‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 136 sur 299 · Leriche. Lyon médical, 1908, i5 mars, n" 11, p · texte numérisé non relu

Leriche. Lyon médical, 1908, i5 mars, n" 11, p

CHIRURGIE DE L'ESTOMAC

1 904 jusqu’en avril 1906, 63 gastrectomies ne leur donnent que 6 morts, soit 9,5 pour 100. Ils ont eu une série de 2 5 cas avec 1 seul décès, et concluent que la mortalité actuelle des cas opérables est de 10 pour 100, celle des cas favorables de 5 pour 100. »

COMPLICA T ION S P OS T- OPÉRA TOI RE S

Les accidents post-opératoires sont moins nombreux après la pylorectomie qu’après la gastro-entérostomie. Si le malade échappe à une des complications immédiates telles que le shock, la péritonite, l’embolie, la dilatation aiguë, etc., il est moins exposé à des suites fâcheuses après la résection qu’après l’anastomose gastrique. Nous ne signalerons donc que les quelques rares accidents décrits, les hématémèses, les fistules, l’obstruction intestinale.

Hématémèses. — Il arrive assez fréquemment qu’après une pylorectomie ou une gastrectomie le malade ait un ou deux vomissements noirâtres. Ceux-ci se manifestent le jour même de l’opération ou le lendemain, parfois plus tard, vers le quatrième ou le cinquième jour. Ils sont le plus souvent peu abondants et isolés; on doit les rapporter au léger suintement sanguin qui a pu se produire à la suite de l’opération déterminant une petite gastrorragie qui s’évacue par hématémèse. En général, ces vomissements cessent spontanément. S’ils se reproduisaient, on les traiterait par la glace, l’opium à petites doses et les potions d’ergotine ou de percblorure de fer.

Fistules duodénales. — Les fistules ne sont pas rares après la gastrectomie pour cancer. Daneel en a observé 7 cas à la clinique d’Heidelberg en 8 ans. Quelques-unes se fermèrent spontanément après un temps plus ou moins long; les autres nécessitèrent une suture secondaire.

Elles sont surtout fréquentes après le Billroth IL Pendant toute la durée de l’écoulement, on laissera la mèche en place.

GASTRECTOMIE. — PYLORECTOMIE.

On pourra néanmoins la raccourcir petit à petit pour l’enlever vers le dixième jour. Il reste alors une fistule par laquelle s’écoule pendant un temps plus ou moins long un liquide hématique ou bilieux qui témoigne du siège duodénal de la fistule.

Ces fistules se ferment en général spontanément, mais il est des cas où elles épuisent le malade et déterminent la mort.

Dans certains cas, elles sont la cause de formation d’adhérences qui peuvent déterminer ultérieurement une sténose mortelle, comme dans les cas d’Qestreich ('), où, 3 ans après une résection pylorique compliquée de fistule duodénale, se déclarait une occlusion par brides du côlon transverse.

Occlusion intestinale. — Dans les cas où la continuité du tube digestif a été rétablie à l’aide d’un bouton de Murphy, on peut observer ultérieurement des accidents d’occlusion par arrêt du bouton dans l’intestin (Dœrfler). Cet accident ne présente rien de bien particulier, et doit être traité par la laparotomie et l’entérostomie.

RÉSULTATS ÉLOIGNÉS

La gastrectomie pour cancer est une opération qui, à l’heure actuelle, ne donne pas encore les résultats qu’on devrait en attendre. Trop souvent la récidive survient à brève échéance ne donnant qu’une légère survie. Dans les cas heureux, la survie peut être plus longue, mais, avant de considérer le malade comme complètement guéri, il faut savoir attendre, car on a vu des récidives se produire au bout de 9 à 10 ans. La statistique de Czerny(8) portant sur 52 malades ayant survécu a 1 opération donne 36 récidives dans les trois premières années, sauf un cas qui ne récidiva qu’au bout de 9 ans 1/2.

1. Oestreich. Réunion libre des chirurgiens de Berlin, 8 mars iqoq. 1908). C0Ugres de la Soc ■ tntern. de Chir. (Bruxelles, 21-25 septembre

CHIRURGIE DE U ESTOMAC

Celle de M. Hartmann^) se décompose ainsi :

16 morts opératoires;

3 malades perdus de vue;

11 récidives entre 5 mois 1/2 et 6 ans;

9 survies sans récidive après 1 an 1/2 à () ans;

1 guérisons récentes;

1 mort après 1 1 mois par cancer de l’œsophage;

1 mort après 2 ans par cancer du côlon (occlusion);

1 mort après 6 mois par accidents pulmonaires.

Dans une étude très intéressante, M. Leriche (*) a pu réunir ' 94 survies de 3 ans ou plus, sans récidive au début de la troisième année.

« Parmi ces cas, dit-il, il y eut 5 récidives ultérieures; restent donc 89 cas pour lesquels on peut, sous réserve de l’avenir, parler de guérison définitive, le plus ancien datant de 16 ans et 3 mois, & de 10 années au moins, et 3q autres de 5 à 10 ans. »

Toutes les formes actuellement connues du cancer de l’estomac sont curables par la gastrectomie; il n’y en a pas qui récidivent plus facilement que d’autres si l’extirpation est bien faite. Les guérisons durables semblent être de 20 pour 100.

Au point de vue de l’état ultérieur de l’opéré, nous pouvons affirmer, sans hésitation, que les suites sont beaucoup plus simples qu’après la gastro-entérostomie.

La digestion se fait très facilement; ces opérés mangent avec appétit et supportent très bien la viande et les graisses.

M. Leriche (*) rappelle le cas d’une malade de Kocher, opérée depuis 6 ans et 3 mois, qui a même gardé les habitudes d’alcoolisme qu’elle avait auparavant.

Après l’opération, les réséqués reprennent leurs forces premières et peuvent travailler sans trop de fatigue.

1. Hartmann. II" congres de la Soc. intern. de Cliir. (Bruxelles, îi-25 septembre 1908).

2. Leriche. Résultats éloignés de la résection de l’estomac pour cancer. Revue de médecine , 1907, n" 2, 10 février, p. 127.

GASTRECTOMIE. — PYLORECTOMIE.

Leur chimisme gastrique est cependant modifié. L’examen après repas d’épreuve montre que l’acide chlorhydrique est encore sécrété en quantité insuffisante, et que quelques-uns ont de l’acide lactique.

« Habituellement, dit M. Leriche('), la motricité gastrique est satisfaisante ; les gastrectomisés n’ont ni nausées, ni vomissements. Ils peuvent manger à leur faim, bien que parfois la réduction de la cavité stomacale ne leur permette guère des repas trop copieux. La sonde, en tout cas, ne montre pas de rétention après quelques heures. Il semble même que leur estomac se vide plus vite qu’à l’état normal; trois quarts d’heure après un repas d’épreuve, il n’y a plus rien dans l’estomac. Au point de vue intestinal, les fonctions sont normales. »

L’étude de la fonction gastrique après la résection de l’estomac a été faite chez 8 malades de Czerny (*) : la fonction motrice n’a été nullement «modifiée chez les 8 opérés, qui n’ont présenté qu’une diminution ou absence d’acide chlorhydrique et de pepsine.

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