‹ La pépinière fruitière, forestière, arbustive, vigneronne et colonialeChapitre 20 sur 180 · MULTIPLIES ET ÉLEVÉS EN PÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

MULTIPLIES ET ÉLEVÉS EN PÉPINIÈRE

Il nous reste à examiner Tapplication des procédés de multiplication à l'élevage en pépinière des principaux arbres, arbrisseaux et arbustes destinés aux vergers, aux forêts, au boisement, aux parcs d*utilité ou d'ornement, ainsi qu'au vignoble et aux plantationsde rapport, parmi les espèces qui sont acclimatées ou naturalisées en France, en Algérie, en Tunisie, en Indo-Chine et aux Colonies.

Tous les genres sont abordés dans leur ordre alphabétique, et le nom scientifique en regard, d'après nos Botanistes modernes; et les procédés de multiplication par semis, marcotte, drageon, division, bouture, greffe, sontbaséssurl'expérience et les résultats acquis.

Le végétal est présenté d'une façon sommaire formulant brièvement sa nature ou son emploi. Enfîn, le travail du pépiniériste termine le paragraphe consacré à chacun d'eux.

Abélle. — Abelia,

Arbuste élégant et florifère à l'automne, de pleine terre et de serre froide, susceptible d'être palissé.

ABÉLIE.

Fleurs abondantes, roses et camées au milieu d'un

feuillage persistant.

Docile aux cultures forcées.

fjT Semis. — Durée germinative des graines : six mois.

Semer, dés mars-avril, en terrine garnie de sable et

terre de bruyère, placée sous cloche, sur la tablette

de la serre à multiplication.

Repiquer fin août, en godet, sous verre, à froid. Harcottage. — Les mères, soit en pleine terre, soit

en bâche de la serre, auront leurs jeunes rameaux

couchés dans le sable et terreau, ou marcottés en pot, f.- et le sommet taillé à deux yeux.

^, Sevrer en septembre et repiquer en pot les élèves

Y qui devront hiverner sous châssis, à froid.

^ . Bouturage. — De mai en juillet, rameaux sémi-

te herbacés piqués dans le sable mélangé de terre de

^ bruyère, sous cloche, à lombre, où ils hiverneront,

*f pour passer, au printemps, dans les abris-ombrelles,

\/î' après repiquage en godet.

\\ A l'automne ou au printemps, bouturage de ra-

y meaux semi-ligneux dans la serre, sur couche tiède.

f; Repiquage vers le mois de mai, en petit pot, sous

[*/ châssis froid; six semaines après, installation dans

r les ombrelles.

C Procédés applicables aux Abelia floribunda^ rupes-

K- tris^ sinensis.

[' Pépinière. — Terre légère, sable et tourbe humifère

avec terre de bruyère aux jeunes plantes. i" Climat bourguignon.

u Plus au nord, élevage de sujets en pot, installés

par planches dans les abris, pendant l'été, et rentrés

sous châssis froid, en hiver.

Plus au sud, culture à Tair libre^ la racine en poterie au premier âge de la plante, puis en pleine terre, avec replantation bisannuelle.

Palissage sur baguette ramifiée. Pincement des jeunes rameaux vigoureux, en août-septembre.

Paillis et arrosages.

Abricotier. — Armeniaca.

Arbre fruitier, beau dans son feuillage et sa floraison, très beau par sa fructification qui devient Tobjet d'un grand commerce pour la consommation directe, pour les pâtes, les conserves et autres industries ménagères (1).

Semis. — Les arboriculteurs pomologues sèment les noyaux de variétés méritantes afin d'en trouver de nouvelles ; mais le but du pépiniériste est d'obtenir du plant qui sera transformé par le greffage.

StratiGer au frais les noyaux dépulpés, aussitôt l'emploi du fruit, indemne du passage au feu.

Semer au mois de mars, en pleine terre, si la germination est à point. Attendre^ si elle est en retard ; couvrir le semis d'un chÀssis, si elle est en avance et exposée aux intempéries.

Choisir un terrain plutôt sec, sain, bien éclairé, non exposé aux gelées printanières.

