‹ La pépinière fruitière, forestière, arbustive, vigneronne et colonialeChapitre 44 sur 180 · CACTÉES · texte numérisé non relu

CACTÉES

voir buUer, jusqu'à la greffe, le jeune arbre au moment de sa plantation.

Pépinière. — Allu vions fertiles ; atmosphère som bre ; air humide; chaleur intense et constante de + 10* à + 24» ; altitude jusqu'à 200 mètres.

Jeunes plants mis en place de suite ou après deux années de pépinière qui permettent de choisir des sujets bien constitués, d'avenir.

En dressant le jeune arbre, coursonner ou pincer les ramifications; respecter la tète, qui se formera d'elle-même.

Cactées. — Cactus.

Végétaux charnus, affermissant leurs tissus avec Tàge ; ils croissent volontiers dans les sables désertiques, au milieu des friches, sur les rochers des contrées chaudes sans être équatoriales. Les indigènes et les colons les mettent à contribution pour la défense de leurs terres, de leurs habitations ; ils jouissent de leur floraison brillante, abondante, et trouvent dans leurs fruits un mets rafraîchissant et l'objet d'un revenu en les portant au marché ou à la distillerie.

Ici, nous boi-nerons la nomenclature à deux genres principaux, les Cierges, Cereus [fig. 162), les Raquettes ou Nopal, Opuntia, comprenant chacun une série d'espèces et variétés plus ou moins déterminées.

Au milieu de tous les Cierges, signalons deux des plus élevés :

Le Cer^eus giganteus^ surnommé « le Géant des Déserts de l'Arizona » ;

f^p il ■. f-y^:''^^'^}

Fig. 162. — Cactées au Mexique.

Baltet. — La pépinière.

Le Cereus Paracana, dit « le Géant des Cordillères argentines ».

L'Opuntia le plus robuste et le plus populaire est VO, ficus indka^ « Figuier d'Inde », ramiHé, épineux aussi, et susceptible de recevoir, comme les Cereus, diverses espèces et variétés par la greffe sur ses tiges ramifiées et articulées, ce qui produit un effet singulier.

La multiplication a lieu : Ppar le semis des graines, aussitôt le fruit mûr; semis en caissette dans une terre sableuse, au soleil, avec paillis et mouillures ; 2"" par le bouturage au moyen de fragments de côtes de Cereus ou d'articles d'Opuntia assez fermes et séchés au soleil pendant quelques jours, dès qu'ils sont coupés.

Piqués dans un récipient à ciel ouvert, peu mouillés, à mi-ombre, ils s'enracinent vite et peuvent être mis en place sans passer par la pépinière.

% Caféier. — Coffea.

Grand arbrisseau, de première utilité dans les pays tropicaux où il peut croître et fructifier. La graine de café est très recherchée dans l'alimentation et devient l'objet d'un commerce considérable.

Semis. — La graine bien môre, bien conformée, fraîchement dépulpée, est semée en place, à 2 ou 3 mètres, deux graines dans le même poquet, ou en pépinière, par rayons parallèles espacés de 0",25; la semence déposée à la main, une par décimètre, profitera d'un entourage de terre ameublie.

Arroser et recouvrir le carré du semis avec un paillis ou des feuilles de Palmier. Continuer les bassi-

nages pendant trois semaines au moment de la germination ; relever alors l'abri un peu plus haut et réduire les mouillures.

L'ombrage étant nécessaire aux jeunes Caféiers, il convient d'y pourvoir par une plantation provisoire de Musa, Inga, Ficus, Gedrela, Erythrine, etc., dans leurs espèces tropicales, à grande végétation. Aux Antilles, la préférence est accordée au Pois doux, Inga dulciSy et au Cajou, Anacardium occidentale. A Madagascar, c'est la feuille de Havenaia.

Il en est qui sèment en nœud de Bambou, deux ou trois graines, les placent à l'abri des intempéries et les mettent dans la terre, en ménageant le pivot, sans passer par le repiquage, d'ailleurs superflu dans ces contrées. Enfoncer la graine à 0°»,03 environ.

Dans les pays du nord (Europe), semer en serre chaude, à la réception de graines expédiées fraîchement récoltées. La chaleur et l'humidité sont nécessaires à la germination ; celle-ci est obtenue par les bassinages et par les lits et tampons de mousse mouillée qui entourent les récipients du semis.

Semer une graine par godet, éviter le repiquage. Bassiner, arroser fréquemment, suivant l'état de la température.

Parmi les variétés ou « formes « propagées dans les caféeries, citons les Caféiers Le Roy^ Mysore^ Soufrière, ainsi que le C. Laurenti [fig, 163).

