‹ La pépinière fruitière, forestière, arbustive, vigneronne et colonialeChapitre 6 sur 180 · ORGANISATION, INSTALLATION & EXPLOITATION DE LA PËPINIËRE · texte numérisé non relu

ORGANISATION, INSTALLATION & EXPLOITATION DE LA PËPINIËRE

Nous appelons pépinière, une partie de terrain consacrée à rélevage et à la culture préparatoire des arbres utiles et des végétaux d'ornement.

La pépinière n'est souvent qu'un champ isolé ; quelquefois c'est un établissement considérable.

Nous examinerons la question sous un point de vue mixte, qui nous permettra de fonder nous-même une petite pépinière appropriée à nos besoins, ou d'en faire l'objet d'une exploitation commerciale.

Organisation générale.

Choix de remplacement. — L'emplacement le plus favorable au succès d'une pépinière, c'est un bon sol, aéré, n'ayant pas à craindre les inondations ou les sécheresses permanentes, ayant un cours d'eau, 6e qui n'est pas absolument de rigueur, ou des facilités d'arrosage, et autant que possible dans une situation Baltbt. — La pépinière. 1

abritée contre les ouragans, les brouillards froids et les gelées printanières.

Le proche voisinage d'une ville, d'une station de clierain de fer ou d'une route, est un précieux auxiliaire pour le va-et-vient du personnel et les moyens de transport des marchandises.

Les soins continuels, les travaux nombreux exigés par une pépinière, ainsi que la surveillance et la direc* tion intéressée qui ne doivent jamais faire défaut, surtout aux époques de la multiplication et de la vente des végétaux, sont des raisons majeures pour qu'elle ne soit pas trop éloignée de Thabitation du maître, ou tout au moins d'un contre-maître intelligent.

Contrairement à certaines croyances, un bois déTriché serait préférable à une lande abamionnée, et toute emblave qui succède à une pépinière gagne en vigueur et en rendement.

Un bon sol produira de bons arbres ; un mauvais so! fournira des sujets chétifs, souffreteux, moussus ou coriaces avant l'âge. 11 est reconnu, d'autre part, qu'une terre trop enrichie par la prodigalité des engrais donnerait des sujets vigoureux, mais ils n'auraient pas cette robusticité que les bonnes terres, composées d'éléments naturels variés, procurent à leurs produits.

ïl convient donc de choisir un bon terrain contenant les divers principes essentiels à la végétation: la présence de plusieurs natures de terre dans le même champ permettra d'y élever des végétaux exigeant différents genres de nourriture.

Inviter les terres trop poreuses, sujettes à un excès de sécheresse; aussi bien que les terres trop compactes

OU sujettes à un excès d'humidité. Une terre franche, «terre de ferme », laissera moins déchausser le plant par les effets du gel et du dégel ; un sous-sol silicoargileux ou de toute nature fertile est toujours favorable à la pépinière ; une pente légère en terrain frais assainira les racines des jeunes plants.

Sans être infaillible sur ce point, un praticien exercé se rend assez facilement compte de la valeur d*nn terrain. Il le sonde, l'analyse à sa manière et examine la végétation des arbres qui l'avoisinent ; ce sont des guides naturels.

En cas d'incertitude, et quand les circonstances le permettent, il serait prudent d'essayer provisoirement dans le terrain diverses essences végétales, et d'ajourner l'époque de la plantation définitive; et si l'emplacement ou le sol sont contraires à une saine végétation, il vaut mieux y renoncer, sans perdre de temps.

Préparation du sol de la pépinière. — Un terrain, quelque bon soit-il, réclame toujours une culture préalable ; et s'il est de médiocre qualité ou privé de certaines substances, il faut, avant tout, songer à l'améliorer.

En thèse générale, l'amélioration des terres légères et desséchantes se fait à l'aide de fumier d'étable, de boues de ville, d'engrais végétaux, de paillis,d'arrosements, d'irrigations bien conduites. Les allées y seront plus élevées que les carrés ; un défoncement profond permettra aux eaux pluviales de s'y introduire en abondance et d'y former des réservoirs précieux pour les temps secs ; il permettra en outre aux racines de courir librement à de grandes distances souterraines

0R6ANISATT0N GÉNÉRALE.

et de se soustraire^ par le fait, aux effets des chaleurs trop intenses.

Les terrains très mouillés réclament les moyens d'assainissement connus : tuyaux de drainage, empierrement des chemins abaissés au-dessous du niveau du sol, défoncement et binages multipliés en temps chaud.

Pour les terrains compacts, un défoncement raisonné d'après l'état des couches inférieures est nécessaire ; des labours fréquents dans chaque saison, et l'emploi d'engrais d'écurie, de cendres de bois ou de houille, de scories, de sable, produiront un bon effet.

Quant aux terrains dont la couche arable est fatiguée par des productions antérieures, mais dont le sous-sol n'est point à dédaigner, il faudra recourir au défoncement, soit pour ramener en haut la terre du dessous et rejeter en bas celle du dessus, soit pour les croiser ou alterner, ce qui nous semble préférable.

Les végétaux dits de terre de bruyère, ou qui réclament une nature spéciale de terre, seront élevés dans un carré ou dans un champ particulier préparé ou transformé complètement en ces prévision^.

Défoncement. — Le défoncement est un travail connu; il n'en est pas toujours mieux pratiqué pour cela.

Ouvrir des tranchées successives et parallèles ; les terres de la deuxième tranchée remplissent la première ; celles de la troisième comblent la seconde, et ainsi de suite. Commencer dans la partie en contrebas d'un champ mal nivelé, et surveiller le rejet des terres hors de la tranchée, ce qui conduit à donner au terrain un nivellement d'ensemble.