Repiquage dès les premières feuilles au même em-

il) Les meilleures variétùa d'arbres fruitiers à cultiver sonl (lécrilcs dans notre Traité de la culture fruitière commerciale el bourgeoise, 3« édition, 1 vol in-12 de 650 pages et 360 figures. Cliez Masson et C**', éditeurs, boulevard Saint-Germain, 120, Paria.

placement, ou sur couche froide. Ombrer et mouiller les jeunes élèves, ils passeront Thiver ainsi abrités; les plants fluets seront repiqués en pleine terre, au printemps, à 0",08 environ d'intervalle.

Écimer la radicule et le pivot à chaque opération.

Greffage. — Le sujet d'Abricotier franc^ cantonné dans certaines localités, où les tissus se lignifient convenablement, vit dans une terre plutôt sèche, sous un climat exempt des variations trop accentuées ou trop brusques, contraires à sa végétation normale.

Les plants seront écussonnés à 0",iO du sol ; d'autres, destinés à la greflFe en haute tige ou demi-tige, subiront le recepage après une année de pousse, et attendront la greffe pendant deux ou trois ans, tout en étant soumis aux opérations de dressage, d'élagage et d'écimage indiquées aux chapitres précédents.

Élaguer les brindilles au point réservé à l'écusson, au moment même du greffage ; il serait préférable de le faire trois semaines avant l'écussonnage. ^' , Dans le Midi, où ce sujet est employé, l'écussonnage

à œil poussant est pratiqué à la montée de la sève.

Le centre montagneux et chaud de la France utilise l'Amandier et même le Pécher à cet usage.

Le surgreffage de l'Abricotier sur le Pécher, à la suite du greffage préalable de ce dernier sur Amandier, est observé sur les rives de la Méditerranée, où les vents violents décollent la greffe sur Amandier, et dans les sols arides où vit ce dernier sujet.

En général, le sujet le plus populaire est le Prunier, et parmi les races qu'il comprend, se reproduisant par semis et par cépée, le P. de Saint-Julien a toutes les affinités voulues.

L'écusson y prend bien, en pied ou en tète, et aussi la greflFe par rameau.

D'autres races de Pruniers, moins appropriées à ce rôle, serviront au surgreffage en recevant rez terre une greffe de variété sympathique à TÂbricotier, par exemple Damas de Montlignon^ Damas noir dit « Hollerosse », la Reine Claude deBavat/j etc.

La figure 144 représente un sujet de Prunier {e) sur lequel est greffé l'intermédiaire (f) ; le surgreffage de l'Abricotier est appliqué en tête, cette jeune tige (f) ayant au moins deux ans d'âge et étant de bonne force. A la pousse, un pincement {g) à 0",20 a provoqué la ramification de la greffe ; l'onglet sera supprimé (i) avant la chute des feuilles.

Le Prunier mirobolan, élevé par le bouturage à talon, sympathise avec l'Abricotier ; il en recevra l'écussonnage à 0",10 pour les arbres destinés à l'espalier ou la basse tige.

Le P. mirobolan convient également pour former des hautes tiges à « plein vent ». Mais son fût se tourmente et réclame un tuteur ; ses ramifications presque épineuses exigent un élagage. Alors, recourir au surgreffage tel que nous venons de le dire.

Pincer les « jeunes écussons » à O'^.SO ou à 0^,25

Fig. 144. — Surgreffage de TAbricotier.

ABUTILON.

pour les forcer à ramifier. Détruire les insectes et les escargots friands des bourgeons d'Abricotier.

Pépinière. — Bonne terre, sans excès de sécheresse ou d'humidité ; situation aérée, éclairée, peu gélive. •

Les plants, écimés à 0^,^ seront plantés à O'^ySS sur des rangs espacés de 0'",70, s'ils sont destinés à produire des hautes tiges, et à 0^^,35 sur des rangs de 0™,50, si les jeunes arbres sont vendus en greffes d'un an, ou scions à basse tige.

L'écartement des rangs est basé sur le mode de culture, à la main ou à la charrue.

Receper, au printemps qui suit la première année '^*: de végétation, les plants qui devront s'élever à haute

l tige, sans passer par le surgreffage.

L'année suivante, coursonner les rameaux moyens, ménager les faibles^ élaguer les forts.

La ûèche sera écimée quand, assez ample, elle aura dépassé la hauteur projetée de la couronne.

Abutilon. — Abutilon.

