterrée.

CULTUHE d'arbres FOHMÉS.

sur champ, tout près du tronc. Cet obstacle simule la fondation du mur et oblige la racine à se porter en avant.

Si notreterrain ne se trouvait pas entouré de murs, nous devrions en construire à l'intérieur de la i)ropriété, afin de tirer parti des deux façades* Nous n'en-

Fig. 26. — Poiriers cl Pommiers à haute tigr . — ï'airlera eu pyramide- — Pommiers en vase. — GroseiJIkris cm buisjson.

trerons point dans les détails de cette construction, subordonnée à la nature des matériaux et aux ressources locales. Les murs les plus économiques sont en pisé de mâchefer ou de terre » avec fondation et piliers en pierre dure ou en briques, et crépis en chaux et sable.

Nous recommandons les chaperons qui, depuis le mois de mars jusqu'au mois de juin, abritent Tespalier des pluies froides et des gelées blanches.

Les murs d'intérieur parallèles doivent être assez espacés pour la circulation de Tàir, du soleil et de la lumière. L'espace intermédiaire sera réservé aux cor-

CULTURE d'arbres FORMÉS.

dons couchés ou consacré aux végétaux délicats dans leur période d'acclimatement.

La cloison en bois sulfaté est encore d'un bon usage et plus facilement transportable. Nous avons essayé aYse succès, à cet effet, les bois de peuplier, de hêtre, de sapin.

La palmette de Poirier (fig, 27), de Pommier, de

Fig. 27. — Poirier en palmette.

Cerisier, de Prunier, se dresse facilement à l'air libre, par lignes.

Quand arrive le temps des arrachages, nous commençons par enlever un sujet entre deux et faire partir ceux qui seraient disposés à gêner leurs voisins, en supposant, bien entendu^ qu'ils soient convenables.

Tout en aérant nos arbres, nous replantons, s'il y a lieu, d'autres sujets à la place des absents, après un

62 CCLTCRE D'ABBRES FORKÉS.

apport de terre de bonne qualité ; ils occuperont la place des premiers. Plus tard, nous déplanterons leurs voisins ; et ainsi de suite, en intercalant les grandes et les petites formes pour éviter une confusion entre les membres de charpente.

Orienter les murs et abris du nord au sud, ou du nord-ouest au sud-est, pour leur procurer sur toutes faces la plus grande somme possible de bonne chaleur.

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Fig. 38. — Cordoo horinHital de Pommiers.

Tout autour du contre-espalier, une plate-bande sera bordée de Pommiers en cordon dit horizontal (Al/. 28).

Contre-plantation d'arbres d'ornement. — Quand la nature du sol fournit peu de chevelu aux racines, il ne faut pas les laisser vieillir en pépinière ; par conséquent, il convient de les vendre jeunes, ou de les replanter ailleurs afin de leur procurer un appareil de radicelles qui assurera leur réussite, lorsqu'ils seront livrés comme « gros arbres » à la clientèle.

Répétons ici nos recommandations : choisir un terrain aéré, de bonne terre franche, plutôt fraîche, mélangée si possible de sable de rivière ou de tourbe ; un labour sérieux et préalable suffira.

Les arbres de haute tige destinés aux avenues, routes, boulevards, seront déjà arrivés sur tige avec branchage de tête indiqué par une première couronne ;

CULTURE d'arbres FORMÉS.

sujets droits, sains [fig, 29). Distance des sujets, de 1 mètre à 2 mètres sur des rangs espacés de 1",50 au moins. Tailler modérément la tête qui, plus tard, sera dirigée en boule, en éventail, en pyramide {fig. 24). Badigeonner la tige en plantant; pailler et arroser.

Fig. 29. — Plantation d'un arbre.

Plus tard, la déplantation d'un sujet sur deux permettra, à ceux qui restent, d'étendre leur ramure.

Leur déplantation réclame de grandes précautions.

Avec des lignes plus espacées, nous plantons entre les sujets à haute tige des baliveaux, des buissons, des arbres verts, de façon qu'ils puissent vivre pendant quelques années sans se nuire [fîg. 30).

