INTRODUCTION
Les complications de l'ulcère de l'estomac sont aujourd'hui bien connues et leur thérapeutique chirurgicale nettement établie. Cependant, parmi ces complications, il en est une, la périgastrite adhésive, qui ne semble pas occuper, dans les ouvrages classiques, la place qu’elle mérite par sa fréquence et les difficultés opératoires qu'elle soulève. Les traités chirurgicaux la décrivent depuis longtemps et cependant les traités médicaux, même spéciaux, ne lui accordent qu’une description succincte, sinon une simple mention.
S1 les chirurgiens décrivent avec soin la périgastrite, c'est qu'ils la vencontrent fréquemment au cours des interventions de plus en plus nombreuses qu'ils pratiquent sur l'estomac. Elle les intéresse surtout au point de vue anatomique et opératoire. Il est clair que des adhérences, parfois très serrées, de l'estomac avec les organes voisins, créent des difficultés opératoires qui paraissent parfois insurmontables. Souvent aussi, il arrive que les adhérences semblent être seules responsables des troubles qui ont nécessité l'intervention, autant qu’un examen, toujours incomplet au cours de l'opération, permet de s'en rendre compte.
À la difficulté opératoire, qu'on peul vaincre ou
Me AE
tourner, s'ajoute une difficulté thérapeutique contre laquelle de nombreuses techniques ont été proposées, parmi lesquelles 1l faut choisir. Mais la périgastrite soulève plus qu'un problème de thérapeutique chirurgicale. Il semble bien, et c’est ce que nous allons tenter de démontrer, qu'elle constitue parfois à elle seule la cause de troubles douloureux retentissant vivement sur les fonclions gastriques el que l'examen exact des malades permet de la dépister le plus souvent.
Cette question de la périgastrite se rattache à la question plus large des adhérences péritonéales, dont l'étude récente permet l'explication de bien des phénomènes que les lésions viscérales étaient insuffisantes à faire concevoir. Nous savons aujourd’hui qu’elle est l’évolution des adhérences péri-appendiculaires et péricoliques. Nous savons qu'elles peuvent évoluer pour leur propre compte, alors que la lésion causale appendiculaire ou cæcale est éteinte. Le fait est encore plus nel quand cette lésion causale a fait l’objet d’une opération. Cela explique bien des phénomènes douloureux post-opératoires qu'on était tenté de mettre sur le compte d'une sensibilité exagérée. Autour de l'estomac il en va de même. Souvent les lésions ulcéreuses de la muqueuse s'accompagnent de réaction péritonéale. Cette réaction péritonéale périgastrique n’est pas différente de la réaction du péritoiné autour des viscères infectés.
Quel que soit le point de la séreuse où l'inflammation se développe, la réaction évolue sensiblement de la même manière. Suivant un schéma général, on peut dire qu'à une infection atténuée, sur un organisme résistant,