Von Brunn. Id
7 • Payr. Id.
CHIRURGIE DE L'ABDOMEN
lies dans des veines mésentériques, et a vu l’intestin réagir par une contracture spasmodique. Franke (*) pense qu’il s’agit d’une névrose intestinale traumatique, s’observant chez des sujets de souche névropathique, sans qu’il soit besoin que l’intestin ait été manipulé pendant l’intervention.
L’iléus mécanique est plus tardif et reconnaît des causes variables.
Le plus souvent, il s’agit de brides ou adhérences formées à la suite de l’opération, et sur lesquelles l’intestin vient s’étrangler; ailleurs, c’est l’intestin qui s’est tordu, ou s’est engagé sous une bride ou dans un orifice accidentel. Dans certains cas, par suite de la fixité de l'angle colique gauche, il en résulte une imperméabilité de cette portion intestinale.
On a également incriminé la position de Trendelenburg et la mobilité possible des anses grêles dans un abdomen délivré d’une énorme tumeur.
Fischer (*) a récemment attiré l’attention sur un mécanisme particulier. Il a observé trois cas à l’autopsie desquels il a trouvé une anse grêle avec son mésentère prise dans une anse de fil métallique qu’on avait placée pour fermer la paroi en masse (voir fig. 17). Ces cas méritent d’être signalés.
L’occlusion, dans tous ces cas, se révèle très vite. A la suite d’une opération parfois très simple, les vomissements postanesthésiques changent de caractère. Ils deviennent persistants, bilieux, plus tard alimentaires. Malgré la sonde rectale on n’obtient aucun soulagement du météorisme. Il y a arrêt absolu des matières et des gaz, et bientôt le diagnostic d occlusion s’impose.
Au début, alors qu’on n’observe que du tympanisme, on peut encore espérer qu’il ne s’agit que de troubles passagers, et on pourra parfois, grâce à un lavement simple ou électrique,
1. Franke. Zentralblatt fiir Chirurgie, 1908, n° 44, 3i octobre.
2. Fischer. Deutsche Zeitschrift für Chir., 1908, t. XCI\ , fasc. 1 >
août, p. 106.
LAPAROTOMIES.
j vojr les symptômes menaçants disparaître. Mais si ces moyens j ne réussissent pas, il ne faut point perdre un temps précieux, et on interviendra au plus vite pour lever la bride, dégager l’intestin, replacer une anse, drainer une péritonite, ou se résoudre, après des investigations infructueuses, à une simple entérostomie.
Si on suppose une occlusion spasmodique, on devra, avant de recourir au traitement chirurgical (entérostomie), administrer de la morphine à hautes doses et de grands lavements qui suffisent souvent à écarter les accidents. Si l’occlusion reparaît quelques jours plus tard, il faudra de nouveau instituer le traitement.
Dilatation aiguë post-opératoire de l’estomac et du
duodénum. — Après avoir fait l’objet en Allemagne et en Amérique de nombreux travaux parmi lesquels il faut citer iceux de Kundrat(‘), Müller (1 2), Robinson (3), Kelling (4), la dilatation aiguë post-opératoire de l’estomac est signalée par M. Reynier au Congrès français de chirurgie de igo3; la question vient devant la Société de chirurgie en 1900 où |MM. Chavannaz, Legueu, Borchardt, Hartmann en rapportent de nouvelles observations. Puis les travaux se multiplient
Fig. ij. — Occlusion intestinale post-opératoire [d'après Fischer). Un des fils de la paroi étrangle une anse intestinale.