Les Conifères aux racines vagabondes, ayant passé leur jeunesse en pot ou à racine nue, ne sauraient attendre une déplantation, étant trop forts de tige et de

t\i TRAVAUX DE DÉBtAVE.

branches, pour être livrés à la pleine terre ; re plan lés siir hutte (6, fig. 31), quand il e&t possible, la racine (fi) s*y développera tout à Taise,

Lorsqu'il s'agit de gros arbres, la deplanlation a

la Tuécanique est lie # te Ifl 0 "S- rodit, avec le concours

%. m — Carré mixt d'arbres et darbuslea Fig. aU — rittiUnliûn sur bulle conlrcplantés . ^'^^ rmhi fm i s .

de douves de cuveau ou d'un réseau de ramilles, encadrant la motte des racines et reliées par de grosses cordes, à l'aide d'une presse quelconque. L'arbre se laisse alors transporter sur chariot, voiture ou wagon, et offrira plus de chances de rôussite.

TRAVAUX DE DÉBLAVE

Béplantation des végétaux à feuilles caduques,

— Le moment de déplanter les? arbres et arbustes h feuilles caduques commence à In mi-octobre pour finir

vers la mi-avril. La végétation plus tardive ou plus précoce en recule ou en avance les limites. 11 y aurait danger à déplanter avant Tarrét complet de la sève ou après son réveil» et la prudence ne permet pas d*arracher ou d'expédier des arbres quand il gèle.

Tout en désirant planter tôt, il faut attendre, pour les premières déplantations, que la chaleur ait cessé et que la pluie ait détrempé la terre.

Commencer la déplantation par les arbres les plus âgés, par ceux qui les premiers se dépouillent de leurs feuilles; attendre jusqu'au milieu de novembre pour les plus jeunes et les plus vigoureux, et pour les Pêchers, les Amandiers, la Vigne, les scions de Pommiers, les greffes d'un an, les Rosiers, etc. Dès que les nuits deviennent froides et les matinées fraîches, la sève s'arrête, alors les gelées blanches font tomber les feuilles, le temps des arrachages est arrivé, surtout si les pluies ont ramolli la terre et par conséquent facilité la besogne ; aussi, quand il y a nécessité d'opérer avant les pluies, il faut y suppléer* par un copieux arrosage, quelques heures auparavant.

La déplantation d'un arbre demande beaucoup d'attention. D'abord, dégager autour du tronc et assez profondément tout en évitant de mutiler l'appareil radicellaire. Après la bêche ou la pioche, employer la fourche, si besoin est, pour gratter la terre et isoler les racines; chacune d'elles pourrait même être tirée à la main, la tranchée étant béante; alors, saisissant l'arbre par le corps et au-dessous de la greffe ^ s'il y a bourrelet — , l'arracheur lui imprime des secousses répétées et, seul ou aidé de son compagnon, il extrait du sol le sujet convenablement {fio- 32;, Baltet. — La pépinière. 5

eO TRAVAUX DE DÊBLAVE.

Une équipe de' deux ou [trois hommes opère

Fig. 32. — DéplAnlAlion d*un ûrhre.

avec plus de rapidité et fait de meilleure besogné

THAVAUX DE DÉBLAYE.

AU fur et à mesure de leur déplantation, les arbres sont mis à l'ombre ou en jauge, ou bien transportés sous le hangar aux emballages, quand il s'agit d'un établissement commercial.

H est aussitiM procédé à un classement basé sur remploi des arbres ou des plants ainsi amenés (/è//. 33).

Mmei^

Fig. 33. — Arrivée au magasin et triage des arbre», arbustes et plants à racine nue (Établi^aenient Barbier frères et Cie, & Orléans).

k l'automne et au moment de leur arrachage, effeuiller les arbres à feuilles caduques qui auraient conservé quelque feuillage, sans quoi les écorces se rident, fatiguant les tissus ligneux.

Un carré de pépinière destiné à être déblavé dans la même saison pourrait se trouver vide dès l'automne.

Arracher à cette époque tous les arbres qui le garnissent ; faire un triage selon la destination des sujets : les uns à replanter de suite, et les autres k mettre en jauge, en attendant qu'ils soient vendus ou plantés à demeure.

Quelle que soit la date de l'arrachage, une précaution qui ne saurait être éludée, c'est l'étiquetage ou le numérotage de chaque sujet à sa déplantation, ou de chaque groupe de la môme sorte — soin répété à la mise en jauge — , à moins qu'il s'agisse de lots importants de la même espèce, de la même variété ; cette situation se présente surtout avec les essences forestières, les arbres d'avenue, les jeunes plants.

