‹ La Percussion du Poumon: Étude Théorique et CliniqueChapitre 20 sur 41 · LEO · texte numérisé non relu

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SELLING, CASTEX, MAY et LINDEMANN ont ainsi reproduit des graphiques de sons mats, pulmonaires, tympaniques.

Mais leur interprétation est extrêmement délicate et ceci pour des raisons physiques qui peuvent fausser les résultats.

a) — L’'inertie des systèmes vibrants, qu'il est impossible d'éliminer complètement.

b) — Leur période propre; la résonance peut, provoquer de grandes oscillations, lorsque la période de la membrane correspond à la période d’un des sons simples qui composent les sons habituels.

c) — La tonalité des sons elle-même, puisque l’intensité est proportionnelle au carré de la fréquence; comme l’on sait que les tonalités des sons de percussion peuvent différer de plusieurs gammes, aucune commune mesure n’est possible.

En conséquence, on ne pourra retenir de l’analyse des courbes que des notions très sommaires.

2°. — La méthode acoustique.

Cette méthode se propose de juger de l'intensité des sons en se basant sur l'intensité des sensations, autre-. ment dit, elle cherche à établir une relation mathématique entre une donnée physique et une donnée physiologique.

L'expérience capitale est celle de SELLING, rapportée par RIST.

Un opérateur percute la cuisse ; un observateur s'éloigne jusqu’à la distance maximum à laquelle il entend le moindre bruit. On mesure la distance de l’observateur au point de percussion.

Dans un deuxième temps, l’opérateur percute la région sous-claviculaire, pendant que s'éloigne l’observateur.

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On trouve ainsi que le son pulmonaire normal s’entend à une distance cinq fois plus grande que le son mat.

Donc, en appliquant la loi de la distance, le son pulmonaire serait vingt-cinq fois plus intense que le son mat.

FECHNER y introduit un correctif : sa loi psychophysique, selon laquelle les sensations varient suivant le logarithme de l’excitation.

En d’autres termes, il existerait entre l’excitation et la sensation un rapport mathématique.

A la réflexion, cette proposition n’emporte guère la conviction.

Et les raisons qui en ruinent l'intérêt sont de deux ordres

— des raisons d'ordre physique, —des raisons d'ordre physiologique.

— Les raisons d'ordre physique.

a) — Comme précédemment, la comparaison ne peut

être faite qu'entre deux sons de même tonalité, ce qui n’est pas très souvent le cas.

b) — Ce ne sont pas deux intensités différentes . que l’on compare, mais deux « intensités seuil » que l’on relie par une loi physique.

c) — Des interférences faussent sans cesse les résultats.

— Les raisons d'ordre physiologique.

C’est le nœud du problème. Il s’agit de savoir si les sensations et les excitations peuvent avoir une commune mesure.

FECHNER et les psycho-physiciens l'ont affirmé, qui avançaient que la sensation varie comme le logarithme de l'excitation.

Cette mesure précise des sensations se heurte aux constatations du bon sens.

Certes, il faut admettre avec BERGSON que les sensations « sont manifestement liées à leur cause extérieure et, quoique l'intensité de la sensation ne se puisse définir par la grandeur de sa cause, il existe sans doute quelque rapport entre ces deux termes ».

Mais aucun procédé ne peut chiffrer l'intensité de la sensation. La psycho-physique n’est bien qu’ « une interprétation symbolique de la qualité en quantité ».

En définitive, l'oreille est encore le moyen suffisant et commode de juger de l'intensité des sons, bien que « elle puisse se tromper de 12 % dans l'estimation de l'égalité et que pour des sons très intenses l'erreur puisse dépasser 50 % » (BOUASSE).

Pratiquement, dans les cas francs, les seuls qu'il y ait lieu de retenir, l'oreille donne une approximation suffisante de l'intensité des sons.

Le son tympanique d’un grand pneumothorax, le son pulmonaire, sont manifestement HEAUcOu plus intenses que la matité.

Mais, pour de petites cavités, il faut se garder de trop de précision; d'autant plus que les autres qualités du son interviennent : la tonalité et le timbre.

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