Au lieu de superposer les couches de terre, nous

préférons les croiser, les mélanger en les jetant sur le talus de la tranchée voisine.

Tout lit de mauvaise terre est descendu au fond de la tranchée ou transporté dans les chemins, ainsi que les bancs de gravier, de glaise, de cailloux, de pierres, toutes choses impropres à la végétation; nous les remplaçons par la bonne terre des allées, ou par des terres nouvelles prises sous bois ou à la surface des champs soumis à la culture.

Quand le fond de la tranchée, d'une composition encore passable, est trop ferme, il convient de le piocher, de le remuer sans le sortir de la jauge, puis de le farcir de terre végétale ou de gazons hachés.

Les pierres et pierrailles, étant un obstacle à la bonne culture, seront extraites du champ et employées à consolider les chemins. Celles qui se délitent par Taction de la gelée et du soleil peuvent être disséminées à la surface du terrain, pourvu qu'elles ne soient ni trop nombreuses, ni d'une composition chimique contraire à l'amendement du sol. La craie est d'un bon effet sur les terres tourbeuses, et les cailloux divisent avantageusement les terres tenaces, argileuses.

Les gazons pourriront en terre, tandis que les mauvaises herbes : chiendent, liseron, pourpier, laiteron^ yèble, tussilage, seront extirpées et brûlées sur place. Le travail de défoncement, pour être très efficace, sera fait dans le cours de l'été ou de l'automne, et ''"'nplété par un bêchage qui nivellera le terrain, sieurs bêchages réitérés sont nécessaires après le )ncement en terrain compact et froid, ou quand ravail a été pratiqué par un temps humide. La

terre à pépinière ne demande pas à être ameublie aussi finement que s'il s'agissait d'un semis ou de plantes herbacées, et encore moins à être remuée par la gelée blanche, la neige glacée, le dégel ou la boue. Un sol épuisé sera réconforté par un défoncement rationnel et un apport de terres nouvelles et d'engrais- 11 serait même convenable de ne faire les plantations qu'après avoir laissé la nouvelle couche arable exposée à l'air pendant une année environ. En la mettant ainsi au repos, l'entretenir par des labourages superficiels répétés, par une culture améliorante, et au besoin par l'enfouissement d'une emblave en verL

Il arrive fort souvent qu'un terrain léger, de composition uniforme , ii sous-sol perméable analogue ou à peu près à la terre de la surface, n'a pas besoin d'être défoncé. Il faudra cependant le bêcher, le piocher, à la profondeur d'un bon fer de bêche [fig. 1), l'ameublir ensuite avec la fourche {fig. 2), ou bien encore briser les mottes et niveler au moment de la plantation.

Le défoncement sera d'autant plus profond que les végétaux à planter auront une racine pivotante. Entamer à la pioche {fig. 3) ou au pic-pioche [fig, 4) les sous-sols trop durs.

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Fig. 1. ~ Bècbe.

Fig. 2. — Fourche à trois dents.

Les grandes exploitations emploient les charrues défonceuses à traction mécanique ou animale.

Engrais de la pépinière. — Sous ce titre, nous comprenons les substances capables de rétablir la

Fig. 3. — Pioche.

Fig, 4. — Pic-pioche

fertilité d'un terrain plus ou moins épuisé, ou de lui communiquer les éléments qui lui manquent.

En général, le sol peut retrouver ses forces perdues ou en gagner de nouvelles par l'introduction d'éléments sérieux : l'azote stimulant, l'acide phosphorique fertilisant, la potasse donnant de la force ou procurant du ligneux par son association à la chaux; enfin l'action de la magnésie sur la virilité de la graine... Il est donc important de connaître et l'appétit des végétaux, et la nourriture que peut leur fournir la terre, et les principes nutritifs qui lui font défaut.

Dans tous les cas, un mélange de diverses natures a plus de chances de succès qu'un amendement homogène. Le fumier de ferme bien consumé est un excellent

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engrais de pépinière. Nous utiliserons les boues de ^ . rue, les feuilles, les herbages, les débris de jardin,

les raclures de cour, les déchets de laine, et formerons des composts avec du fumier ordinaire ou de la terre végétale, par lits alternés, et môme certains engrais chimiques, le tout arrosé et manipulé. Les plâtras, les décombres salpêtres conviennent ^ aux terres froides. Les curures d'étang, les sables

limoneux, de rivière, agissent bien sur les terres légères. Les déjections humaines, le sang d'abattoir, les débris d'animaux, vieillis, décomposés par la chaux, le sulfate de fer et le noir animal sont bons à peu près partout.

Le moment de l'emploi, c'est au moins un mois |.. avant la plantation, soit à l'époque du labour à la

^ bêche qui suit le défoncement, soit au moment du

|. bêchage quand les circonstances l'ont permis ; alors

i» ce bêchage devra être complété par un fourchetage

«i j donné plusieurs semaines après l'enfouissement des

;,' substances fertilisantes.

j>' . Enfoui à 0^,20 dans la jauge et entremêlé de

^ terre, il ne faut pas que les racines du plant ren-

- contrent un engrais énergique, sans mélange avec

K. des parties terreuses, car cet engrais engendrerait la

moisissure au lieu de provoquer l'émission de jeunes racines.

Les mêmes précautions sont à observer dans, les pays tropicaux où les résidus de distillation, les pulpes de fruits de Caféier, de Cacaoyer, entrent dans ,1a composition des engrais.

Eau de la pépinière. — Les meilleures eaux pour l'arrosage des végétaux de pépinière sont les eaux

pluviales ; il est donc prudent de les recueillir par tous les moyens possibles et de les faire arriver à la portée des carrés de semis et d'élevage des jeunes plants.