Déplantation des végétaux toujours verts. — Les Conifères, les arbres et arbustes à feuillage persistant peuvent être déplantés plus tôt et plus tard que les précédents.

En choisissant le moment où la végétation se ralentit, de la mi-août à la mi-octobre, les racines reprennent immédiatement, et les rapports entre les organes aériens et souterrains se continuent. Les jeunes arbres passent l'hiver sans craindre les tourmentes ; ils sont fixés au sol. Cette saison est excellente dans les pays où les brouillards de l'automne et les temps couverts sont assez fréquents.

Une époque presque aussi avantageuse, mais préférable pour les situations moins brumeuses de l'arrière-saison, c'est au réveil de la sève, soit k peu près du 15 mars au 15 mai. Arroser aussitôt.

Éviter le hàle et la sécheresse. L'essentiel est de soustraire les jeunes plants à une évaporation mortelle, et le moyen c'est de les mettre en place par

une pluie, un brouillard ou tout au moins quand le ciei est nuageux; sinon, il faudrait ombrager et mouiller la terre et les plantes.

Une pluie d'abord, un temps doux ensuite, sonl très favorables aux déplantatipns et à la mise en jauge.

Les soins d'arrachage seront très rigoureux ; ici, toute section de racine est funeste à l'organisme de l'individu. Les précautions pour l'extraction seront d'autant plus minutieuses que le temps de la plantation précédente remontera à une époque plus éloignée.

Le maintien de la terre autour des racines favorise la reprise des arbres verts. Si l'exemplaire déplanté est déjà gros, il est prudent de lui conserver sa motte en l'enveloppant d'une chemise de paille liée en dessous par les épis, et réunie au collet. Un canevas, une natte, des planches reliées entre elles atteignent évidemment le même but; mais avant de replanter le sujet, il y a lieu de gratter la surface extérieure de la motte pour mettre les jeunes racines en relation immédiate avec la terre nouvelle.

L'incertitude de la reprise et les soins à prendre pour le maniement des arbrisseaux résineux ou à feuilles persistantes, sont des raisons qui militent en faveur de leur élevage en pots et en paniers.

Mise en jauge des arbres déplantés. — Mettre un arbre en jauge, c'est lui placer le pied dans la terre, en attendant sa plantation définitive. Par jauge, nous entendons une fosse ou tranchée assez profonde et assez large pour que les racines des arbres y soient à l'aise. Une fois là, l'ouvrier les recouvre de terre jusqu'à ce que le collet ne soit plus en vue, en ayant soin qu'il n'y ait pas de vides entre elles.

La mise d'arbres en jauge nécessite une série de tranchées étroites, mais répétées successivement ; arroser au canon aussitôt la besogne terminée, et recharger de terre le collet dans le cas où la mouillure Taurait mis à découvert.

Éviter à remplacement des jauges les endroit» trop exposés aux grands vents, les terrains constamoient humides, les encoignures de murs ou de bâtiments frappés directement par le soleil.

Dans de bonnes conditions, un arbre en jauge ne souffre pas et se maintient parfaitement. Nous avons eu souvent l'exemple de sujets enjaugés à bonne heure — dès octobre — et manifestant leur bon état au printemps, lors du déjaugeage, par un abondant chevelu naissant aux racines.

Les plantes vertes préfèrent le nord, dans une platebande légèrement élevée, d'une nature de terre moelleuse et légère. La mise en pots immédiate leur serait plus agréable.

Dans toute jauge, les arbres sont classés par catégories, étiquetés et placés de manière que les espèces ne soient pas mélangées; les branches et les racines ne se gêneront point entre elles, et l'extraction du sujet ne présentera aucune difQculté.

Déblave des carrés de pépinière. — Quand un carré de pépinière a été fouillé et que les sujets restants ne méritent pas, par leur nombre ou par leur nature, d'occuper le terrain davantage, une déblave complète s'impose. Il est à remarquer que, dans certains sols bouleversés par des arrachages répétés, et désormais à tout vent, les arbres qui restent diminuent de valeur ; les racines souffrent, l'écorce de la tige

et des branches blanchit ou se couvre de mousse.

Le travail se fait à Tautomne ; les sujets défectueux sont mis en tas et servent à faire des tuteurs ou des fagots, aux heures de loisir ou de mauvais temps, tandis que les bons arbres sont tenus en réserve.

