Tuffier. Bull Soc. de Chir., 7 mai
p 1 2656°NAS’ ArChiV' fÜr Verdaminës-Krankheiten , t. XIV, fasc. G, 190S,
CHIRURGIE DE L'ESTOMAC
régurgitations acides, des vomissements. L’état général s’altère très vite et la dénutrition est rapide. Mais la palpation n’est pas douloureuse, la dilatation n’est pas considérable, la stase est insignifiante, l’augmentation de la chlorhydrie est minime.
Ces crises sont plus ou moins rapprochées, mais tout disparaît assez rapidement si on met immédiatement le malade au repos gastrique.
Dans certains cas, les troubles sont plus légers et peuvent se manifester isolément ou associés entre eux.
C’est ainsi que les douleurs peuvent réapparaître, tantôt violentes, parox}rstiques, avec les mêmes caractères qu’avant l’opération, tantôt légères sous forme de tiraillements, de brûlures, de crampes, mais de courte durée.
Les vomissements accompagnent souvent les douleurs. Ils sont aqueux, bilieux, rarement alimentaires. Les vomissements aqueux ne sont le plus souvent que de simples régurgitations acides, légèrement teintées de bile, apparaissant trois à quatre heures après les repas. Ils sont dus à la persistance de l’irritabilité gastrique, ou à une irritation nouvelle de la muqueuse.
Il est exceptionnel de voir persister la constipation. En effet, « parmi les résultats les plus intéressants de la gastroentérostomie, dit Degorce (*), il faut citer le retour des fonctions intestinales; à la constipation opiniâtre, qui est la caractéristique des dyspepsies sténosiques, succède une régularité remarquable des selles ». Mais cette régularité ne persiste généralement pas, et à la suite d’excès, on voit revenir la constipation.
Ces différents troubles entravent l’alimentation, retentissent sur l’état général (amaigrissement, anémie) et font vite perdre au malade le bénéfice de son opération.
Aussi, dès leur apparition, faudra-t-il rétablir un régime
i. Degorce. Th. de Paris, 1902.
GA S TR O-ENTÉROS TOMIE.
sévère si on ne veut pas voir, à brève échéance, apparaître le syndrome dyspeptique. Le meilleur traitement diététique sera celui qu’on avait préconisé immédiatement après la gastro-entérostomie.
En cas de crise aiguë, les applications chaudes sur l’épigastre, le pansement bismuthé pourront momentanément calmer les douleurs, mais le seul traitement curatif sera la mise au repos de l’estomac.
Certains symptômes seront cependant avantageusement combattus par un régime particulier.
C’est ainsi qu’en présence de douleurs légères MM. Parmentier et Denéchau (*) recommandent le lait à raison de un litre ou un litre et demi par jour et des bouillies, qu’on fera suivre de pâtes, riz, puddings, à mesure que la crise se calmera. En tous cas, « ce n’est que lentement et progressivement, que l’on reviendra au régime primitif. — MM. Parmentier et Denéchau. »
« En cas de diarrhée, le lait, le bouillon, la viande, les légumes verts, les fruits seront supprimés. Les bouillies, les pâtes, le riz, les puddings et, comme boisson, l’eau ou les infusions donnent les meilleurs résultats. Souvent même ni le bismuth, ni l’opium ne sont nécessaires. »
Troubles intestinaux. Diarrhées. — Notre regretté maître, M. le professeur Terrier, a depuis longtemps signalé ces troubles consécutifs à la gastro-entérostomie. Caractérisés par des coliques et des diarrhées se manifestant quelques mois après l’opération, ils sont dus aux conditions nouvelles dans lesquelles est obligé de fonctionner l’intestin. En créant une voie nouvelle aux aliments, la gastro-entérostomie exclut le duodénum dont le rôle physiologique dans le fonctionnement de l’estomac et de l’intestin nous a été révélé dans ces dernières années. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que des modifications se produisent par la suite dans la digestion et l’absorption intestinales.
i. Parmentier et Denéchau. Semaine médicale , 9 octobre 1907.
