‹ La pépinière fruitière, forestière, arbustive, vigneronne et colonialeChapitre 9 sur 180 · TRAVAUX D*ÉLEVAGE DES ARBRES · texte numérisé non relu

TRAVAUX D*ÉLEVAGE DES ARBRES

talions, l'avantage de retarder la végétation et de permettre, par là, de prolonger plus longtemps la possibilité du greffage avec chances de succès.

Fort souvent, lorsqu'il s'agit d'un sol froid, d'une situation ombragée, ou d'un excès de vigueur du sujet, celui-ci est arraché à l'avance, élêté et mis en jauge, en attendant le moment du greffage et de sa replantation définitive ou à la pépinière.

Si le tronçonnement du sujet peut être opéré au-dessus d'un bourgeon immédiat, le rôle provisoire de ce dernier serait d'attirer et d'entretenir la sève vers la greffe, action très importante ; sa suppression attendra que le greffon soit bien développé.

Les greffages de côté n'obligent point à l'ablation capitale du sujet. Il suffît que la place en soit nette, les ramifications qui se développent à son endroit étantélaguées sur une longueur de 0",iO: les branches du dessus continueront à attirer la sève, et celles du dessous à faire grossir le sujet [(îg. 18).

Pour les greffages d'été, l'élagage définitif, aussi modéré que possible, doit être pratiqué un mois avant le moment de greffer; le fluide séveux, ralenti par celte opération, reprendra son activité et facilitera le succès du greffage. Avec un délai moindre, le retranchement des rameaux superflus provoquerait un arrêt de sève contraire à la reprise du greffon . Il vaudrait mieux, dans ce cas, n'élaguer qu'au ♦moment de greffer ; la soudure serait terminée lors du ralentissement de la végétation.

Les modes de greffage qui ne nécessitent pas de fortes amputations, comme l'écussonnage, le greffage par approche, etc., sont soumis à des lois communes.

et il aous suflira, pour les

Kîg. ly, ^âujel pi-épriirë pm\t h |yrrelfn|^e

lation est plus vigoureuse prompte meut.

faire connaître, de traiter de la préparation qui intéresse Técussonnage à œil dormant, le plus employé.

Les pépinières ont pour ainsi dire des hauteurs réglementaires pour le greffage des arbres. C'est la force du plant qui le plus souvent guide l'arboriculteur ; des sujets faibles, greffés plus bas que d'ordinaire, pourraient fort bien rester invendus et le constituer en perte ; c'est pour cela qu'en cas de doute sur la force du plant, le greffage est ajourné à Tannée suivante. Le pépiniériste y gagne d'abord sous tous les rapports. La végéet l'arbre se forme plus

rOHMATION DES Jïilt'PiES ARBRES ET ARBUSTES

Nous donnerons aux deuxième et troisième parties decet ouvruge les procédésde multiplication par semis, marcotte, bouture, ^relfe, et leur application à chaque genre, espèce ou vai-iété. Pour l'instant, noussuppo-

sons les jeunes élèves arrivés à leur premier âge de pépinière ; ils réclament des soins et nous devons veiller à leur formation. .

Taille des baliveaux et des basses tiges. — Les arbres fruitiers, dirigés en pyramide, sont continués d'après les principes ordinaires de la taille. Leur plantation rapprochée aurait une tendance à affaiblir la base au profit du sommet, alors tailler court la flèche et les rameaux qui Tavoisinent, tenir longs les rameaux de la partie inférieure, et favoriser le mieux possible leur développement au moyen de crans et d'incisions longitudinales {fig. 21 et 22). Tailler les jeunes palmettes, les vases, les fuseaux d'après leur vigueur, les exigences de la forme et la nature de la variété.

Tailler les greffes d'un

Fig. 10. — Forme en U.

Fijf. 20. — Cordon vertical triple.

an sur des bourgeons placés de manière à dessiner la structure d'un cordon vertical double {fig. 19) ou triple (fig. 20) ou de toute autre construction : pyra-

mide, vase, etc., pour Tannée suivanlo {fïf/.26, 36, 27).

Dresser sur tige les arbres qui s'élancent trop vite; rapprocher ceux qui s'élèvent difficilement, en ravalant au-dessus de quelques yeux les branches de côté et en rasant les gourmands sur leur talon. Les opérations d'été sauront tirer parti de la végétation, ainsi que des sujets rabougris qui seront recepés à Tempâtement des premières branches pour provoquer rémission de jets nouveaux.

Les espèces d'ornement reçoivent une taille presque analogue quand ils sont destinés à une forme particuliure, demi-tige, buisson, pyramivie.

Les Conifères ne subissent aucune amputation; il n'y a guère que trois ou quatre tribus assez dociles k la tonte pour être converties en rideaux, en girandoles, en cônes, en boules... : les Ifs, Thuias, etc.