Bouturage. — Bouturage de jeunes pousses semi-aoûtées, munies, si possible, de leur talon, cueillies sur une plante mère élevée en serre, et piquées en caissette, sur la bâche vitrée de la serre, avec chaleur de fond.

Bassinages répétés, même sur le vitrage, lequel, badigeonné, donnera un léger ombrage.

Greffage. — Le Caféier d'Arabie étant sujet [aux maladies vermiculaires qui étiolent ses racines, sera

Fig. 163. — Juunes plantes du Coflea Laurenti.

greffé {/ig. 164 et 165) sur le Caféier de Libéria, indemne des anguillules de Vlfemileia vastatrix.

Semer ces deux espèces séparément en nœuds de Bambou et répéter l'opération deux ou trois fois à quinze jours de dislance. Aussitôt les premières paires de feuilles apparues, extraire un plant de chaque espèce et les greffer immédiatement par approche,

SOUS les cotylédons, deux par deux {fîff. 164) ; puis les porter sous verre, à mi-ombre. A troifi semaines, la soudure est faite; quinze jours après, sevrage supprimant le pied du Caféier créole et la tète de Tespèce libérienne.

Les greffes dans Taubier [fig. 165), en demi-fente, en couronne, sont admises ; le greffon est une sommité de rameau portant Toeil terminal. Opérer sous verre fermé pendant trois jours, entr'ouvert pendant trois semaines, puis livrer à la pleine terre, en abritant des excès de chaleur, des bourrasques et de Thumidité.

Pépinière. — Terre fertile, profonde, argilo-sableuse, même ferrugineuse ; situation saine, non marécageuse, abritée du vent. Au lieu de recueillir des semis spontanés, comme autrefois, les planteurs de Caféiers préfèrenl rélevage de la pépinière et rinstallent dans les meilleures conditions possibles, par exemple, sur un défrichement riche en humus et clôturé.

La terre est cultivée et fumée à Ta van ce par des amendements où dominent la potasse, racide phosphorique et la chaux. Des végétaux à grand ieuillage

(«ir ri|jprurht3, du Caft^ier,

y sont introduits et procureront aux jeunes élèves de

Fig. 165. — Greffe de côté dans l'aubier, du Cnftier d'Arabie sur Caféier de Libéria.

Tombre tamisée et un abri contre les grands vents. Des planches larges de 1"*,30, séparées par un sentier

CAÏMTTIER. 343

de 0™,50, sont dressées et le semis y est pratiqué par rayons écartés de 0",2d, la graine placée à la main, à 0",10 d'intervalle, à ()",04 de profondeur.

Abrité par ces feuillages, bassiné matin et soir, le semis lève à. trois ou quatre semaines; alors Tarrosage diminue de moitié et la couverture de feuilles est élevée sur un petit échafaudage en toit. L'écran disparaîtra insensiblement Tannée suivante, au levage des plants pour leur mise en place, en quinconce, à 2 ou 3 mètres l'un de Tautre. Choisir un temps couvert ou brumeux ; arroser fortement et ombrer par des feuillages épais, lents à se dessécher.

Receper ou tailler court, supprimer les branches gourmandes, établir le buisson sur des branches bien établies, ouvertes. Ëcimer s'il y a crainte des vents. La caféière est ainsi devenue la suite de la pépinière d'élevage.

Les jardins de propagande multiplient les Caféiers sous verre, en natte serrée, nœud de Bambou ou noix de coco, les grefTent au besoin ; et lorsque la soudure est complète et la racine développée, ils les font parvenir à destination par les voies rapides, l'em* hallage les protégeant sans les étouffer.

GaXmitier. — Chrysophyllum.

Arbre fruitier colonial, à feuilles persistantes, répandu dans l'Amérique centrale; son fruit, globuleux et charnu comme une prune violette, rouge ou verdâtre, est populaire sur le marché aux Antilles, au Brésil, à la Guyane. Floraison de mai à juillet;

344 CAÏMITIER.

fructincation fin été et automne. Espèces à beau feuillage, cultivées dans les serres d'Europe.

Semis. — En caissette contenant terre de bruyère, terre de gazon fibreuse et sable frais, confier les noyaux aussitôt leur récolte ou leur réception; après une traversée, ceux-ci seront trempés pendant quarante-huit heures dans Teau.

Ombrager et mouiller.

Dans sa région, semis en pleine terre par poquets, en place, ou par rayons, en pépinière, à mi-ombre, aussitôt la baie dépulpée.

Harcottage. — Quelques espèces, telles que le Chrysophyllum impériale^ plutôt de serre tempérée, acceptent le marcottage de bourgeons développés par Teffet de la taille courte du sujet. Couchage en nœud de Bambou ou en petit panier tressé en fibre d'aloès ou autre, résistant à l'humidité; applicable au C pomifera.

