‹ La Périgastrite adhésive dans l'ulcère de l'estomacChapitre 28 sur 61 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les antécédents, les signes généraux, les examens de laboratoire.

L'étude des antécédents montre l'existence de signes plus ou moins lointains d’uleus gastrique. C’est grâce à l'existence de ces derniers que le diagnostic éliologique peut être posé, car la symptomatologie des périgastrites varie peu suivant la cause dont elles relèvent (Dupouy).

Bien que l’ulcus soil la cause la plus fréquente des périgastrites, les adhérences peuvent être dues à toutes les lésions atteignant le péritoine périgastrique, soit extragastriques (traumatismes, tuberculose péritonéale, péritonites locales, lésion hépatique, hthiase des voies biliaires, affections pancréatiques, etc.), soit gastriques (cancer, tuberculose (Ricard et Chevrier), syphilis). Seuls, parfois, les antécédents permettent d'arriver presque certainement au diagnoslic étiologique

La périgastrile ulcéreuse, disaient Hofmeister et C. Schwartz, avec les premiers auteurs qui s’en sont occupés, ne se rencontre que dans le sexe féminin : les premières observations ne concernent en effet que des femmes. Mais, sur 132 cas où le sexe est indiqué dans nos observations, nous trouvons 60 hommes. Il n'y a donc qu’une légère différence de fréquence dans les deux

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sexes. L'âge a une tout autre importance : sur 137 obs. où il est signalé, les malades ont 30 ans et plus dans 109 cas, et 69 de ces derniers ont 40 ans et plus, c’està-dire l'âge du cancer gastrique dans la moitié des cas.

En général, les malades atteints de périgastrite adhésive ont un long passé gastrique. Sur 136 observations où la date du début des troubles est notée, les troubles gastriques remontent à 10 ans et plus dans 51 cas, et dans 11 cas ils remontent à « des années ». Ce sont donc les vieux ulcères qui créent les adhérences périgastriques. Il est possible du reste que les adhérences entretiennent l'ulcère en entravant sa rétraction. Les signes de l’ulcus sont en général assez nels pour qu'on en puisse faire certainement le diagnostic. Parfois ces signes ne sont pas au complet, mais 1l n'y a là rien de spécial à la périgastrite. Il est intéressant de savoir cependant si l’ulcus est encore ou non en évolution au moment de l'examen. * Malheureusement nous n'avons que peu de signes à notre disposition pour fixer ce diagnostic. Parmi les observations de malades opérés provenant du service de M. A. Mathieu, les hématémèses manquent dans 12 cas: dans 7 cas, la dernière hématémèse est assez rapprochée de l’opération : elle remonte à un mois au moins (obs. XVII, XIV, IV) à un an (obs. XIIT) au plus.

La réaction de Weber, si elle était assez souvent pratiquée, pourrait peut-être nous donner quelques renseignements. Dans un cas, en effet, où ne sont notés ni les hématémèses ni les melæna, elle est positive (obs. VIT.

Très souvent, l'état général est gravement compromis, soit par suite de la restriction alimentaire volontaire,

quand l'ingestion des aliments détermine de vives douleurs, soit à cause de la fréquence des vomissements. L'amaigrissement est souvent rapide et considérable. Il est rare que l'appétit fasse défaut.

L'étude de la température devrait fournir des renseignements intéressants. La réaction péritonéale doit s'accompagner au moins à un moment de son évolution d’une élévation de la température (Duplant, Langlais). Nous trouvons ce fait noté dans quelques observations, mais trop rarement pour que nous puissions en tirer des conclusions. Cependant, ces quelques observalions suffisent à réfuter l'affirmation de Bouquet de la Jolinière, et de Dupouy, pour lesquels l'absence de réaction fébrile serait de règle dans les périgastrites. L'absence de fièvre est cependant notée dans 2 observations (I et #7).

De l'examen du suc gastrique, on ne peut rien déduire pour ou contre l'existence de la périgastrite. Il est ce qu'il est dans l’uleus en général. Parfois, l’analyse donne un chimisme normal. Plus souvent 1l y a hyperchlorhydrie; rarement il y a anachrohrydrie {10 observaions).

L'analyse du sang devrait être plus souvent pratiquée, car, aux phases aiguës ef subaiguës de la périgastrite, on devrait trouver une réaction leucocytlaire en rapport avec les phénomènes inflammatoires. Le fait est noté dans l'observation I : 1l est vrai que la clinique suffisait à faire le diagnostic. Cet examen n'a donné aucun résultat inléressant dans les obs. 34, 37, 77.

Nous avons écarté l’ictère de la symptomatologie de la périgastrite, parce qu'à la lecture des observations où il est décrit, nous avons toujours trouvé des signes relevant

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plus d’une cholécystite ou d’une lithiase bilhaire que d’un ulcus compliqué de périgastrite.

Que la périgastrite qui sténose le pylore puisse rétréair les voies biliaires, cela est possible, mais alors la sténose du pylore et l’ictère par rétention dominent assez la symptomatologie pour que la périgastrite passe inaper- | çue. Toutes les fois que l'ictère a été signalé sans sténose, on a lrouvé, à l'opération ou à l’autopsie, quelque chose dans la vésicule biliaire ou à la tête du pancréas. L'exploration des voies biliaires est parfois tellement insuffisante que nous n'avons pu lenir compte de certaines observations. Il nous paraît hors de doute que la péricholécystite réagit bien plus souvent sur le pylore pour le sténoser, que la péripylorite ne réagit sur les voies biliaires pour les rétrécir.

En terminant ce chapitre, qu'il nous soit permis de signaler une cause d'erreur sur laquelle a insisté M. A. Mathieu. Des sujets porteurs d'un ulceus peuvent présenter des crises de spasme douloureux du colon qui simulent la périgastrite par la localisation de la zone douloureuse, la réaction fébrile moins accentuée, l'évolution par crises ; mais alors les selles renferment une grande quantité de mucus et les crises paroxystiques coïncident avec les débâcles diarrhéiques. Il sera donc utile, toutes les fois qu'on soupçonnera l’existence d’une périgastrite, de s’enquérir de l’état des fonctions intestinales.

dit COR CR

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