‹ La Perception et la psychologie thomisteChapitre 7 sur 64 · Annales de philosophie chrétienne, décembre · texte numérisé non relu

Annales de philosophie chrétienne, décembre

2. (( Sonsus licet non patiatnr a sensibili passioiie proprie dicta, patitur tamen per accidens » (S. Thomas, Comment, de an. H, 7).

3. « Hœc vis motiva, non solum est in appetilu et sensu ut imporante motum, sed etiam est in ipsis partibus corporis ut sint habiles ad obediendum appetitui animée moventis » (Sum. theol. l, 78, 2).

4. « Forma et materia conveniunl in uno esse » (C. Gent. II, 08).

Ici s'arrête la vie animale. Dans l'homme il y a quelque chose de plus, car, si l'âme humaine est la forme du corps, elle le dépasse * . Par suite, l'homme a une perfection nouvelle, une faculté supérieure, qui n'est pas, comme les précédentes, l'acte d'un organe, c'est-à-dire dépendant essentiellement dans son exercice de l'état de l'organe et lui conférant sa perfection propre. Outre la sensation, l'homme a la pensée, que produit l'intelligence. Mais, si indépendante de tout organe que soit par nature l'intelligence, elle aussi est liée intimement avec les forces précédentes. Dans l'état actuel et normal de l'homme, la sensation lui est une condition indispensable. Sans la sensation, rintelHgence n'aurait pas d'objet précis ; elle ne pourrait accomplir aucun acte. Il y a donc des rapports étroits entre la sensation et la pensée. Ce sont ces rapports que nous voudrions étudier aujourd'hui.

Il est en particuHer un acte dans lequel la sensibilité et l'intelligence s'unissent plus étroitement et qui n'est complet que par leur concours, je veux parler de l'acte de perception. Sans la sensibilité cet acte n'existe pas; elle seule nous met en rapport avec les autres êtres. Mais sans l'intelligence cet acte n'a point la valeur d'une vérité ; la pensée seule, qui est dans son fond, en fait une connaissance complète et certaine, l'une des plus certaines que nous puissions avoir. Dans l'étude qui va suivre, nous aurons surtout en vue cet acte de perception, acte central dans lequel la sensibilité et l'intellect ont des rapports si intimes, qu'ils semblent, au premier aspect, ne produire qu'un seul acte simple et sans complexité.

Il importe de poser nettement le problème qui va nous occuper. Je me promène dans la campagne, je rencontre une fleur, un arbre, un cheval, un homme. Je saisis immédiatement qu'il y a une fleur, un arbre, un cheval, un homme, et qu'ils sont doués de telles propriétés, que je remarque tout d'abord. C'est ce qu'on appelle une perception. Si je

1. « Humana anima non est forma in materia corporali immersa vel ab ea totaliter comprehensa, propter suam perfectionem » {Sum. theol. I, 76, 1).

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