Ceux qui sont d'assez bonne qualité, sans être parvenus encore à Tétat d'arbres faits, pourront être replantés sans subir la taille (sauf les Pêchers) ; un écimage sufBt; recepés Tannée suivante, ils gagneront une vigueur nouvelle.

Tailler les arbustes à mi-bois; laisser intacts les plants trapus, bien faits, bien racines.

Les carrés, aux trois quarts libres, serviront au repiquage de plants d'arbres verts ou autres réclamant un demi-ombrage et un court séjour.

Une fois déblayé, le terrain, amendé et remis en bon état de culture avant les gelées, recevra l'emblave d'une autre essence végétale.

Observations générales. — Nous avons indiqué le moment propice à la déplantation des végétaux. Examinons dans quelles conditions nous devrons les envoyer, lorsqu'il s'agira de les confier à des mains tierces se chai^eant de les rendre à destination par les voies de terre, de fer et d'eau.

Nous emballerons nos arbustes. Les soins de l'emballage dépendent de la nature des arbres expédiés, de la température, des moyens de transport et delà distance à parcourir. A tout hasard, il vaut mieux pécher par excès de précautions. Un emballage insuf-

fisanl peut occasionner la perte d*uTie fourniture d'arbres et affaiblir la renommée d'une maison, quand môme encore Tavarie serait le fait de l'incurie du garçon emballeur ou de la négligence du commissionnaire expéditeur. Le marchand doit toujours avoir .présent à l'esprit cette vérité de tous les temps, à savoir que mieux les arbres réussiront, plus il en vendra.

Un magasin est nécessaire pour les emballages; il doit être divisé par compartiments et greniers pour y loger les caisses, les paniers, la paille, la mousse, la fibre ou paille de bois, l'osier, les cordes, les bandes, équerres et fils de fer et autres accessoires.

Des cases à séparations mobiles permettent de grouper les végétaux de la même commande. Le chef emballeur en surveille le classement, le numérotage, l'inscription aux registres, après vérification des plantes correspondante la commande.

Un sous-sol ou une vinée servira pendant les gelées pour y enfermer les colis arrivants, ou « remisés ». Il a encore son utilité lors de la préparation des jeunes sujets en pot, leur emmoussage et la mise en tontine {fig. 34).

Un bureau adjacent sera consacré aux écritures relatives aux envois, telles que : adresses, plaques numérotées, bulletins d'expédition, feuilles de voiture, livre-brouillard de la vente, factures, étiquettes, etc.

La remise aux voitures, la bascule à peser les colis y seront également contiguës.

Des hommes spéciaux, chargés de l'emballage sous la conduite d'un chef, garantissent à la besogne la certitude d'être mieux finie et d'éviter les erreurs d'expédition.

S'il nous fallait ajouter une observation qui paraîtra bien naïve aux personnes peu habituées aux affaires, ce serait de recommander une rédaction d'adresse,

Fig. 34. — Sous-sol consacré au triaf^e des plantes en pots et en godet, à l'enimoussage et à la mise en tontine ou n soleil de paille ■.

aussi précise que possible, spécifiant correctement la voie de transport, la station de dépôt et le trajet à suivre. Un seul mot oublié — même une lettre ou un chiffre transposé — peut occasionner la perte d'une collection d'arbres, et une surchage de dépenses. La livraison aux bureaux de transport ne doit pas

languir, attendu que les arbres, considérés à tort comme étant « marchandise encombrante », pourraient être ajournés à un voyage ultérieur. Ce serait un cas de souffrance pour les végétaux et de mécontentement pour le destinataire.

Emballage en paille. — Les végétaux sont déjà réunis et attachés par variétés; puis, de ces petits groupes, nous faisons des paquets d*un volume qui permette de les manier facilement sans les maltraiter.

Nous entremêlons dans les branches, de la paille douce de froment ou d'avoine, brisée si elle est trop rude, et nous garnissons les racines de paille d'orge, d'herbe sèche ou de mousse. La mousse légèrement humide combattra le hàle, et la mousse sèche est un obstacle à la gelée.

Les sujets délicats sont soumis à un empaillage préalable avec baguettes préservatrices à la tige et capuchon de paille emmoussé autour de la racine ; leur place est au milieu du colis.

