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— à la destruction anatomique des fibres élastiques : c’est l’emphysème;
— à la détente du poumon; elle peut être provoquée par une pleurésie, et le tympanisme s'entend alors, sous la clavicule (skodisme) ; par déplacement important du médiastin, refoulé par un épanchement liquide ou gazeux abondant dans la plèvre. Le tympanisme s’entend alors en percutant le côté sain.
b) L’expérimentation confirme les données de la-clinique.
Elle se fait sur un poumon éviscéré. La paroi est, dans ce cas, le feuillet viscéral de la plèvre.
On constate alors deux phénomènes :
1°. — Le poumon est détendu : le son de percussion est tympanique;
2°, — Le poumon est modérément gonflé de fécon qu'il retrouve à peu près son volume habituel. Le son de percussion approche du son « vésiculaire ». }
De quelle facon peut-on envisager le rôle du poumon ?
La division du poumon en une infinité de petites logettes formant autant de minuscules résonateurs dont les très faibles sons s’ajouteraient, n’est pas à retenir, car elle est contraire aux théories des résonateurs et à l'expérience. x
La seule interprétation possible est dans l’action qu’exerce le poumon, par son appareil élastique, sur la paroi.
L'air, en effet, ne recueille que les vibrations de la .paroi; c'est donc aux causes qui modèlent ces vibrations qu’il faut remonter.
Selon toute vraisemblance, l’action de l'appareil élastique pulmonaire engendre au niveau de la paroi une multitude de surface nodales qui entraînent l’appa-
LLRODE FES
rition de nombreux partiels parmi lesquels ‘la note dominante est plus ou moins noyée.
Cette action n’est pas élective; elle peut être due à d’autres facteurs.
Un corps élastique quelconque, un gaz par exemple, peut être à la source du même phénomène.
Nous savons que les pneumothorax en hyper-pression donnent fréquemment un son « pulmonaire », et la percussion de la vessie de porc vient apporter à cette hypothèse la preuve expérimentale.
Ce n’est donc pas à la présence du poumon ni à son extrême division que nous devons le son « pulmonaire », mais à l’entrée en jeu de son appareil élastique.
b) — Les masses non sonores.
La percussion de la cuisse, de l’épaule, ne provoque ni renforcement ni modification du son digito-digital.
De même, ce son reste inchangé si l’on percute les masses liquides des pleurésies.
La genèse de ce son, la matité, s'explique, comme précédemment, par les propriétés physiques des corps intéressés.
Propriétés physiques des corps non sonores.
La chair, quelle que soit son histologie, est inélastique, relativement molle, hétérogène, agrégat de milieux différents, solide et liquide. ;
Les liquides organiques, habités par des cellules plus ou moins abondantes, sont beaucoup plus homogènes.
Propagation de l’ébranltement sonore à travers ces corps. Il existe un moyen clinique d'étudier la propagation de l’ébranlement sonore à travers ces corps.
On percute, par exemple, le thorax en avant à l’aide de deux pièces de monnaie et on ausculte en arrière le son de percussion.
Trois éventualités peuvent se présenter :
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1°.+— Lorsqu'il s’agit d'un épanchement pleural, c'est-à-dire lorsque le milieu est homogène, le son passe très bien et garde ses caractères acoustiques : on entend, en arrière, un son métallique : c’est le « signe du sou » de PITRES.
2°, — Lorsqu'il s’agit de corps charnus hétérogènes, comme c’est le cas des affections pulmonaires, le son arrive en arrière partiellement déformé ct étouffé.
3°. — Enfin, lorsqu'il traverse le poumon sain, le son s'entend à peine.
Ce phénomène est ÉOREOTLE aux données de la physique théorique
Les corps denses et homogènes transmettent parfaitement l’ébranlement sonore.
Les corps de faible densité et hétérogènes sont de très mauvais conducteurs du son.
Interprétation du son mat.
Le son mat présente deux caractères particuliers qu'il s’agit d'expliquer.
1°. — La faible intensité; 2°. — La tonalité relativement élevée.
L’intensité. — De l'énergie du choc digito-digital,
une partie s’épuise à ébranler ces corps denses.
Cette quantité d'énergie perdue est proportionnelle à l'épaisseur : ainsi une épaisseur de cinq centimètres suffit à absorber toutes les vibrations.
D'autre part, les ondes sonores se réfiéchissent à la périphérie de la masse dense, comme les ondes lumineuses à la surface de séparation de deux milieux différents, et n'intéressent que très peu l'air ambiant chargé de les transmettre à l’éreille.
Un excellent exemple en est fourni par la percussion d’un tronc d'arbre à l’une de ses extrémités. L’oreille appliquée sur l’autre extrémité entend très
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bien le choc, alors qu’il est inaudible pour un observateur, situé à la même distance, qui s’en remettrait à la transmission par l'air.
La tonalité et le timbre. — Une autre constatation, c'est la rapide montée de la’ tonalité vers les notes aiguës quand on percute une cavité à travers une épaisseur de plus en plus importante de tissus absorbants.
Nous avons vu plus haut que ces tissus semblaient absorber avec prédilection les ondes de grandes longueurs d’onde.
c) — Rôle de la distance.
Cette étude, jusqu'ici, s’est bornée à la compréhension des phénomènes engendrés par des excitateurs situés immédiatement sous le doigt percuteur.
Mais, sous l'impulsion de PIoRRY, la percussion a cherché à gagner en profondeur au moyen dé la percussion profonde.
Or, un fait est indiscutable : c’est la dégradation progressive de tous les caractères acoustiques avec l'éloignement.
Le rôle de la distance peut être considéré à un double point de vue ;
1°. — Sa valeur dans le diagnostic des états physiques profondément situés. Encore convient-il de dis-
tinguer deux cas HE Les états anatomiques sans rapport avec la paroi.
Les grandes cavités ou les condensations pulmonaires séparées de la paroi thoracique par un pneumothorax, ne donnent aucun signe à la percussion.
La paroi thoracique forme avec l'air du pneumothorax un excitateur indifférent aux conditions physiques intra-pulmonaires. = — Les états anatomiques en rapport avec la paroi.
C’est dans le cas où la paroi peut être influencée
par la présence d’un corps situé à distance, que la percussion peut rendre service.
Une masse dense intra-pulmonaire peut coïnprimer le parenchyme alvéolaire compris entre elle et la paroi. La périodicité des vibrations de la paroi thoracique est alors modifiée et on perçoit un changement de son.
Ainsi s'explique, sans doute, la matité postérieure découverte par GERME dans l’hypertrophie de l’oreil- . lette gauche. L’oreillette, à distance de la paroi, comprime en arrière le poumon où se produisent des phénomènes de stase.
20, __ Sa valeur topographique.
Il s’agit d'apprécier la précision des limites entre les différents sons.
Dans le cas typique de l'hydropneumothorax, la couche supérieure du liquide est perpendiculaire à la paroi.
Or, la percussion révèle, entre le tympanisme et la matité absolue, une hauteur plus ou moins importante de submatité. HE
Ceci tient à ce que l'énergie du choc digito-digital diffuse dans les deux milieux par l'intermédiaire de la paroi.
Si, dans le cas le plus franc, la percussion n'indique les limites qu'avec une précision relative, a fortiori, les dimensions des cavités ou des condensations pulmonaires dont les parois s’éloignent progressivement de la paroi seront-elles encore plus difficiles à apprécier avec précision.