MERCADÉ. tq
CHIRURGIE DE L'ESTOMAC
MM. Bréchot et Glaret (') ont recherché, par l’analyse chimique des selles de deux gastro-entérostomisés, quelles étaient ces modifications.
Ils ont constaté une notable diminution de l’absorption des graisses et rappellent que Kelling et Rosenhain ont signalé, chez les gastro-entérostomisés, la digestion imparfaite du blanc d’œuf.
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GASTRECTOMIE - PYLORECTOMIE
La pylorectomie est l’intervention de choix dans les tumeurs ou lésions chroniques du pylore de quelque nature qu’elles soient. Mieux que la gastro-entérostomie, elle rétablit les conditions normales de fonctionnement du tube digestif et donne ainsi des résultats éloignés plus satisfaisants. Trois procédés nous permettent, à l’heure actuelle, de faire l’ablation du pylore : le Billroth, première manière (anastomose terminoterminale), le Kocher (anastomose termino-latérale), le Billroth, deuxième manière (anastomose latéro- latérale).
Les soins dont on doit entourer ces opérés sont les mêmes dans les trois cas.
Les résultats opératoires et les accidents ultérieurs sont un peu différents pour chaque procédé, mais les suites éloignées sont presque toujours excellentes.
SOINS CONSÉCUTIFS
Après la pylorectomie, le malade devra être remonté comme après la gastro-entérostomie. On lui fera les trois premiers jours des injections de sérum de 1 litre à 1 5oo grammes, et
j. Bréchot. Contribution à l'étude de la pylorectomie. Th. de Paris.
GASTRECTOMIE. — PYLORECTOMIE.
des piqûres d’huile camphrée. On le maintiendra à la dièteabsolue le jour de l’opération. Le lendemain, on lui fera boire de l’eau de Vichy ou de Vais par toutes petites quantités.
Si le malade est très déprimé, on pourra lui donner aussitôt après l’opération un lavement alimentaire composé de 3o grammes de lait peptonisé; 3o grammes d’eau; XX gouttes de cognac.
Ce lavement sera renouvelé toutes les quatre heures les deux premiers jours, puis toutes les six heures.
Le troisième jour, on lui donnera du lait toutes les deux heures, et on s’en tiendra à l’alimentation lactée jusqu’au sixième ou septième jour. On commencera alors les potages et les œufs.
Jusqu’à la troisième semaine, le malade sera nourri avec des potages au lait ou au tapioca, des bouillies, des purées, etc.
Les fils seront enlevés au dixième jour, et le malade pourra se lever dès le lendemain.
MORTALITÉ
La mortalité post-opératoire a été de 28,8 pour 100 pour les gastrectomies exécutées à la clinique de Heidelberg, de i$q8 à 1900 (*), et les morts furent dues au collapsus, à la péritonite, à l’hémorragie, aux affections pulmonaires.
Leriche f) dans une excellente thèse sur la résection de l’es tomac pour cancer donne les chiffres suivants :
Billroth, ir0 manière. . 2 33 cas. 77 morts. 33 pour 100
Kocher 200 cas. 43 morts. 21,5 pour 100
Billroth, 2° manière. . 348 cas. 107 morts. 3o,8 pour 100
« Les frères Mayo, dit M. Leriche (1 * 3), ont récemment fait connaître leurs résultats des dernières années. Du 1e1' janvier
1. Daneel. Étude sur les cancers de l’estomac observés à la clinique de Heidelberg, de 1898 à u)o5. Beilrage 7 ur klin. Chir., 1908, t. LIX fasc. 2, p. 283 et Journ. de Cliir., octobre 1908, p. 731.
a. Leriche. Résection de l’estomac pour cancer. Th. de Lyon , 1906.