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grimpante, élevé de même, a son aire de culture dans les contrées non gélives, ainsi que le Rosier de Bengale (R. semperflorens), l'un et l'autre porte-greffes.
Le Rosier de Bengale rose, rouge, pourpre, blanc, est l'objet de multiplications considérables, par le bouturage sous cloche, au mois de septembre.
Ces espèces et variétés, bouturées en août- septembre et piquées sous châssis, ou conservées dans le sable frais, devront être mises en nourrice au printemps suivant.
Préparées plus tard, les boutures hiverneront dans le sable, la tète en bas, en silo ou au cellier, et se couronneront de mamelons radicellaires en assurant la reprise à la plantation de mars-avril. Pailler et arroser.
Le compost favorable aux boutures replantées comprend sable de rivière, terre de bruyère siliceuse, terreau de feuilles. L*hivernage sous cloche ou sous châssis exige une litière préservatrice du froid autour des abris vitrés.
Mais la première éducation de la bouture se passe en sable pur, doux, un peu frais, exempt de tout détritus.
Le R. Crimson Rambler, Polyantha sarmenteux (/ig. 257), prend de bouture, mais se développe mieux la seconde année.
Le bouturage par racines est encore un procédé de reproduction de ces divers porte-greffes. Les fragments de racines préparés à la chute des feuilles, assez court, sont stratifiés dans le sable et portés sous châssis, avec légère chaleur de fond, en févriermars. Mais il arrive souvent que ces petits morceaux
de racine reçoivent de suite la greffe avec les
variétés de culture et s'agglutinent sous verre. Le bouturage herbacé pratiqué en plein été, juillet-
août, permet de multiplier la majeure partie des Rosiers, si nombreux aujourd'hui, remontants et non remontants.
Le rameau court, coupé sous un œil, les feuilles basilaires supprimées, les autres écourtées, est piqué dans le compost indiqué, ou sable de rivière pur, sous cloche, en pleine lumière. Ombrer contre les rayons solaires trop ardents. Bassiner légèrement.
Eviter de couper trop de rameaux à la fois, car ils pourraient faner.
Étiqueter minutieusement.
Mise en pépinière au printemps; terre bien fine autour des jeunes chevelus.
Abri contre les intempéries printanières.
Le forçage des Rosiers, qui produit des fleurs en hiver, s'exerce à la fois et sur les plants de bouture et sur les sujets greffes. Les forceries s'approvisionnent de Rosiers élevés en pot chez les cultivateurs ayant multiplié les variétés spéciales à cet objet, les soumettent au chauffage et tirent parti de la (leur ou de l'arbuste fleuri à contre- saison.
Le Congrès des Rosiéristes, tenu à Nice en 1901, recommande pour le forçage les variétés Anna fie Diesbach, Baronne Prévost^ Baronne Adolphe de Rothschild, Capta in Christy, Eugène Appert, Général Jarqueminot, Gloire lyonnaise, lier Majesty, La France, Louis Van Houtte, Madame Gabriel Lui seL Madame Victor Verdier, Magna Charla^ Maréchal Niel, Mistress John Laing, Président Carnot, Souvenir de la Malmaison, Ulrich Brunner, William Allen Bichardson, auxquelles les Parisiens ajouteront Duchesse de Cambacérès, Gloire de Dijon, Jules
Mnrgottin^ Madame BoU, Mistress Bosanquet^ Paul Neyron, Rose de la Reine, Rose du Roi, Souvenir de la Reine d^Angleterre, Triomphe de l'Exposition^ etc.
Greffage. — Le Rosier est docile au greffage sur divers sujets de ce genre. Énumérons les principaux:
Greffage sur Églantier. — La principale multiplication du Rosier se fait sur Églantier. Plusieurs types de cette espèce indigène se rencontrent dans les haies et dans les bois. Il serait intéressant de découvrir et de propager une race vigoureuse, robuste au froid, peu chargée d'aiguillons, drageonnant peu, docile au greffage sur tige ou à basse tige.
