L’INTENSITÉ
L'intensité a deux définitions :
— l’une est physiologique : c’est cette qualité du son qui se traduit par des sensations plus ou moins fortes ;
— l’autre est physique, quantitative : basée sur l’amplitude de l’onde sonore.
Une bonne étude de l'intensité requiert des conditions identiques; il y a, en particulier, deux facteurs que l'opérateur peut contrôler à son gré et rendre invariables
— l'énergie du choc excitateur, — la distance.
L'énergie du choc excitateur.
D'une manière générale, l'intensité du son dépend de l'intensité de l'excitation. |
Mais, les fortes excitations entraînent de graves inconvénients :
1°) L'énergie du choc excitateur est difficilement contrôlable, et ceci pour deux raisons :'
a) la mesure subjective de la force musculaire dépensée est dénuée d’exactitudes
b) la preuve de l'égalité des excitations par l'égalité des sensations ne tient pas à l'expérience : l'oreille est un médiocre instrument pour juger de l'intensité des sensations.
2°) Le bruit digito-digital est si fort, qu’il tend à masquer les vibrations de l’appareil thoracique.
3°) Les masses de tissus et d’air ébranlées sont trop importantes pour que la percussion possède la moindre précision.
La percussion « profonde », qui exige une excitation très forte, ébranle des masses considérables d’air et de tissus. Elle engendre des bruits parasites d’une telle intensité que son intérêt est nul et que l’on doit systématiquement la rejeter. |
Trop souvent, on se laisse aller à percuter avec une intensité qui permet au son de s’entendre à une distance de quelques mètres. Bien que, de cette manière, les masses d’air et de tissus excités, soient moindres, elles sont encore beaucoup trop importantes, et les résonances secondaires trop fortes pour que l’on puisse en tirer des renseignements intéressants.
La percussion, pour qu'elle puisse se prêter à de fructueuses déductions, vise à obtenir un bruit produit par les vibrations d’une surface réduite de la paroi et d’une minime masse d'air située à son contact. Il est évident que la précision est d'autant plus grande que la masse des corps ébranlés est petite, c’est-à-dire que l'excitation est faible. ;
La meilleure facon de percuter « honnêtement, impartialement, c’est-à-dire d’une manière tout à fait uniforme », selon l'expression de FRIEDRICH MÜLLER, consiste à provoquer le choc minimum capable de produire un son au seuil de l’audibilité pour une oreille située à une distance de vingt centimètres du lieu de percussion. Cette excitation résulte d’un choc très léger de l'extrémité de l’index ou du médius droit sur le médius
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gauche dont il est distant de quatre ou cinq centimètres seulement. Comme l'épaisseur des muscles et du tissu graisseux de la paroi est inégale, et que les sons varient d'intensité, l'excitation seuil susceptible de produire la sensation seuil nécessite de légères corrections (ainsi que l'indique RIST) qui se font alors automatiquement. Ce procédé est la percussion liminaire.
La distance. :
Habituellement, l'oreille se tient à quarante centimètres environ du thorax que l’on percute. Mais l’intensité des excitations est telle que le son peut s’entendre beaucoup plus loin; ces fortes excitations, l'oreille ne peut les comparer que grossièrement.
Par contre, dans la percussion liminaire, l'oreille n’est séparée du thorax que d’une distance de vingt centimètres, distance suffisante pour permettre le mouvement du doigt percuteur qui ne s'éloigne de la phalange percutée que de quatre ou cinq centimètres. L’avantage de ce procédé est de faire de la distance et de l'énergie du choc percuteur deux valeurs corrélatives. Comme la distance peut être exactement mesurée, il va de soi que le contrôle de l'excitation seuil est très aisé.