Avec les arbrisseaux à feuilles persistantes, les pincements d'été sont moins funestes que la taille d'hiver.

Opérations accessoires. — Voici quelques petites opérations qui rendent service à l'arboriculteur.

Du cran ou entaille [fig. 21). — Le cran se pratique au-dessus d'un œil vif ou latent dont nous voulons provoquer le développement, et au-dessus d'une branche faible qui a besoin d'être fortifiée-

Le meilleur moment de l'appliquer est l'époque de la taille, pendant le repos de la sève.

L'opération consiste à enlever avec la serpette un morceau d'écorce en forme de fer à cheval (C), immédiatement au-dessus du rameau ou du bourgeon paresseux. La partie mise à nu encadre ta moitié supérieure de l'œil éteint ou du talon de la branche.

et la domine de 0"',001 ou 0'",002. La plus grande largeur du cran est de 0°»,000o à 0»,004.

Le cran, de même que Tincision longitudinale, ne doit jamais être appliqué sur un sujet nouvellement planté et à peine fixé au sol, ni aux espèces qui renferment dans leurs tissus de la gomme ou de la résine.

De Vincision longitudinale. — L'incision longitu-

Fip. 21. —Cran.

Fig. 22. — Incision longitudinale.

dinale, pratiquée pendant la sève, consiste en un trait de serpette ou de greflFoir qui tranche Técorce jusqu'au liber et s'étend tout le long d'une branche, sur la face exposée au soleil (A, A, fig. 22). Si aucune partie de la branche ne se trouve frappée par le soleil, le succès de l'opération, quoique plus lent, n'en est pas moins certain.

L'écorce est simplement tranchée, rien n'est enlevé.

Le cambium, dégorgeant par cette issue, s'épaissit; de nouveaux tissus, de nouveaux vaisseaux se forment, et la branche a grossi d'autant.

Baltbt. — La pépinière. 4

L'incision est nécessaire :

1° Pour fortifier une branche maigre; lorsque son périmètre le permet, pratiquer plusieurs incisions longitudinales, parallèles (A, fig. 22) et arrivant jusqu'à son point de départ;

2^ Pour rétablir la circulation de la sève sous les écorces durcies ;

3® Pour animer la sève dans le support bourrelé d'un bourgeon de prolongement qui aurait une tendance à fructifier ;

4*» Pour atténuer la saillie trop accentuée d'un bourrelet de greffe et, au besoin, pour lui faire prendre racine, le bourrelet, gonflé de cambium, étant rapproché du sol et butté de terre, aussitôt incisé.

Taille des arbres à haute tige. — Les Poiriers à haute tige vigoureux et forts seront dirigés selon leur disposition naturelle, en gobelet ou en pyramide sur tige. La forme pyramidale se commence avec un rameau que Ton arrête à 0",20 ou 0'",25 et en taillant ses collatéraux à 0^,15 ou 0°*,20. La forme évasée exige trois ou quatre branches principales, assez régulièrement placées, qui seront taillées à 0°',iO, 0",15, 0",20 et même 0",25 de Tembase, suivant leur régularité et leur disposition à se dénuder.

Les sujets dont la tête est irrégulière ou portée par une tige flexible auront les deux ou trois plus belles branches raccourcies à quelques yeux.

Une tête abois court, trapu, de variété se ramifiant naturellement, ne réclame aucune taille ; les rameaux inutiles à la charpente seraient seuls retranchés.

Le Pommier, le Prunier {fig. 23) et le Cerisier, préférant la forme en vase ou en boule, se prêtent à

une taille de 0",10 à 0",20 sur leurs plus vigoureux rameaux et les mieux placés.

Le Pêcher et TAbricotier sont taillés à 0",10 de la greffe, si le jet est solitaire ou garni de brindilles; et s'il est fortement ramifié, les jets principaux supporteraient une taille à deux yeux, de manière à fournir un commencement de disposition pour espalier ou une tête de plein vent.

L'Amandier, le Mûrier reçoivent une demi-taille qui les empêche de se dégarnir et les lient arrondis.

Le Châtaignier, le Cornouiller, le Noyer sont abandonnés à eux-mêmes ; néanmoins, les rameaux gourmands ou capables de nuire à Tensemble de l'arbre se trouveront écourtés.

Le Cognassier et le Néflier, débarrassés d'une partie de leurs rameaux, sont taillés la première année, si leur tournure est difforme.

Les arbres d'ornement subiront de légers retranchements qui leur conserveront une bonne allure; les uns s'élèvent : Peupliers, Marronniers, Platanes, Frênes, et il suffira de donner quelques coups de

Fig.

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