Viennent ensuite les eaux courantes de rivière, de ruisseau, enfin les eaux de mare, d'étang, à fond limoneux causé par la chute des feuilles, le parcours des racines, et l'action des plantes aquatiques.

Si la pépinière est grande, si le climat ou le genre de culture réclame de fréquents arrosages, la circulation de l'eau se dirigera vers les points nécessiteux par de petits canaux ou par des tubes souterrains correspondantau fossé principal etaboutissantà des puisards. Les tubes, en métal ou en terre cuite» cimentés à leur point de jonction, pourraient être encore du bois d'aulne perforé, chaque morceau étant muni d'un bec « mâle » s'emmanchant dans le col de son voisin.

Les puisards consistent en tonneaux, cuves en bois ou en ciment armé, et souvent en une citerne bardée de maçonnerie ou de planches maintenues par des pieux. L'emploi du bois sulfaté éloigne les rats d'eau.

Nous ne parlerons ni des manèges mus par une force animale ou mécanique, élevant l'eau dans un réservoir, ni des systèmes d'arrosage sans arrosoir, k l'instar des pompes à incendie. C'est une question de convenance ou d'argent qui intéresse plus particulièrement le maraîcher et le jardinier fleuriste, chez qui le besoin d'eau est pour ainsi dire journalier. En tout cas, les réservoirs et les récipients ont l'avantage d'exposer à l'air les eaux souterraines et de les fertiliser par l'influence des agents atmosphériques.

Allées de la pépinière. — La contenance du champ, sa configuration et le va-et-vient qui doit y régner

sont les premiers guides à consulter pour le tracé des allées et la disposition des carrés.

Un chemin de ceinture, deux grandes allées centrales se croisant à angle droit, servent au passage des voitures. D'autres moins larges, se reliant entre elles, aussi nombreuses que le service l'exige, deviennent des artères de circulation en même temps que des voies à courants d'air et de lumière nécessaires à la saine constitution des arbres.

Un plus grand nombre d'allées produit davantage de carrés ; or, plus les carrés sont restreints dans leur étendue, plus les soins de culture et d'exploitation deviennent faciles sur ce point, et moins fréquentes seront les erreurs de multiplication ou de fournitures.

L'allée en ligne droite est préférée pour la commodité du parcours et la simplification du travail.

A part les allées charretières, qui doivent avoir 2",30 au moins, les allées de service mesureront de 1 mètre à i",60 de largeur, suivant leur destination et le genre de plantation qui les bordera [fig. 5).

Si le terrain était trop sec ou trop humide, les chemins aideraient à ramener le sol à l'étal normal, tout simplement en réglant leur niveau. Ainsi, des allées établies en contre-bas du carré qu'elles environnent contribuent à son dessèchement et conviennent, par conséquent, aux terres froides ou humides. Par une raison contraire, les allées, les chemins, les sentiers étant élevés au-dessus des carrés de nature poreuse, légère et brûlante, les eaux pluviales qui tombent sur ces chemins s'y déverseront*

Au besoin, lorsque le terrain est constamment humide, les allées creusées de i mètre environ peuvent

Pépinière Charles Baltet.

î% ORGANISATION GÉNÉRALE.

fort bien remplir Toffice de drains; la terre qui en provient étant répandue sur les places en contre-bas, rallée-tranchée sera remplie de cailloux, de pierrailles, de scories de forges qui, tout en la comblant, laissent des vides pour le passage de Teau soutirée des GRrrés. Quant à la surface de Tallée, des matériaux plus fins : gravier, sable, cendre de houille, sciure de bois, tannée, viendront la terminer.

Si les ressources locales le permettent, une couche de vieille écorce ayant servi au tannage des peaux couvrira les allées, Therbe s*y trouve étouffée et le gâchis de boue devient plus rare.

Bordures des ailées. — Tout espace de terrain tînlôurÉ d'allées forme ce qu'on appelle un carré de pépinière, quel que soit le nombre de côtés. Chaque carré porte un numéro d'ordre correspondant au plan du jardin et répété sur les registres de pépinière.

Quaiid les allées sont larges, les limites des carrés pourraient former des plates-bandes consacrées aux étalons et aux mères, aux sujets d'échantillon. En champ libre, elles sont le plus souvent bordées de Conifères qui s'y garnissent régulièrement, ou de Merisiers qui réussiront mieux à l'écussonnage.

Lei allées intermédiaires sont bordées de sujets de multiplication qui ne restent pas longtemps en place ; les pi unis bouturés ou repiqués, les Groseilliers, les Fraisiers, etc., s'y logent aisément.

Quant aux allées étroites, elles se trouvent naturellement limitées par les arbres des carrés adjacents.

Cependant, l'ornement et la variété n'étant pas d<^'placés dans une pépinière fréquentée par le public, noiis admetlons, pour la bordure des plates -ban des'

et des massifs établis au premier plan ou à proximité de Thabitation, des arbustes nains ou de décor, des plantes vertes, des plantes vivaces, des plantes annuelles ou suflfrutescentes : Thym, Santoline, Lavande, Hysope, Germandrée, Buis; ou herbacées : Fraisier faisant partie du commerce de la pépinière.

Clôture de la pépinière. — En plein champ, une pépinière est rarement fermée; mais si elle a quelque importance, si elle se trouve exposée au passage des flâneurs, des chasseurs, des maraudeurs, des bestiaux, ou si elle est contiguë à la maison d'habitation, la clôture est indispensable.

Nous acceptons les murs, sous la condition qu'ils ne s'opposent pas trop aux courants d'air et qu'ils ne concentrent pas une chaleur trop intense. La construction en est coûteuse, mais elle permet de cultiver des espaliers formés, de collectionner les Pêchers, les Vignes, etc. Une rivière naturelle ou un fossé creusé par la main de l'homme autour de la pépinière aurait encore l'avantage de nous fournir de l'eau pour les arrosements et d'assainir un sol humide.

