‹ La pépinière fruitière, forestière, arbustive, vigneronne et colonialeChapitre 12 sur 180 · DES MÈRES NÉCESSAIRES A LA MULTIPLICATION · texte numérisé non relu

DES MÈRES NÉCESSAIRES A LA MULTIPLICATION

greffes et de marcottes. Outre ce mérite capital, les mères en question ont encore l'avantage d'appeler nos observations et de nous mettre en mesure d'étudier et d'apprendre des particularités qui peuvent intéresser le public. Ainsi, en examinant chaque type, nous nous rendons compte de son port, de sa vigueur, de l'effet produit par l'écorce ou par le feuillage, de sa floraison, de sa fructification, enfin de tout ce qui constitue ses qualités et ses défauts.

Nous formons naturellement deux catégories de reproducteurs : les mères, les étalons ; les uns destinés aux arbres et arbustes fruitiers, les autres aux végétaux d'ornement.

Les noms de mère et étalon se confondent dans la pratique. Cependant la mère est plutôt la plante qui nous fournit des sujets par semis ou marcotte, et l'étalon est la plante qui nous approvisionne de greffons et de boutures.

Nous consacrons à ces pourvoyeurs un carré ou encore des plates-bandes, les limites des chemins, le bord des rivières, le voisinage des murs, etc. Nous plantons un ou deux sujets, au moins, de chaque variété ; nous les numérotons strictement et transcrivons les numéros sur un registre spécial avec nos observations en regard.

Mères de végétaux à fruits comestibles. — Cette catégorie est la plus importante, non seulement parce qu'elle rend des services incontestables, mais aussi parce qu'elle est la pierre de touche de l'intelligence, de l'esprit d'ordre et de la loyauté du pépiniériste. Un amateur n'entend pas qu'il lui soit livré une variété pour une autre ; il ne pardonne pas une erreur

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de cette sorte et retire sa confiance plus vite qu*il ne Ta donnée. Tout pépiniériste donc qui prend souci de sa réputation doit pouvoir répondre hardiment de ce qu'il livre, et dans bien des cas, pour en répondre, il faut avoir la mère chez soi, sous sa main, et môme ne s'en rapporter qu*à soi pour la multiplication, l'étiquetage et la transcription au registre.

Créons donc une école fruitière et instruisons-nous. La considération méritée qui entoure des noms justement célèbres en pomologie, en arboriculture et en horticulture commerciale, doit être le point de mire de tout homme qui choisit cette profession. Il n'est pas défendu de faire du métier, mais c'est à la condition de le faire loyalement, sans préjudice pour personne.

Nous planterons nos sujets-mères comme nous le disions tout à l'heure ; quant k la forme à leur donner, laissons-la au caprice de l'imagination. L'arboriculture moderne a des principes qui permettent de récolter à la fois des fruits et des rameaux pour boutures et pour greffes.

Mères de végétaux d'ornement. — Cette catégorie pourrait aisément se subdiviser en arbres à haute futaie, arbrisseaux baliveaux, arbustes en touffes, d'espèces robustes ou d'espèces délicates.

Il ne nous est guère possible d'indiquer pour chaque espèce la forme et la place qui conviennent. La nomenclature en est tellement considérable que nous aimons mieux laisser àt l'initiative du cultivateur le soin de les diriger à son gré.

La forme à leur imposer est ou la haute tige, ou la demi'tige, ou le cône, ou le buisson. Les mères destinées au couchage restent en touffes.

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