Rosier à tige. — Les Rosiers à tige sont greffés sur Ëglantier provenant d'un semis ayant produit un jet partant du collet, et plus généralement d'un drageon né sur souche ; cette tige de Tun ou de l'autre doit avoir trois ou quatre ans d'âge, l'écorce grisaille ou vert bronzé, sillonnée de filaments blanc crémeux. Planter les sauvageons à demeure, ou provisoirement en pépinière à l'automne, même après l'hiver, par lignes simples ou par double rang. Praliner les racines et la tige contre les effets du hâle et des plantations tardives.
L'ébourgeonnement conservera, en tête du sujet, deux ou trois rameaux vigoureux et bien placés pour être écussonnés la première année, dès qu'ils seront assez gros et commenceront à devenir ligneux.
Quand la sève se calme, quand la teinte verte de l'épiderme blanchit sous l'incision du greffoir, il faut se hâter, la sêce passe.
En général, il est prudent de ne pas écimer les
rameaux du sujet avant de les greffer {fig, 258). Gomme greffon, choisissons le rameau en fleur, ou ayant fleuri récemment : plus tôt, il n'est pas suffisamment «mûr » ; plus tard, ses yeux sont développés.
Cette observation, plus spéciale aux Rosiers remon tants, ne touche guère''- les Rosiers non remontants , qui fournissent de
bons greffons aoûtés par le pincement.
La chute des aiguillons au froissement de) la main est un signe de la maturité du greffon.
Une sommité de rameau avec œil de tête constitue un bon greffon à insérer sous écorce au mois d'août. Les rameaux qui fournissent les yeux greffons sont cueillis et effeuillés, la feuille coupée sur pétiole, au moment de leur emploi.
L'écusson ordinaire se place dans la gorge même du rameau de l'Églantier, à son empâtement sur la tige. Ligaturer avec deux ou trois brins de lame et, plus lard, surveiller les strangulations pour délainer
Fig. i5S. — Érusionnagc du Rosier Églantier sur rameaux.
s'il le faut. La spargaine (/?^. 143 bis) a l'avantage de se rompre au grossissement de la branche.
L'écussonnage du Rosier réussit encore sur la tige même du sujet, assez tôt en saison, et sous les rameaux de la couronne, où la sève est le plus active. La tige ne grossissant pas autant qu'un rameau, il faudra ligaturer fortement, soit avec du coton filé ou de la grosse laine, soit avec une bandelette de spargaine ou de raphia (fig. 259).
Le greffage se fait : à œil dormant, en juillet et en août; à œil poussant, en mai et en juin. li n'est cependant pas rare de rencontrer des écussons faits de bonne heure qui se développent l'année suivante, et des écussons tardifs qui végètent de suite.
Certains groupes : le Rosier Thé, R. indica ; le R. Moussu, R. muscosa-, le R. du Bengale, R. diversifolia, et quelques variétés dont les tissus sont plus lents à lignifier : Souvenir de la Malmaison, tribu borbonica ; Ernestine de Barante, tribu hybrida, elc, reprennent mieux à l'écussonnage dormant, assez tard en saison.
L'Ëglantîer à rameaux chargés d'aiguillons diffus se prête au greffage des R. moussus, Capucine, Portland, Provins, Rugosa, tribus robustes au froid.
Les Rosiers de la tribu Portland acceptent le gref-
Kig.
i59. — Écussonnage sur tige d'Églantier.
fage en fente, pratiqué sur la tige du sujet, c'est-à-dire en tète, au printemps.
Rosiers à basse tige. — Les Rosiers à basse tige reçoivent le môme traitement que les précédents, sur tige ou sur branche, à œil dormant ou à œil poussant.