Arbuste gracieux par ses clochettes pendantes, crème, rose ou jaune testacé veiné de pourpre, se renouvelant tout l'été. De pleine terre dans le Midi, de serre tempérée sous le climat de Paris.

Semis. — A la maturité de la graine, semis dans la serre, sur terrine couverte d'une feuille de verre.

Repiquage en godet, sur la tablette de la serre; bonne aération.

Semer les Abutilon indicum et striatum.

ABUTILON. 241

Bomtarage. — L'opération d'automne, à Tétouffée, sur couche tiède, produit de forls sujets, tandis que le bouturage de janvier à mars, sur couche et sous châssis, laisse les plantes plus naines. L^aération commence dès Tenracinement. •

Employer un compost de terreau de couche, terreau de feuilles, et bonne terre raclée à la surface du jardin ; ou une vieille couche sous châssis.

Bouturage d'été, au mois d'août, sous cloche.

Région provençale : bouturage au printemps, en pleine terre, avec rameaux ligneux ; couverture l'hiver; arrosage l'été.

Bouturage de racines, posées à plat, sous châssis froid, au printemps.

Greffage. — En mars-avri], greffe par demi-fente ou placage sous verre, dans la serre.

Les greffons â feuilles vertes seront portés sur des sujets de cette nature, et les feuillages panachés s'associeront aux sujets également panachés, marginés ou bigarrés; c'est le moyen d'éviter dans les résultats des perturbations assez fréquentes avec cet arbuste.

Pépinière. — Terre végétale, humifère, mélangée de tourbe, sable et terreau. Climat tempéré.

Élevage en pot ou en pleine terre pendant l'été, rempotage à l'automne, et hivernage en serre froide ou orangerie.

Les terreaux de oouche ou de feuilles entrent dans nne proportion moins grande, lors des derniers remotages.

Une fois repris, les rameaux peuvent être pinces

)a écimés, sauf la flèche.

Baltet. — La pépïDière. i 6

Faillis copieux; arrosages fréquents, quelques-uns à l'engrais liquide.

Rentrer des touffes dans la serre; taillées assez court, elles fourniront des rameaux-boutures.

Dans le Midi, hivernage dehors avec cachage ou buttage du collet.

Acacia*Mimosa. — Mimosa.

Petits arbres et grands arbrisseaux admirables au moment de leur floraison dorée en hiver, une richesse de la région niçoise et cannaise, si fréquentée en cette saison, et l'objet d'un trafic avantageux par l'exportation de la fleur.

Déjà, près de cent espèces d'Acacia-Mimosa fournissent des graines qui en reproduisent les caractères; rénumération en serait ici trop étendue. Toutes les belles espèces sont dans ce cas ; plusieurs d'entre elles ont des qualités tannifères.

Semis. — Faculté germinative de la graine : deux ou trois ans.

En Algérie, cette faculté se prolonge au point que la dureté du tégument en retarde la levée deux années après le semis qui, habituellement, est pratiqué vers septembre ou octobre.

Couper les deux extrémités de l'enveloppe cornée de la graine de la Cassie, Acacia Farnesiana.

Semer à la récolte de la graine, dans la serre chauffée à + IS*» pour TA. dealbata, à -f 20* pour TA. Farnesiana, en terrine garnie de sable vaseux, terre de bruyère ou terreau de fouilles. La

semence lève au bout de douze à quinze jours. Repiquer en godet, dans la serre froide. Tremper dans Teau chaude la graine semée tardivement; mettre de suite en serre, sous verre ou sur couche tiède, aérée.

Dans son climat, semer en pleine terre sous châssis froid, à la récolte. Repiquage en pleine terre; choisir une situation abritée.

Marcottage. — Couchage en vase de jeunes rameaux incisés sous un œil de la partie mise en terre. Opérer à la fin de la floraison ; sevrage six mois après.

Bouturage. — Rameaux semi-herbacés, piqués dans le sable fin, sous cloche, dehors, légèrement abrités. Quelques espèces réclament une couche tiède, à mi-ombre; d'autres se soumettent au bouturage par racines, dans le sable gras, en avril, la racine à bouture étant préparée pendant le repos de la sève.

Grattage. — Vkca,cm dealbata {fig. 145), réfractaire an sol calcaire de Nice, y végétera par son greffage sur l'A. floribunda qui lui est sympathique. Greffe en demi-fente sous cloche, au mois de mars et au mois d'août; greffe en approche à l'air libre, au départ de la sève.