Bouturage. — Rameaux courts, semi-ligneux, bouturés dans la serre, sur la bâche vitrée, avec chaleur de fond; inciser les rameaux à la coupe inTérieure ou les préparer par une strangulation sous l'œil qui doit être mis en terre .

Pépinière. — Terre substantielle, généreuse. Climat chaud, iotertropical.

Élevage d'abord dans un petit récipient, pleine terre ensuite et mise en place. Arroser de suite et renouveler la mouillure. Ombrer les jeunes plantations faites pendant la chaleur.

Région nord : culture en serre des espèces ornementales, et plein air, de juin en août, à bonne exposition abritée.

CALLISTÉMON. 949

Gallistémon. — Callistemon.

Arbrisseaux et arbustes curieux par une floraison originale dans son ensemble, une sorte de gros épi cylindrique, hérissé d'étamines. Ornement de serre froide et d'orangerie, mais de plein air en Provence,

Semis. — Faculté germinative : un mois.

Semer aussitôt la récolte, sans tarder, sur terrine remplie de sable sec et terreau, la graine non enterrée recouverte d'une feuille de verre; le tout placé sous châssis. Germination lente.

Repiquage en godet ou en terrine profonde.

Bouturage. — En pleine bâche de la serre, vers le mois de mars, grouper par petites potées plusieurs rameaux semi-herbacés, cueillis dans la serre. Terre de bruyère et sable siliceux.

Repiquage du plant en petite poterie.

Greffage. — Le sujet est le Callistemon lanceoiatum de semis. Greffe en placage ou en demi-fente, avril et août, sous cloche jusqu'au moment de la soudure. Presque toutes les variétés y viennent mieux que par semis.

Pépinière. — Terrain plutôt sec, perméable, légèrement siliceux. Addition de terre franche et de bruyëre pour la région parisienne. Climat tempéré.

Culture en pot dans les abris-ombrelles en été, dans la serre froide en hiver.

Lés éleveurs, en Provence, combattent les vents ût aer par les claies et palissades en roseau, et les écheresses prolongées au moyen de paillis et d'arro-

ji

CALYCANTHB.

Les Mélaleuque et Métrosideros se cultivent de la même façon. Ce dernier peut être greffé sur le Gallistémon, tandis que le sujet de greffage du Mélaleuque est le Melaleuca armillaria.

Gallitris. — Callitris.

Arbre vert résineux, d'orangerie sous le climat de Paris, rustique dans la région méditerranéenne et en Algérie ; là, sa résine est exploitée pour la fabrication de la Sandaraque et son bois par Tébénisterie, qui en fait le « bois de Thuia». L'arbre est le Cilliirisquadri' valvis.

Sol calcaire et caillouteux.

Les procédés de culture sont ceux que nous indiquons au Frenela,

Galycanthe. — Calycanthus,

Arbuste curieux par ses Qeurs dites « en anémone » et le parfum qui se dégage de toutes ses parties. Emploi dans les massifs, au milieu d'espèces buissonnantes et Ûorales.

Semis. — Le semis réussit sous cloche, en terre de bruyère fratche ; semer clair. Repiquage à. la quatrième feuille, sous châssis froid.

Marcottage. — Buttage de la touffe ; séparage des rejets après deux années de végétation. Repiquage des rejets pendant une saison, à demi-ombre.

Bouturage. — Boutures de racines, préparées

en hiver, plantées sur bâche tiède au printemps.

Repiquage à demi-ombre, en pleine terre.

Reproduction des Calycanthus floridus, occidentalis, prœcox^ et souvent par semis.

Pépinière. — Bonne terre de jardin plutôt fraîche, en situation saine.

Plantation à 0™,35 sur 0",45 ; butter, à Tautomne, les jeunes plants et les sujets en terre froide, insuffisamment aoûtés. L*arbuste se tient naturellement en buisson ; cependant le recepage pourrait provoquer rémission de jets à tenir sur petite tige qui se couronnerait d'elle-même.

Gamellia. — Camellia.

Petit arbre et grand arbrisseau à feuillage épais, luisant, persistant ; fleurs admirables de forme et de coloris varié. En hiver, riche décor de nos plages et des contrées où il prospère à Tair libre; Tornement précieux des serres froides, l'élément recherché des fêtes, réceptions et soirées hivernales, et pour la parure des toilettes féminines [fig. 166).

Semis. — Durée germinative de la graine : deux ans. Semer la graine dès que la capsule du fruit s'entr'ouvre ; opérer en terre de bruyère, sous châssis, sur couche tiède; recouvrir de mousse fine. Germination lente et prolongée. Repiquage en godet.