Les arbustes de petite taille seront enclavés dans les interstices des autres, de manière à former un ballot compact, moins accessible à la pénétration de l'air extérieur.

Ce genre d'emballage préparatoire pourrait suffire à des sujets placés avec précaution dans une voiture, sans le voisinage d'autre marchandise, voyageant par un temps certain et ne devant pas rester plus d'une journée en route.

S'il en est autrement, nous^les enveloppons d'une chemise de paille assez épaisse, surtout aux racines, quoique déjà tamponnées, et retenue par des liens

d'osier, des fils de fer {fig. 35) ou des cordages fortement serrés. Le colis sera plus docile aux chargements et déchargements répétés, si une corde ou un osier renoue sur quatre faces tous les liens entre eux. Dans la prévision d'un long trajet, nous doublons le

Fig. 35. — Paillon paqueté au fil de fer.

pied du ballot d'une seconde chemise de paille, d'une toile grossière imperméable ou d'une natte épaisse. Ainsi conditionné, il subira, sans danger, quelques degrés de froid.

Le pralinage préalable des racines dans une boue d'argile et de purin, toujours d'un bon effet, est obligatoire, pour ainsi dire, pendant les temps de h&le ou de sécheresse, pour un trajet à long cours et lors des chargements sans emballage « en vrac », sur voiture, wagon ou bateau.

Emballage en panier. — Les arbustes élevés en

vase seront dépotés, — la motte étant enveloppée de mousse et ficelée — , et agglomérés verticalement dans un panier. Les branches de chaque sujet sont réunies avec du jonc et l'ensemble du groupe est resserré par un cordelage de paille ; tout ce branchage se trouvera préservé définitivement par une série de bÀtoDs, la base s'engageant dans les mailles du panier, et les sommets réunis et liés; puis entre eux de la paille de seigle debout, maintenue par une grosse ficelle, simulera un capuchon de forme pyramidale {fig. 36).

Les forts arbrisseaux, élevés en panier, seraient d'un arrachage difficile lorsque le panier est pourri, si nous n'avions le soin de retenir les mottes avant leur sortie du trou par une enveloppe de grosse paille, et de les remettre aussitôt dans un panier-corbeille ayant une dimension analogue. Sans autre appareil, leur livraison pourrait être faite au messager, au chemin de fer ou au navire. Souvent, l'employé au transport prendra plus de précautions en voyant la tige ramifiée du sujet non empaillée et confiée à sa garde.

Mais, dans l'incertitude de pareils soins qui ne se rencontrent malheureusement pas encore sur toutes les routes, il convient de réunir les branches par des liens de paille ou de jonc; puis de tresser une sorte de paillasson sans fin, d'un aspect conique, avec le concours de b&tons fixés dans la corbeille et attachés ensemble à leur sommet.

Les jeunes plants à racine nue sont couchés, la racine entrecroisée, au centre, dans un mannequin ovale-carré dit « ban ce ». La paille est placée debout; tout autour de l'intérieur, de la mousse sèche garnissant les racines, une couche de menue paille ou de

fibres de bois, en couverture, et par-dessus un lit de grande paille serré par une corde faisant large maille

Fig. 36, — Emballage de plantes en panier-corbeille.

et accrochée aux bords du panier ; il n'en faut pas davantage pour un transport de courte durée (/?£^. 37 et 38).

Nous avons à peine besoin d'ajouter que Técorce tendre des jeunes plants est sujette aux écorchures dans les mouvements trop brusques, et que ceux à feuilles persistantes trop comprimés, trop tassés, non enveloppés de papier, peuvent s'échauffer, moisir et périr pendant un long trajet.

Les objets fragiles et les multiplications de la serre chaude pourront être laissés en vase maintenu dans une tontine ; la baguette-tuteur sera bourrelée de coton, et le feuillage entouré d'un morceau de papier. Leur emballage définitif se fera dans une bourriche ou bannette; tamponner de mousse ou de fibre les intervalles, et refermer l'orifice de labanne au moyen d'une couche de paille bridée par un ficelage en zigzag ou lacet.

Cet emballage, qui ne sufOrait point pour un long voyage, serait remplacé au besoin par l'encaissage.

