TRAITEMENT DE LA FISTULE A L'ANUS
i” PAR L’INCISION
Transformée en une plaie béante, la fistule à l’anus doit être traitée comme telle. Il en faudra surveiller attentivement la cicatrisation, qui devra se faire lentement, de la profondeur vers la superficie. La plaie sera pansée tous les jours. Écartant les deux lèvres de la plaie, on luttera contre une cicatrisation trop rapide qui tendrait à rapprocher les téguments et à préparer la récidive. Le malade sera constipé les premiers jours pour éviter à la plaie récente le contact des matières. Malheureusement le traitement post-opératoire est très long, durant parfois quelques mois ; aussi ne peut-on constiper le malade que quelques jours. On le mettra au régime lacté les 3 premiers jours, et on lui donnera une purgation le 4e. A partir de ce moment, chaque pansement devra être accompagné d’un lavage soigné de la plaie, de préférence à l’eau oxygénée étendue. On donnera au malade des laxatifs, afin d’avoir des selles régulières.
Sans obliger le malade à garder le lit au delà d’une semaine, il faut cependant lui interdire la marche ou la station debout, qui contribueraient à retarder la guérison.
Le pansement devra être fait par le chirurgien lui-même, ou par un aide scrupuleux, qui ne laissera se former aucun clapier, ni aucun recessus dans la profondeur, et qui sera toujours prêt à intervenir.
Accidents post-opératoires. — Les suites opératoires sont en général très simples. On a signalé une rétention d’urine passagère, des douleurs locales, parfois un peu de fièvre ,
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tenant, disent MM. J.-L. Faure et H. Rieffel ('), à des absorptions toxiques se faisant par la plaie; mais tous ces accidents sont passagers et disparaissent rapidement.
Les grands accidents infectieux observés jadis ont complètement disparu.
Le prolapsus rectal est très rare et tient à la section du sphincter.
L’incontinence des matières est la seule vraie complication post-opératoire. Cet accident n’est le plus souvent qu’une conséquence nécessaire de l’opération. La fistule était ischiorectale, et, pour la débrider, il a fallu diviser le sphincter. L’incontinence n’est parfois que passagère, et la guérison s’opère spontanément. Mais souvent elle est complète et définitive ; elle devient alors une véritable infirmité, pire que la fistule elle-même.