‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 162 sur 299 · Morestin. Loc. cit · texte numérisé non relu

Morestin. Loc. cit

CHIRURGIE DE L'INTESTIN

Localisée dans le tissu cellulaire pelvien, elle détermine la formation soit d’un phlegmon localisé , soit d’une cellulite pelvienne généralisée.

Le phlegmon localisé siège en général à la partie postérieure du rectum. Il s’accuse par les phénomènes phlegmasiques habituels à tout abcès et doit être traité par l’incision rapide.

La cellulite pelvienne est le terme le plus grave de l’infection du tissu cellulaire pelvien. Elle apparaît du troisième au sixième jour, se manifestant par une élévation de température assez considérable et une douleur très vive au niveau de la région sacrée. L’état général est immédiatement inquiétant (état saburral des voies digestives, frissons, insomnie, délire, etc.).

Localement, les tissus changent de coloration, s’cedématient et se mortifient si on ne donne pas issue au pus et aux éléments mortifiés.

La suppuration du tissu cellulaire pelvien peut déterminer des désordres très étendus. Elle a pu, dans certains cas, produire des nécroses partielles ou totales du sacrum réséqué temporairement, des suppurations du canal sacré, parfois même des méningites. On lui attribue la névrite des nerfs sacrés observée dans certains cas.

Si l’infection gagne le péritoine, elle déterminera soit des abcès enkystés, soit une péritonite mortelle.

Elle peut encore, grâce aux nombreux vaisseaux sanguins, aboutir à une septicémie ou une pyohémie.

Le traitement de l’abcès sous-cutané devra donc être très énergique dès le début. On l’ouvrira largement et on fera des pulvérisations phéniquées répétées et de longue durée.

2° Hémorragies. — Les hémorragies peuvent avoir pour origine le rectum ou les vaisseaux de la région. Dans le premier cas, elles sont dues à un suintement au niveau des sutures; dans le second, à une hémostase insuffisante.

« M. Ricard, dit M. Morestin ('), a perdu de cette façon, à l’Hôtel-Dieu, un malade auquel il avait fait subir l’opération de Kraske. Tout s’était bien et rapidement passé, et l’on pouvait légitimement espérer un beau succès. Mais l’opéré mourut le lendemain. A l’autopsie, on trouva 2 litres de sang dans le péritoine. Rien n’avait transsudé à travers la plaie extérieure exactement fermée. Le sang avait librement coulé dans le péritoine par l’ouverture très large pratiquée à cette séreuse. »

3° Gangrène du rectum. — La gangrène de l’intestin, qui s’observe après les opérations par la voie sacrée, est soit d’origine ischémique, soit d’origine septique.

Elle est tantôt limitée à la muqueuse, tantôt étendue à toute l’épaisseur du cylindre rectal.

Son étendue en hauteur est également très variable.

Elle aboutit en général à l’ouverture dans le tissu cellulaire péri-rectal et au phlegmon.

Il n’est pas rare de la voir s’accompagner de sphacèlc des téguments.

Par des lavages répétés on facilitera l’élimination des produits mortifiés dont il faut à tout prix éviter la résorption.

40 Escarres de la région fessière. — En dehors des escarres du décubitus, on peut voir survenir des escarres d’origine nerveuse. Elles sont le résultat des sections nerveuses faites au cours de l’opération. Elles apparaissent très rapidement dès le lendemain. Elles ne sont pas précédées d’érythème, comme les escarres ordinaires, mais succèdent à des phlyctènes plus ou moins étendues.

Ces escarres post-opératoires assombrissent toujours le pronostic. Aussi les traitera-t-on avec l’antisepsie la plus rigoureuse comme nous l’avons indiqué à propos du decubitus acutus.

Complications tardives. — Il est peu de malades

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