Ëcussonnage des variétés de l'A. de Farnèse, avantageuses à l'industrie, sur son propre plant de semis. L'espèce A. cultriformis réussit de même sur le A. melanoxylon^ plant de deux ans.

La greffe permet ainsi la culture des mêmes espèces sur les terrains siliceux de Cannes, ou calcaires de Nice, de l'Algérie, de la Tunisie.

Pépinière. — Terrain sec, léger, sablonneux, ou

d'alluvions, schisteux ou calcaire, suivant l'espèce végétale. Climat chaud.

La région méditerranéenne convient à la culture en pleine terre, quoique les jeunes plantes y soient

Fig. 145. — Acacia blanchAtre, Mimota deaîbata.

élevées en poterie pour faciliter l'exportation; mais elles ne sauraient y vivre longtemps.

Plantation à 0°',45 sur lignes distantes de 0>",60.

Faillis et arrosages suivis en été.

Rebelle aux transplantations, TAcacia-Mimosa sera vendu ou mis en place définitive après deux années de culture en pot.

Ëviter l'action du mistral et autres vents alpins par de grandes lignes abris de Conifères {fig, 49) à quelque distance et, plus rapprochées, par des palissades en Roseaux et Cannes de Provence.

ACTINIDIA. 245

Actinidia. — Actinidia.

Arbustes buissonneux ou volubiles, cultivés dans les jardins, pour leur rôle ornemental, par leur feuillage et par leur floraison estivale, en grappes odorantes.

Semis. — Semer en février, à chaud, sous verre. Repiquage d'été, en godet, à froid.

Harcottage. — L'Actinidia arguta réussit au couchage de rameaux semi -herbacés^ au printemps; sevrage à Tautomne, si le chevelu est suffisant.

Couchage simple à. l'Actinidia Kalamitka.

Bouturage. — Cette dernière espèce prend au bouturage de rameaux herbacés, en juin, sous châssis froid, bien éclairé. Repiquage en godet, An été.

L'A. arguta se refuse souvent au bouturage, tandis '^

que TA. Kalamitka l'accepte, herbacé.

Greffage. — Le sujet est un fragment de racine des A. Kalamitka et polygama, et le greffon, un rameau de TA. arguta ou de TA. volubilis.

Greffe par demi-fente, en mars-avril, à l'étouffée. Repiquage sur couche tiède.

Pépinière. — Terre sablonneuse, perméable, allongée de terre de bruyère.

Elevage en pot, à mi-ombre sous le climat de Paris. Hivernage à l'orangerie.

Pleine terre, région bourguignonne. Plantation à 0">,33surO»,45.

Tuteurer les plantes volubiles.

Tailler les autres espèces au printemps.

246 AILANTE.

Allante. — Ailantus.

Arbre d'avenue, de parc, de grands massifs, lent dans sa feuillaison. Le plant mâle est à odeur forte; le plant femelle se couvre de samares décoratives, en été. Le jeune taillis peut boiser les talus.

Connu sous le nom de « Vernis du Japon ».

Semis. — Le litre de graines pèse 400 grammes. Un hectare à peupler réclame de 8 à 10 kilos de graines.

Au printemps, semer clair les graines stratifiées, ou non, en pleine terre. A l'automne, exciter Taoûtement des tissus par le pincement de la flèche et une éclaircie dans les feuillages compacts.

Repiquage au printemps suivant.

MarGOttage. — Ëdrageonnage à l'automne et repiquage, au printemps, des rejets écimés à 0°,25.

Bouturage. — Pendant l'hiver, préparer des fragments de racine pour le bouturage; mettre en jauge dans le sable sec. Au mois de mars, plantation en rigole, la racine légèrement recouverte. Terre ameublie, un peu fraîche naturellement ou par l'arrosage.

En août, bouturage de petits rameaux munis de leur talon et de l'œil terminal, dans le sable sec, à mi-ombre, sous verre. Enracinement lent.

Greffage — L'Ailante à rameaux pleureurs sera greffé par approche sur l'A. glanduleux, en été, le rameau-greffon « dressé » dans ce but. Il importerait de l'obtenir par couchage ou cépée et de le tuteurer aussitôt.

La greffe par rameau prend sur racine. Quant à

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