Le Camellia à fleur simple est ainsi multiplié au rôle de porte-greffe.

Marcottage. — Le couchage avec incision est pratiqué à Cherbourg et à Nice, où l'arbre vit librement.

GAMELLIA.

A Nantes, où le Camellia vient également à Tair

libre, un type rustique,dit C latifolia^ fournit par

le marcottage, en juillet, des plants à sevrer au début

de leur lignification.

Repiquage en godet et greffage au mois de juillet,

Tannée suivante.

Bouturage. — Quelques variétés :

Contessa Lovinia Afaggi, DonckC' laari, Halleyi, JVobilissima, Noisetii, Tricolor,.,, vivent et fleurissent, élevées par bouture.

Le bouturage procure des plants destinés à recevoir la greffe; tels les C. latifoHùy Althœiflora^ Mathotiana alba, Targioni^ Lady CampbelL Le rameau est coupé à 0",003 au-dessous de Tœil de base.

Opérer de juillet en septembre ; les rameaux courts, à feuille bien verte, munis de leur talon, à préférer, seront piqués en godet, placés sous cloche, à Tétouffée; température + *S°- Six semaines après, commencer Taération ; un mois plus tard, rempotage en godet plus grand — ou petit

Fig. 166. — Camellia du Japon, & fleur double.

pot — et transport à la serre froide, près du vitrage.

En janvier-février, le bouturage réussit encore, avec une chaleur plus élevée. Le bouturage, alors, sur tablette fermée de la serre, adopte une couche de sable recouverte d'un lit de tourbe pulvérisée : celleci retiendra Thumidité. Laver minutieusement les rameaux-boutures.

Éviter le bouturage par potées, qui nécessite la division des plants au repiquage : ils en souffrent; une bouture par godet évite cet inconvénient.

Greffage. — Les jeunes sujets ainsi obtenus par le bouturage pourront être greffés dès leur deuxième année, aux mois de juillet et d'août.

Greffer en placage, par demi- fente, à Tanglaise, à cheval^ de côté dans l'aubier. La greffe en placage est affectée aux plants fluets. Les plants greffés sont placés dans un coffre recouvert d'une feuille de verre ou d'une cloche; les pots enterrés dans une couche de tannée bien consumée, à une température de -j"l^°' Tenir les greffes à l'étouffée; bassiner modérément, essuyer le vitrage chaque jour et le badigeonner si les rayons solaires sont trop ardents.

Le greffage se pratique également sur plant obtenu par semis du Camellia à fleur simple, et toujours rez terre.

Une autre méthode, plus rapide, est la greffe sur rameau-bouture. Opérer en septembre avec des rameaux-sujets âgés d'un an ou de deux ans, le greffon étant du môme &ge. Le traitement est celui que nous idiquons aux boutures. Dix mois après, les jeunes tantes sorties du châssis et mises en pot suivront la ulture indiquée ci-après.

Sur le littoral niçois, les greffes en fente et en approche sont appliquées, à Tair libre et en pleine terre, au Camellia.

Pépinière. — Terre de bruyère, terreau de feuilles et sable de grès fin. Climat tempéré.

Les régions angevine, nantaise et presque tout le littoral cultivent librement le Camellia, comme Paris et Versailles cultivent le Rhododendron ; mais ici la serre froide abritée, couverte, légèrement chauffée à + 8°, est indispensable en hiver. Aérer quand le soleil donne ; élever les châssis par deux ou quatre f-; pots à fleurs retournés, placés sur le coffre puis

^' dépanneauler au printemps, les sujets étant mis en

pot et enterrés, si possible.

Une fois la période des gelées passée, sortir les Camellias, les porter dans les ombrelles, en pot ou en pleine terre de bruyère.

De Tair, de la lumière, de Teau et un demi-ombrage aideront le Camellia à ramifier et à boutonner. I Après rélevage en pot vient la culture en caisse ou

r en bac. Elle est basée sur les mêmes principes, mais

f. nécessite de vastes « resserres » et orangeries suscep-

?;^ tibles d'être chauffées en hiver, en cas de besoin.

\ Les variétés de Camellia les plus demandées par le

l commerce sont :

fî i° Pour la culture forcée : Alba plena, Coletii,

I Chandlerii elegans^ Donckelaari^ Imbricata rubra,

[ ' Jubilée^ Nobilissima^ Sacco^ Tricolor^ Variegata;

^ 2° Pour la floraison tardive: Henri Favre, Leana

'* superba, Mathotiana alba. Prince Albert^ Princesse

Bacciochij Valteveredo, Verschaffeltii; 3° Pour la vente populaire : Auguste Delfosse^ Au-

Page 1