Emballage en caisse. — Bâtir une caisse de bois blanc, solide quoique légère ; les plantes dont nous venons de parler, étant préparées comme il est dit, seront rangées symétriquement par lits superposés dans une position horizontale, le pied du plant touchsmt k la paroi de la caisse et les branches dirigées vers l'intérieur. Empêcher leur vacillation au moyen de forts bâtons placés en travers, dans le sens des lits, tout contre les pots ou au niveau des collets, et cloués à la caisse par leur extrémité {fig. 39).

Une caisse assez large peut contenir deux séries semblables de lits superposés, placées en face l'une de l'autre contre les deux parois opposées ; terminer l'encaissage à l'aide d'une presse {fig, 40), clouer le couvercle et consolider le tout au moyen d'équerres et de bandes en fer enveloppant la caisse.

Ce mode d'expéditioji convient encore aux jeunes multiplications en pois, telles que semis, greffes,

Fig. 38. — Fermeture des paniiTS d'cml>aUage.

boutures, auxquelles la motte est indispensable autour des racines et qui, par leur taille raccourcie, se loge-

raient difûcilement dans un ballot ordinaire. Ici encore la fibre de bois, assez flne, est d'un excellent usage.

Fig. 40. — Presse & fermer les caisses d'emballage.

Les arbres fruitiers formés demandent la plus grande attention pour qu'ils arrivent intacts, sans aucun membre avarié ni racine brisée; or, il^n'est,'pas pour

eux d*emballage plus commode et plus sûr que les caisses formées de voliges légères plus ou moins jointes, suivant la rigueur de la température et la distance à parcourir.

Emballage pour rezportation. — Pour un voyage au long cours, une caisse solidement close est de première nécessité. Malgré le bon effet de la mousse sèche remplissant les moindres vides, il faut encore, la veille de l'emballage, plonger la racine des arbres dans une boue onctueuse, ni trop épaisse, ni trop liquide, et qui forme, en se séchanl, une croûte conservatrice autour des racines.

Les sujets sont placés les uns contre les autres, de maaière à ne laisser aucun point inoccupé; de la menue paille est semée légèrement sur les branches garnies de dards et lambourdes, et la mousse sèche calfeutre le reste.

La quantité d'arbres introduits dépassant les bords de la caisse, un serre- joints, une mécanique faisant pression fera joindre le couvercle qui sera ensuite fixé au moyen d'équerres en fer et de minces lames de I6le enveloppant la caisse comme une corde, ou un petit cable en fil de fer; enfin de fortes pointes, ou des vis assez longues, les fixeront définitivement (fig, 40).

Les jeunes plants destinés à l'exportation — surtout par navires — sont emballés dans des caisses de dimensions calculées sur le volume de la marchandise à y introduire. Une caisse de 2 mètres à 2",30, haute de 0*,80, est un maximum acceptable ; elle peut recevoir 10 000 jeunes plants de la grosseur d'une plume d'oie et peser de 300 à 400 kilogrammes.

Garnie intérieurement de fort papier, — les planches

n*étant pas rainées, — la caisse recevra les plants, ne comportant pas la moindre humidité, écimés et non bottelés. La mousse sèche qui commence le fond de l'emballage se superpose avec les lils de plants peu épais et tamponne les racines.

Au cas de Conifères et de plantes vertes, éparpiller la mousse dans le branchage; les plantes délicates pourraient être enveloppées de papier ordinaire.

Dès que la caisse est débordée d'un tiers de sa hauteur, couvrir avec une bonne couche de mousse sèche, puis un gros papier — faisant partie de la grande feuille placée au début et non coupée ; enfin le couvercle qui s'adaptera sous l'influence d'une presse mécanique à main ou autrement [fig, 40).

Le scellement s'obtient par une combinaison de lamelles de fer formant cercle, de traverses, de pointes assez fortes et nombreuses, etc.

La caisse placée sur deux madriers est plus maniable à l'emballage et au chargement fait par les ouvriers de la maison.

Machine à emballer. — Les grands établissements, qui ont à confectionner chaque jour de nombreux colis, possèdent des machines à emballer, — assez difficiles à décrire, — réunissant rapidement un grand nombre de plants d'arbres et d'arbustes sous un même emballage, et même des plantes en pot, des sujets à haute tige, des arbres formés.

Par une combinaison de chaînes, de cordages, de poulies et leviers, des ballots pesants sont promptement terminés [fig. 41).

Quel que soit le mode d'emballage,il faut absolument, pendant la manipulation des végétaux, leur éviter

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