Lès francs bords et les talus garnis de plants d'osier nous approvisionneraient d'accessoires de dressage et d'emballage.

Enfin, une palissade composée de lames de bois de sciage ou d'échalas sulfatés, d'une hauteur moyenne, ou bien une haie vive bien compacte, quoique d'une largeur restreinte, pourrait suffire. Si ce dernier moyen clôture convenablement, il a l'inconvénient d'attirer les insectes, d'exiger une tonte semestrielle et de nécessiter une large allée de ceinture, à cause de l'ombre projetée par la haie et de l'extension que

prennent l<?s racines. Par compensation, un horticulteur intelligent utilise la haie vive au profit de Tétude ; il y plante diverses essences à branchages timiliés, défensifs, et apprécie les plus convenables. Telles feraient les espèces suivantes : Aubépine, Févier l'i^roce, Robinier, Nerprun, Argousier, Cornouiller, Charme, Tro(4ne, Tamarix, Chalef, Érable, Maclure, Ajonc, Mahaleb, Prunellier, etc., à feuilles caduques ; ou Sapin épicéa, Sapinette, Genévrier, Thuia, Cyprès, Buisson-ardent, Houx, Buis, etc., toujours verts.

Les provinces méridionales ou du littoral de la mer utilisent certaines espèces qui s*y trouvent acclimatées : le Citronnier trifolié, l'A triplex « pourpier de mer «, le Paliure, le Césalpinia...

Une clôture des plus simples est le grillage métallique galvanisé, qui pourraitôtre doublé d'une claie ou d'un paillasson sulfaté, au cas de courants d'air pernicieux,

La plantation d'une pépinière se fait ou dans les mois de novembre et décembre, ou plus généralement en février et mars, quand il n'y a plus à craindre les souftîvements de terrain qui exposent le collet des arbres k hi gelée. Un temps couvert sans pluie, ou cliiiud sans hâle, est toujours favorable.

Préparation du plant. — Les meilleurs plants sont l^'unes, tra[ius, bien enracinés: ils réunissent ces conditions quand ils ont été clair-semés dans un sol ameubli, ou repiqués à l'état embryonnaire. Les planls repiqués à l'état ligneux sont bons lorsqu'ils sonl encore jeunes, vigoureux, sans écorce durcie;

THAVAUX DE PLANTATION.

autrement, ceux de l'année leur sont préférables.

Leur déplantation commence dès le mois de novembre, quand la sève est complètement arrêtée. L'arrachage à. la main ne vaut pas l'emploi de Toutil qui descelle la terre et soulève le plant, tandis que la main l'extrait par secousses.

Aussitôt déplantés, les jeunes végétaux sont mis en jauge à mi- ombre, à portée du carré où ils devront être plantés, et espacés convenablement ; nous pressons le sol avec le pied sur chaque jauge, rechargeons de terre et donnons une bonne mouillure.

Avant la mise du plant en place définitive, Vhabillage s'impose, sauf quelques exceptions.

Cette opération se fait aussitôt après l'arrachage, et plus souvent dans le cours de l'hiver, quand les jours de pluie ou le dégel arrêtent les travaux. L'enlever de la jauge, le préparer et le mettre en terre sont des opérations qui contribuent encore à retarder sa végétation.

L'habillage consiste à enlever avec une serpette ou un sécateur les extrémités des racines trop longues, desséchées ou meurtries, et à rabattre la tige à 0'",25 du collet si le plant est destiné au greiïage, à 0™,iO

Fig. 6. — Habillage d'un jeune plant.

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s'il m doit pas être greffé en pied, et encore, dans cette occurence, vaul-il mieux Tététer à 0™,25 [le |ilïinl \ (fig. 6) étêté en 6, la racine écourtée en a] et le receper Tannée suivante. Coursonner les ramifications tlu plant, mais conserver les branches principales aux sujets destinés à former des buissons.

!.es Conifères et la majeure partie des arbustes à remUage persistant ne subissent aucune amputation. Même observation à Tégard de quelques espèces à bois creux, ou dont la suppression du bourgeon terminal ne serait pas sans inconvénient. Le Marronnier, le Tulipier, le Noyer, le Carya sont dans ce cas. Tel, le plant court [fig. It non écimé, taillé en A, sur son pivot.

Au lieu de couper le pivot charnu du Baguenaadier, du Genêts du Mûrier, du Cara- V gana et de quelques essences fruitières ou forestières, au moment de la plantation, il senùl Kisible de ramener IVi^ïu té Ter< le coret en lia faisviiit décrire une

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TRAVAUX DE PLANTATION. il

fait; le triage recommence au moment de V habillage^ qui précède la plantation; nous jetons de côté, pour le mettre en nourrice, celui qui se trouve fatigué, lésé, faible, mal conditionné; le fretin nuirait au bon effet d'ensemble de la végétation.

Mise en pépinière du jeune plant. — La plantation est faite sur des lignes parallèles nommées « rangs ». Leur distance s'établit d'après la végétation probable des plants et sur le temps que les sujets doivent y rester. Pour les arbres d'ornement et les arbres fruitiers qui viendront à tige, enpyramide, enpalmette, les plants auront 0", 60 d'intervalle, et les rangs 0",80; pour les arbustes et les arbres fruitiers destinés aux petites formes, un écartement de 0",60 suffira aux rangs, et 0°,40 aux plants. Nous y reviendrons.

La culture donnée par les labours à la cban*ue exige une largeur des rangs de 1 mètre environ, et l'ordonnancement des plants sur la ligne doit être calculé de telle façon que le travail de labour n'en soit ni gênant ni gêné.

