‹ La Perichole operabouffe en deux actesChapitre 10 sur 88 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DON ANDRÉ S, intrigué et se levant.

Pourquoi ses chevaux? .... C’est égal, cet homme a de bons sentiments... et un bel organe... A en juger par son costume ,

il doit être de la ville. (Allant à un autre buveur qui est assis sur le banc à droite... Ce sont les deux hommes désignés par don Pedro à la

scène troisième.) A en juger par votre costume à vous, monsieur, vous êtes de la campagne?

DEUXIÈME BUVEUR, se levant.

Avec respect.

DON ANDRÈS

Vous dites ?

DEUXIÈME BUVEUR

Je suis, moi.de la province de Lampa.

DON ANDRÈS

Belle province!... célèbre par ses moutons... Vous ôtes éleveur?...

DEUXIÈME BUVEUR

Par obéissance.

DON ANDRÈS

Comment?...

DEUXIÈME BUVEUR

Eh bien! oui,... je suis... ce que vous venez de dire...

j’ai des moutons, quoi

DON ANDRÈS

Et cela va-t-il un peu, les moutons ?

DEUXIÈME BUVEUR

Ca ne va pas mal.... ça ne va pas mal. ... Seulement, pas assez de grati Beat ions

DON ANDR ÈS, étonné.

Comment, pas assez de?

DEUXIÈME BUVEUR

Eh ! non... parce que, trtic supposition que le bourgeois rentre passé minuit, il devrait donner quelque chose...

DON ANDRÈS

Ah çà! mais... vous n’ôles donc pas éleveur?

DEUXIÈME BUVEUR

Si fait... je suis... j’ai des moutons, quoi

Mais alors, si vous ôtes éleveur

DEUXIÈME BUVEUR

AhI mais... vous savez faut pas me pousser

DON ANDRES, à lui-mème.

Ah!..... mon Dieu, qu’on a de peine à savoir la vérité... (Au deuxième buveur.) Etce monsieur avec qui j’ai causé tout-àl’hcure... est-ce qu’il est aussi, lui, pour animer?..

DEUXIÈME BUVEUR

Qui çà? le cocher?... un peu qu’il est ici pour...

DON ANDRÈS

Alors, comme çà, ici, vous vous connaissez tous?... (Musique à l’orchestre. — Entre par le fond, ù gauche, Panatellas déguisé en chef indien. — Le premier buveur quitte sa table et se perd daus la foule-) DEUXIÈME BUYEUR.

Non... pas tous... (Montrant à don Andrès le chef indien, qui vient d’entrer.) Voilà un particulier que je ne connais pas...

Il se rassied. >

DON ANDRES, pendant que l’Indien traverse le théâtre, en se dirigea» vers le fond à droite.*

AhI un sauvage!... voilà mon affaire. — (Élevant la voix.) A moi, Chef... (L’Indien s’approche de lui.) DcïlX mOlS?

l’indien.

Que demande le visage pâle à son frère le visage rouge?

DON ANDRÈS

Lavéritél... tu me la diras?... -

l’indien.

Si je ne te la dis pas, tu me mangeras.

don andrès.

Viens alors... je te mangerai... c’est convenu.

U sort avec l’Indien par la droite. — Quand Don Andrès et Panatellas sont hors de vue, une nouvelle musique se fait entendre à l’orchestre. — Tous les regards de la foule se dirigent alors vers le fond à droite par où arrivent la Périchole et Piquillo, chanteurs ambulants, pas riches du tout, portant guitares en sautoir. — Us descendent sur le devant de la

* Don Andrès, l’Indien.

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