Le meilleur système de greffage du Rosier basse tige en pleine terre est avec TÉglantier de semis, planté surélevé, c'est-à-dire au-dessus du niveau du sol, et butté. Faciliter le greffage en débuttant le plant pour introduire Técusson au-dessous du collet, sur le corps de la racine principale ou du pivot. Il est assez naturel qu'un plant de semis drageonne moins que s'il était né sur une souche.
Le greffage par rameau est applicable ici. A l'automne, le plant (L, fig. 260) apporté au laboratoire recevra au collet, par un placage à l'anglaise, le greffon (0) muni de son œil terminal (M), puis viendra se grouper sous cloche, dans un sable doux, sur une tablette de la serre chauffée à -f- 10^ ; à la reprise de la greffe, le plant ayant poussé [n) sera élété (w;, ensuite empoté sous bâche vitrée, enfin livré à la pleine terre.
M. Lévêque, à Ivry, multiplie des Rosiers Thé et Noisette par un greffage fait en novembre, sur semis d'Kglantier mis en godet aussitôt gi^effé. Le sujet est coupé ras au collet et le rameau-greffon vient le couronner par le placage en tète. La plante est aussitôt portée sur la bâche vitrée de la serre ; elle sera rempotée au printemps et livrable à l'automne suivant.
Le greffage sur racine a pris une extension considérable, particulièrement à Orléans où les sables
d*alluvion sont favorables au premier âge des multiplications.
L'automne venu, l'horticulteur s'approvisionne de fragments de racines de jeunes Eglantiers^ tels que les plants de semis en fournissent, et de rameaux de tailles qui deviendront des greffons. Les uns et les autres sont placés dans le sable frais, au dehors, ou sous les tablettes du laboratoire. Le greffage bat encore son plein de mioctobre k fin janvier, en commençant par les variétés délicates.
La racine -sujet (A, fig. 261) est un fragment de 0",05 à 0"',16, taillé sans màchure, muni de chevelu (e) si possible ; le greffon (B), conservé ou cueilli le jour même, y sera soudé par le placaga simple ou à l'anglaise, ses feuilles coupées à moitié, celles du sommet supprimées. Ligature au gros fil ; engluement inutile.
La plante greffée est couchée dans le sable frais, sous cloche et sur la tablette de la serre à -|- lO*", la Baltbt. -- La pépinière. 47
Fig. 260. — Greffage du Rosier sur semis d'Églantier.
Fig. S61 . ~ Greffage du Rosier sur racine.
greffe ayant un œil hors terre. En mars-avril, donner de l'air aux cloches et les enlever huit jours après. La mise en place se fera quinze jours plus tard; tailler la tête de la racine-sujet (I) et retirer la ligature (C).
Greffage sur Rosier Indica. — Ce plant de la tribu Bengale ou Thé, commun de Nice à Hyères, où les Roses s'épanouissent en plein hiver, convient aux climats chauds, aux étés prolongés, aux sols arides, secs, caillouteux ou fortement humides ; sa végétation continue en hiver, favorisant la floraison des Roses Thé, de novembre à mai [fig. 262).
Le sujet prend de bouture et s'élève promptementà tige. En dehors de Técussonnage sur place ou en pépinière, il y a lieu de l'utiliser ainsi : i** planter par plançon-bouture nu ou racine et greffer en fente en même temps; ^'^ écussonner des rejets de souche à 0",25 d'espace, et, au mois de janvier suivant, sectionner les fragments écussonnés pour les planter en nourrice ou dans la roseraie.
Là, les jardiniers préparent, en juillet-août, de longues boutures, les mettent aussitôt en nourrice, puis, vers février, en pépinière où elles seront écussonnées sur vieux bois à œil poussant, en mai-juin.