Les petites touffes peuvent encore être placées en planches rectangulaires, larges de 1 mètre à i", 50, composées de trois à cinq rangs, séparées entre elles par un sentier de O", 60. Chaque planche sera occupée par la même variété ou par des espèces à végétation analogue; cependant plus d'espace est accordé aux sujets qui resteront plus longtemps en pépinière ou qui auront les ramifications plus étendues.

Orienter les rangs du sud au nord, quand la surface du sol le permet, est une sage mesure.

Avec une plantation en quinconce, chaque sujet a une part égale de nourriture ; le terrain est unifor- Baltbt. — La pépinière. 2

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TRAVAUX mi. lM.ANTATlO^^

moment occupt'^ et ranacliago devienf phis facile.

Dans un sol irrigué, la plantation pourrait être faite

par double ran^ sur iKnKpieltcs séparées par un sillon

Fi^'. ». — II.KiNdiiin I'.

unMii ninic, "iir l.i<itii|iii-'llr

{/tf/, H . LcB esseiHcs tir ntuvitim; l.iilk' ni ii*s plants bouturés s'y plairont.

Avant de planter, mu.' hontir h.ilMtinli' rst tltj marquer les extrémilcs de tuus les rLiiif^^s ilu carré en y enfonraril une baguette, |mis le curdeau (//y. H) sera déveiuppV' d'une ]»ai;tiettr a la raarrjue eorresjHiniiaiitc. Cn uuvrîer dislribne ks planis b loni;dti corde. m, selon \r> mtîsure^ inditpins, il Jiul ik' c<4l: ceux qui ont de lui j^cs raciut'b, abu i^i'ils volent eiikries à la béclio

ouàla pioche. Aussitôt, de bons ouvriers les plantent, soit au plantoir, soit à la bêche ou à la houe.

Les plantoirs les plus commodes {fig. 10) sont des chevilles en bois, coudées à la partie supérieure, ferrées en pointe à l'autre bout. Tasser fortement la terre contre le plant avec l'outil ou avec le pied;

Fig. 9. — Cordeau.

Fig. 10. —Plantoirs.

arroser ensuite, à moins que le terrain ne soit frais, la température douce, ou même la végétation au repos.

Au lieu de jeter le plant à l'avance sur le cordeau, l'ouvrier peut le tenir dans un panier garni de terre, qu'il fait suivre à côté de lui.

11 est toujours plus prudent de garder auprès des planteurs la provision de plants tenus au frais et en jauge. Si la saison était avancée et desséchante, il serait urgent de tremper d'abord les racines dans un baquet rempli d'un mélange de boue, d'argile et de bouse de vache. Ce pralinage, nécessaire dans les terrains poreux et aux plants fatigués, est favorable à toutes les plantations, en toute circonstance.

LeB espèces qui se soumettent au bouturage direct, tels le Peuplier, le Saule, le Groseillier, seront à l'état de rameaux-boutures simples, plantés immédiatement sans avoir été repiqués.

Soins de culture de la pépinière. — Le défoncement, le bêchage font partie de la culture d'organisation, de la culture préparatoire. Nous avons à nous occuper de l'entretien de la terre; à cet effet, nous traiterons des labours, des arrosages et du paillis, qui sont nécessairement subordonnés à la composition du sol, à l'état de la température et à la nature de l'espèce végétale. Le principal mérite du pépiniériste est de savoir les combiner de manière à obtenir, par leur action mutuelle, l'amélioration du sol et une végétation vigoureuse.

Labourage de la pépinière. *- Pour le labourage,

n vr ^ -«

Fig. 11. — Modèles de pioches, houes et crochets.

nous recommandons l'emploi de la fourche de fer, de la pioche et des instruments à biner, dont les formes varient avec les localités et la nature des terrains {fig, 11). Nous excluons la bêche et lui préférons les outils à dents et ceux à lame qui ne pénètrent pas dans le sol

au delà de quelques centimètres, tant nous craignons de mutiler les jeunes racines.

Les ouvriers chargés des labourages d'entretien éviteront de froisser et de meurtrir le plant.

Pour commencer la besogne, il n'est pas nécessaire d'attendre que l'herbe pousse; l'utilité de l'ameublissèment passe avant la propreté. Les labours profiteront d'autant mieux à un terrain léger que la pluie les aura précédés, et d'autant mieux à un terrain frais qu'ils seront exécutés par un temps chaud.

La bineuse à main [fig. 12) a tous les avantages dans un terrain meuble, à plat.

Renouveler ces labours tous les ans; le premier au printemps et le dernier à l'automne, ils auront un peu plus de profondeur que les autres. La fourche pourrait être employée pour les premiers ; la binette suffirait aux seconds. Par un temps pluvieux et à l'arri ère-saison, un coup de râteau est indispensable au ramassage de l'herbe et à sa mise en tas dans la cour aux engrais.

Le labour à la èliarrue [fig. 13), avec le concours du cheval, de l'àne ou du mulet, est adopté dans les grandes cultures de pépinière ; l'instrument a des combinaisons de lames et de dents basées sur la nature du sol. Un animal doux, calme dans son allure, convient à la pépinière.

Arrosage de la pépinière. — En pépinière, arroser surtout au premier printemps qui suit la plantation ; s'il s'agissait d'une plantation tardive, dans un sol peu consistant, ajouter à Teau du purin ou de l'engrais très soluble.

L'arrosage des semis se fait avec l'arrosoir « à la

TRAVAUX D EKTRETIBf.

pomme » ; les plants, « au canon ». Les arrosoirs sont portés k la main, avec ou sans relais, par les ou* vriers. Les réservoirs agissant par pression et dé-

Fig. li. — Emploi do la bincuse à main (plantations de Pins).

gorgeant l'eau par des tubes en toile ou en caoutchouc n'exigent pas un personnel aussi nombreux : c'est l'arrosage à la lance [fig. 14).

Il y a encore l'arrosage « à la pelle », lorsque des rigoles bien pleines passent à la portée des plants.

Les eaux de pluies, de rivière, de fossé, courantes ou dormantes, sont propres à cet usage.

L'excès d'ariosement est un vice égal à Tabsence d'arrosage ; il faut mouiller d'autant plus souvent que la sécheresse est persistante et le sol plus poreux ; mais des végétaux ligneux ne seront point poussés à Veau comme des plantes herbacées, maraîchères ou florales.

Fig. 13. — Labour à la charrue de jeunes grcfFcs.

Faillis de la pépinière. — Un paillis n'est jamais inutile ; il augmente le bon effet des arrose ments, tout en empêchant de les multiplier, ce qui est une économie de main-d'œuvre. La difficulté d'application, sur une vaste échelle, est un obstacle à son usage.

Le paillis seradu fumier usé, de la paille consumée,

24 TRAVAUX d'entretien.

desfeuilles, des herbages, de la fougërt, toutes choses

à bas prix. L'essentiel, c'est que le paillis eii question soustraie la terre à l'action directe du soleil et n'ait pas d'effet désastreux sur les plants.

TRAVAUX DENTRETIBN. 25

Si l'opération devenait impossible avec une plantation tardive en terrain sec, nous conseillerions de tasser la terre autour du plant, avec les pieds, après une pluie ou un arrosage, surtout lorsque le plant n'a pas été praliné avant sa mise en terre.

Maladies, cryptogames st animaux nuisibles à la pépinière. — Les procédés de culture rationnelle et la composition raisonnée du sol, par rapport aux végétaux qu'il fait vivre, empêcheront certaines maladies de se montrer; par exemple, l'excès de sève qui provoque le chancre à la tige et aux branches, le manque de sève qui amène Vatonie des racines.

Le premier de ces cas sera combattu par la déplantation des sujets et leur replantation dans un sol plus calme ou dans le même emplacement, celui-ci étant amendé par des matières phosphatées ou calcaires qui donnent du ligneux aux arbres.

Le second réclame, au contraire, des amendements vigoureux^ apportant au sol ce qui lui manque; autrement déplanter et replanter dans une terre plus sérieuse, mieux composée, et jeter une poignée de sulfate de fer en poudre à travers les racines de l'arbuste à contreplanter.

Dans les deux cas, plantation sur butte et demitaille des branches. Pas de fumier aux racines, mais une litière quelconque au pied de l'arbre.

Contre laytfwntwe, unfortpaillis de raclures de cour où le bétail séjourne, additionnées de sulfate de fer, directement en poudre ou par arrosage. Si le mal persiste, déplanter et replanter dans de meilleures conditions; par exemple, une terre mélangée de sable de rivière et de tourbe, amendée par un compost de

gazons mis en tas avec chiffons de laine, etc., le bloc manipulé vi arrosé au purin.

Un sol froid, avec excès d'humidité, donne la brâle ou noircissement des sommités; ici encore, déplanter les arbres €t améliorer le sol par un drainage, une plantation sur butte ou billon, avec apport d'éléments salp^treux, sablonneux, calcaires. Plantation élevée et tuteurée.

Cerner à la serpette et racler au vif le chancre de la tige ou des branches, et recouvrir de boue ou de mastic froid, onctueux.

La gomme, extravasion séreuse chez les espèces fruitières à noyau, s'enlève par un temps humide, avec une spatule; frotter ensuite la plaie avec des feuilles d'oseille ou une chapelure de mie de pain.

La viwjne, conséquence d'un revirement brusque de température, recroqueville et boursoufle les feuilles du Pêcher ; hâtons-nous de couper toutes les parties atteintes et de les jeter au feu.

Même action à l'égard du cèphe pique-bourgeon, diptère qui pond sa progéniture sur les jeunes pousses et les fait faner.

Lutter contre le blanc, Voidium, le mildew, le hinck-rot et autres cryptogames, avec la bouillie bourguignonne composée de sulfate de cuivre et cristaox de carbonate de soude délayés dans l'eau. Toute bouillie à la chaux ou aux sels de soude doit être iieutie, c'est-à-dire ni acide, ni alcaline.

hiuiihnfvnose, pénétrant les tissus, nécessite le badigeoiinage de l'écorce, en hiver, avec une solution dii sulfate de fer, i kilogramme pour 2 litres d'eau; et au printemps, la friction des parties envahies

TRAVAUX D mCTRETIBN. 27

à l'aide d'a&e dissolution de protoxyde de fer.

Âujourd'huii un certaia nombre de pépinières sont traitées en totalité, à partir du premier âge du plant, par les pulvérisations cupriques appliquées après la rosée tombée, sous une température douce, tandis que les poudres aux sels de cuivre sont répandues pendant la rosée ou immédiatement après une pluie.

Certaines situations favorisent Témergeance des mousses et lichens sur les arbres de pépinière. 11 faut, par un temps pluvieux, brosser avec un gant à ûl d'acier ou une petite brosse métallique les points envahis ; une fois le beau temps revenu, passer un lait de chaux additionné de fleur de soufre.

Un ennemi terrible du pépiniériste est le ver blanc^ larve du hanneton. Le hannetonnage est obligatoire et aussi l'extraction de sa larve par un fourchetage du sol minutieux et répété.

D'autres petits coléoptères, lisettes, charançons^ etc. , qui rongent les jeunes bourgeons, se laisseront prendre le matin et... écraser.

Faire la chasse aux apions, anthonomes^ agriles,,., qui s'acharnent après nos arbres d'étude.