C'est ainsi que la région niçoise, où la rose Thé [fig. 262) fait florès en hiver, propage les Rosiers de cette tribu : Baronne Henriette de Lœw, Comtesse Bardtf Comtesse de Leiisse, Général Schablikine, Gloire de Dijon, Homère^ Madame Abel Chatenay, Madame Charles y Madame Eugène Verdier^ Madame Falcot, Madame Honoré Defresne, Madame Mêlante Willermos, Mademoiselle Augustine Guinoissean^ Mademoiselle Marie Van Houtte^ Maman Cochet^
Maréchal Niel, Ntphétos, Papa Gantier, Paul Nabonnand^ Safrano, Sombreuil, Souvenir de Thérèse Levet^ etc., et les Rosiers Noisette Rêve d'or, William
Fig. 262. — Une Rose Thé, de bonne tenue.
Allen Richardson, et le Bengale Cramoisi supérieur, et les hybrides de Bengale, Comte Bobrinsky, Gloire des Rosomanes, et les hybrides de Thé si florifères, tels que La France^ Madame Caroline Testout et tant d'autres.
Greffage sur Rosier Hanetti. — Le Rosier Manetti se reproduit par le bouturage de branches ou de racines. Pour basse tige, choisir du plant d'an an; écussonner au mois d'août, et même de septembre.
Le greffage est à peu de chose près celui du Rosier Eglantier; écussonner plus tôt, à oeil poussant, oa plus tard, à œil dormant.
Les Rosiers de la tribu Hybride, très vigoureux ou à gros bois, se plaisent sur le R. Manetti; les autres tribus s'y défeuillent trop tôt.
Docile à la chaleur, il convient au rôle de sujet des Rosiers en culture forcée de courte durée, ou destinés à la fourniture de greffons des opérations d'hiver.
Le Rosier Manetti a le défaut d'émettre des jets souterrains, d'être sensible aux gelées et, à tige, de manquer de tenue.
Greffage sur Rosier multiflore. — l*" Variété de la Grifferaie. — Ce sujet, propagé par bouture simple ou à talon, éborgnée à la base, se prête mieux à l'écusson de certains Rosiers Thé, fie Rourbon, et des Hybrides ayant l'écorce lisse.
Vigoureux partout, facile à travailler, écussonnable jusque fin septembre, le Rosier de la Grifferaie, apprécié dans les terrains sablonneux, est rejeté des sols calcaires, où il subit la chlorose. Il se prête à Técussonnage dormant ou poussant et ne sympathise guère avec les Hybrides à gros bois.
Bien qu'il soit docile à la greffe par rameau, mais gelisse comme le Rosier Manetti, les rhodophiles des pays du Nord lui préfèrent l'Églantier, tout en lui accordant un rôle de sujet pour la culture forcée, à vie limitée.
â'^ Rosier Polyantha. — La région lyonnaise et les pays chauds recommandent ce sujet pour la culture en basse tige, et les Anglais pour la culture en serre, où sa végétation prolongée se prête aux températures extrêmes.
Le sujet-bouture de rameau ou de racine est préféré par les rosiéristes : sa prompte entrée en sève facilite l'écussonnage à œil poussant.
Le Rosier polyantha est également favorable à la plantation de rameaux-boutures écussonnés et au greffage par rameau, sous verre.
Citons, pour mémoire, les sujets Rosa cinnamomea^ uralensis, Wichuraiana^ Banksia^ laxa^ semperflorensy etc., qui ont donné de bons résultats.
Pépinière. — Bonne terre amendée et facile à arroser.
La pépinière d'Ëglantiers sera disposée par lignes simples espacées de O^jôO, le sujet à 0°,40 ; ou par double ligne chacune k 0<°,40 de Tautre et Tespace entre chaque couple de rangs à 0",70. Praliner la racine et la tige, toutes deux ayant été préparées lors de la réception et de la mise en jauge {fig, 256).
Etablir des lignes spéciales de sujets flexibles pour recevoir la greffe des variétés gélives, ce qui permet le cachage en hiver.
Ëbourgeonner en ménageant deux ou trois bourgeons en tète. Opérer de même avec les basses tiges, afin de les greffer sur le corps du sujet (fig, 259) et non sur les rameaux, si possible.
Maintenir les mêmes distances pour les autres sujets porte-greffes.