Dans une fourmilière, placer un poisson ou un pied de boucherie : les fourmis s'y rendent en masse ; au bout de quelques jours, saisir l'appât ainsi habité et le plonger dans l'eau bouillante.

Combattre les termites par des émulsions de pétrole et de savon noir, ou des injections souterraines de sulfure de carbone.

Les pucerons verts, noirs ou bruns, qui pullulent sur les jeunes pousses, ne résistent guère aux pulvérisations à base de nicotine ou de savon noir.

Le puceron lanigère « blanc du Pommiem est détruit par des frictions aux lies d'huile fréquemment renouvelées ; les branches trop puceronnées sont coupées et jetées au feu.

Le puceron soixierrainf phylloxéra vastatrix, oblige le viticulteur à greffer ses cépages sur plant résistant ; de même Vhemileia vastatrix des colonieç entraine le caféiculteur à greffer les Caféiers d'Arabie sur un type indemne, le Caféier de Libéria.

Le gros kermès qui s'attaque au Pécher et à la Vigne, le petit kermès du Poirier et du Pommier, le « pou » des Lauriers et Nériums, avec leur pellicule brune ou rousse, succombent au lavage à l'eau de lessive en hiver, après un raclage au grattoir.

Même traitement à l'égard du tigre du Poirier.

L'échenillage anéantit les nids de chenilles ; mais une nouvelle visite est indispensable au réveil du printemps. Ramasser toutes les nichées, et celles de Vhyponomeute de l'Aubépine, du Fusain, du Groseillier..., et les brûler.

Écraser à la main les larves de la tenthrède limace^ qui affectionne le feuillage du Cerisier, du Saule, du Poirier ; opérer en temps de pluie qui laverales feuilles.

Attirer les colimaçons sous des tas d'herbages ou de feuilles de Chou, de Cytise, de Baguenaudier ou des fascines, et les écraser. — Semer un cordon de sulfate de cuivre concassé autour des carrés, qui doivent être isolés de leur parcours.

Suivre avec le doigt la galerie de la courtilière, l'ennemie des semis, et introduire dans son refuge quelques gouttes d'huile et un litre d'eau avec un entonnoir : la bête sort et meurt (Voir fig. 69).

TRAVAUX d'entretien. 29

Placer des pièges et des appâts empoisonnés dans les galeries et au passage présumé des rongeurs, souris, mulots, rats de terre ou d'eau, loirs et lérots.

Tendre des collets pour prendre les lapins brouteurs déjeunes plants et rongeurs d'écorce. Entourer avec une corde de foin sulfaté la tige des arbres menacés.

Malgré le respecta Tégard de nos charmants auxiliaires, les petits oiseaux^ il nous faut les éloigner des carrés de semis au moyen d*épouvantails légers et mobiles et par l'immersion préalable de la graine dans un bain froid de minium.

En somme, les moyens préventifs sont plus efficaces que les traitements curatifs. Le mieux est de n'épargner ni la surveillance, ni les bons soins de culture, d'hygiène et de propreté.

Hivernage des végétaux qui craignent le froid. — Abriter les végétaux qui redoutent la rigueur des froids, ou les brusques changements de température hivernale et printanière ; les uns buttés, enterrés, les autres enveloppés d'une toile, d'un capuchon ; ceuxci groupés et recouverts d'un paillasson, d'une claie; ceux-là transplantés au nord d'une clôture ou d'un rideau d'arbres verts, dirigé de l'est à l'ouest.

Rentrer les plus délicats dans une orangerie, dans un cellier aéré ou sous une toiture vitrée : cloche, châssis, bâche, serre, et encore les vitres doivent-elles être couvertes de paillassons au moment des neiges et des gelées.

Le collet des arbustes gelables, élevés en plein air, sera préservé par des feuilles sèches ramenées autour du tronc, par de la vieille tannée ou de la terre fine.

A tout abri factice, le Rosier préfère une couverture

déterre. Les sujets à basse tige de variétés sensibles aux gelées se contentent d'un simple buttage, tandis que les tiges élevées doivent être arquées vers le sol, la tête enterrée et la tige paillée ou terrée. Dans les champs de jeunes Rosiers, une marque quelconque permettra de reconnaître les « yeux poussés », lors des arrachages.

Les jeunes arbustes à feuillage persistant passeront rhiver de la façon suivante. Les sujets étant mis en pot, dès l'automne, seront enterrés côte à côte, non pas dans la position verticale habituelle, mais inclinés sur un angle de 35» environ, et rangés par lignes parallèles, de manière à ne pas être serrés l'un contre l'autre. Ensuite, placer horizontalement, tout autour d'eux, des perches supportées par de petits pieux, à une hauteur calculée de façon que le paillasson qui sera étendu sur ces perches laisse entre les plantes et lui un intervalle de O^iOo à ^^^\(^ pour la circulation de l'air. Les paillassons, enlevés après tout danger passé, seraient replacés bien vite s'il arrivait une recrudescence de froid.

Le carré consacré à cet hivernage est distribué par planches d'une largeur presque égale à celle d'un paillasson et séparées entre elles par des sentiers de service. Une situation un peu ombragée convient à ce champ, parce qu'elle a le mérite de ne pas exposer les végétaux à l'action immédiate du soleil, quand le moment est venu de les découvrir.

Les plantes vertes, les arbustes à feuillage persistant qui ont été abrités ne doivent être rendus au soleil et à l'air libre que graduellement. Sans cette précaution essentielle, ils jauniraient et ne tarderaient pas à

TRAVAUX d'Élevage des arbres. 31

perdre leurs feuilles ; placés d'abord à Tombre d'un massif ou d'un bâtiment, ils arriveront ensuite à miombre, puis au grand jour.

Certaines localités à température régulière, ou favorisées par le voisinage de la mer, ne réclament pas autant de soins; malheureusement, toutes les situations n'ont pas hérité de ce privilège.

Les arbustes qui ont été cachés, buttés et empaillés, ont besoin d'air au printemps, quand la température s'adoucit définitivement. Nous les traitons avec ménagement, pour que leurs tissus s'habituent sans brusquerie à l'air vif et aux rayons solaires.

II ne faut pas laisser s'étioler les jeunes plants mis sous verre. Pendant l'hiver, ils ont été arrosés pour qu'ils ne souffrent pas trop de la soif; une fois les beaux jours revenus, ces jeunes sujets seront éloignés les uns des autres, puis sortis complètement, les vitres ayant été levées préalablement.

Les galeries souterraines, les grandes caves, les glacières, et des installations spéciales mises en réquisition, dans les pays du Nord, offrent toutes garanties à rhivernage des végétaux.

. TRAVAUX d'élevage DES ARBRES

Recepage des jeunes sujets. — Receper un arbre, c'est le couper radicalement sur son tronc, rez-terre ou à 0°',02 au-dessus du sol, de façon que le collet ne soit point entamé [fig, 15).

Le but du recepage est de ranimer la vigueur du sujet en concentrant sa force végétative sur un seul bourgeon et d'obtenir ce sujet plus promptement et

32 TRAVAUX d'Élevage des arbres.

d*uaç plus belle venue. Au lieu d'un seul bourgeon, la prudence commande d'en ménager plusieurs, suivant la destination de l'arbre. V

Peiîdaot la première année de végétation, nous abandonnons à eux-mêmes les plants destinés à être recepés; toute opération en vert serait superflue. Le I plant n'a iju'à bien se fixer au sol, et il y parviendra

d'autant joieux 'qu'il possédera davantage d'organes foliacés ; muis au mois de février suivant, alors que les

Pig. 15. — Recepage de plants en pépinière.

grands fi uids ne sont plus à redouter, nous rasons les sujets contre terre.

Un recepage automnal courrait le risque d'être I avarié par la gelée s'il n'était suivi d'un buttage, i surtout pour les espèces délicates ou dans un sol humide. Cette complication de la besogne nous porte à choisir l'époque de février-mars.

A la suite de ce retranchement total, plusieurs rameaux apparaissent au collet; nous les ébourgeonnons dès leur troisième ou quatrième feuille, 13E cûiiservant le plus apte à nos besoins ; et, comme mesure de précaution, nous en ménagerons même un second, gardé en réserve, et le modérerons par le pincement* Il sera supprimé quand son collatéral se trouvera hors de danger.

Le recopage des espèces qui produisent difficilement un rameau vertical sans qu'il en résulte un coude trop saillant au talon, pourrait se faire par le

TRAVAUX d'Élevage des arbres.

procédé ordinarre, avec adjonction immédiate d*un

échalas pour le palissage du rameau, ou bien en

rabattant le sujet à 0^^,10 du sol

sur un onglet. Le scion conservé

est traité comme un écusson : ébour-

geonnement de l'onglet, palissage

du scion conservé et désonglettage

(A, fig. 16) avant la chute des feuilles. Cette accumulation de sève sur

un seul jet le contraint parfois à

prendre une tournure quelque peu

tourmentée ; nous y remédions avec

le tuteur, choisi de suite assez grand

et n'aurons point à le remplacer

la même année.

Dans Tété, soyons sobre de pincements sur les scions latéraux, si

la flèche ne s'en trouve pas incommodée. Le mois de septembre arrivé,

appliquons un cassement partiel aux plus allongés et sur les gros sujets.

LorsdeTélêtage des carrés greffés à basse tige, recepons les exemplaires qui n'ont pas retenu la greffe, et s'ils devaient encore être greffés sur le tronc, au lieu de les ravaler^ bornons-nous à écimer leurs branches pour en ranimer la vigueur.

Il ne faut pas craindre de rabattre les arbres à écorce durcie, d'une végétation languissante, et qui néanmoins semblent doués d'une Baltit. — La pépinière. 3

Fiff. 10. — Dressage d'un plant recepé.

34 TRAVAUX d'Élevage des arbres.

constitution assez bonne pour émettre de nouveaux jets capables de constituer l'arbre . S'ils résistent à cette opération, jetons-les au feu.

En recepant les tiges tortueuses, chan creuses de lAilante, du Catalpa, du Paulownia, du Cédrèle et de tout autre genre, la sève est excitée à faire jaillir un scion nouveau, fort et droit, qui, dès la première année, peut atteindre la hauteur de la couronne. Ajoutons que ce luxe de végétation obligerait le jardinier à en effeuiller la base, chez les espèces à bois creux, et à en pincer les sommités au mois de septembre, mais Taoûtement des tissus y gagnerait.

Le recepage ne s'applique pas aux essences qui réclament la conservation de leur bourgeon terminal, pur exemple à la majorité des Conifères.

Ëlagage des arbres de pépinière. — Les arbres destinés à être dirigés sur une tige, qu'ils soient ^'teiîés ou francs de pied, réclament chaque année un élagage au moment où la végétation s'arrête, c'est-à-dire à l'époque de la chute des feuilles.

Après cette époque, une opération non réussie serait ;^ journée jusqu'en février-mars, avant l'ascension de la sève; il convient de ne pas exposer une plaie non ciccitrisée aux rigueurs de l'hiver.

La bonne saison de l'élagage est en août-septembre, durant la période qui précède le repos de la sève. Les essences largement pourvues de moelle, le Noyer liLiv exemple, élaguées trop tard, redoutent l'action du froid; élaguées au réveil de la végétation, il en rùfeulte un égout : la sève pleure. Les espèces délicates redoutent les mêmes dangers.

L'élagage consiste à raser les branches inutiles sur

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