‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 164 sur 299 · RÉSULTATS ÉLOIGNÉS. RÉCIDIVES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS ÉLOIGNÉS. RÉCIDIVES

Avec les progrès incessants des techniques opératoires, les résultats immédiats et éloignés des interventions pour cancers du rectum s’améliorent très sensiblement. La mortalité entre les mains d’Hochenegg est tombée à 1 6,8 pour ioo. Les récidives sont devenues moins fréquentes, mais ici comme ailleurs, le cancer peut récidiver localement, dans les ganglions ou à distance. Généralement les récidives sont précoces; on les voit survenir à partir du troisième mois, avant même que les malades ne soient guéris des accidents postopératoires. Dès que la récidive sera reconnue on interviendra le plus rapidement possible. « Un des malades du professeur Kocher, dit Martin du Pan (‘), a subi quatre opérations de récidive; comme c’était un homme intelligent et courageux, il est revenu chaque fois avec une constance qui a bien été récompensée, puisqu’il a survécu i5 ans à la dernière opération. »

AMPUTATION ABDOMINO-PÉRINÉALE DU RECTUM

Bien conduite, l’amputation abdomino-périnéale présente des suites opératoires très simples.

L’opération détermine toujours un shock violent qui ne doit pas être négligé. Dès le jour même on remontera le malade par des injections de sérum, de l’huile camphrée, etc.

Si les douleurs sont trop fortes, on les calmera par la morphine.

i Les chirurgiens qui, après avoir établi l’anus iliaque, ne l’ouvrent pas immédiatement, le font le lendemain.

i. Martin du Pan. Loc. cil.

CHIRURGIE DE E INTESTIN

Le pansement de la plaie périnéale nécessite de grands soins.

On n’y touchera qu’au huitième ou dixième jour; on enlèvera alors les mèches, et comme l’opération peut être très douloureuse, on pourra la faire sous anesthésie générale.

La plaie sera lavée très soigneusement, puis le pansement refait à l’aide de gazes simples ou légèrement iodoformées. Tous les deux jours on refera le même pansement jusqu’à la cicatrisation complète qui survient généralement du deuxième au troisième mois.

La mortalité opératoire est considérable après l’amputation abdomino-périnéale du rectum. Goullioud et Fajrsse (') accusent 35 pour ioo de morts. La gravité diffère cependant beaucoup suivant le sexe ; tandis que la mortalité chez l’homme serait de 66 pour ioo, elle n’est plus que de 6 pour ioo chez la femme.

La raison de cette différence nous est encore inconnue.

OPÉRATION DE WHITEHEAD

(Hémorrhoïdes)

Avant d’entreprendre une opérationde Whitehead, il est de toute nécessité de préparer le malade à l’opération. L avantveille, il aura été purgé ; la veille, on lui administrera un grand lavement le matin, et le soir un grand lavage rectal de 2 litres d’eau bouillie; on lui fera prendre ensuite une pilule d’opium de o gr.o5 qu’on renouvellera le matin de l’opération. Il va sans dire que la région aura été préalablement rasée et lavée. Ces soins simplifieront beaucoup les suites opératoires ; c’est pour cela que nous avons tenu a les i appeler.

i. Goullioud et Faysse. Revue de Chii juillet igo5, p. 121.

OPÉRATION DE WHITEHEAD

SOINS CONSÉCUTIFS

Le pansement post-opératoire est très simple; il suffit d’appliquer sur la région anale des compresses de gaze stérilisée, doublées d’une couche de ouate et maintenues par un bandage en T. On évitera les différentes gazes antiseptiques qui pourraient déterminer de malencontreux érythèmes.

Le malade sera reporté dans son lit où, pour éviter tout tiraillement sur les sutures, on immobilisera ses membres inférieurs, en les rapprochant et en les fixant l’un à l’autre par un lien noué au-dessus des genoux.

On continuera à constiper le malade en lui donnant tous les jours une pilule d’opium de o gr. o5 jusqu’au 9e ou 1 oc jour.

La gêne déterminée par cette longue constipation est tolérée facilement.

Tous les jours, matin et soir, dès le lendemain de l’opération, on fera un lavage de la région anale. Le malade étant en position génu-pectorale, on irriguera à distance la plaie opératoire, avec une solution d’eau oxygénée faible. Le bock et la canule ordinaire sont très suffisants à cet effet. Le lavage terminé, on refera le pansement avec des compresses stérilisées sèches.

Pendant les 10 premiers jours, le malade ne prendra chaque jour qu’un litre et demi de lait et un peu de bouillon.

Le ion jour, il sera purgé avec de l’huile de ricin et, à partir de ce moment, il pourra reprendre son alimentation habituelle, en ayant soin de prendre un lavement tous les jours.

Point n’est besoin de s’occuper des fils de suture; ils tombent spontanément et sont retrouvés dans les pansements.

Le malade pourra se lever dès le 1 5e jour.

CHIRURGIE DE L'INTESTIN

A CCIDEN TS P OS T- OPÉRA TOI RE S

L’opération de Whitehead bien conduite, entraîne rarement des complications post-opératoires. Tous les accidents signalés sont dus à des fausses manoeuvres, à l’infection, et peuvent être évités.

Douleurs post-opératoires. — Les malades qui souffrent après l’opération de Whitehead, ont été mal dilatés, ont une mèche ou un tube dans le rectum, ou sont infectés.

Dans le deuxième cas, en effet, il suffit d’enlever le corps étranger pour voir les douleurs cesser spontanément ; elles sont dues à la contraction du sphincter sur la mèche ou le drain ou à la rétention des gaz.

F. Véron (') rapporte l’histoire d’un malade opéré à Beaujon, qui eut des douleurs abdominales, avec ballonnement du ventre, vomissements, au point de reproduire le tableau symptomatique de l’occlusion intestinale. L’ablation de la mèche intra-rectale fit disparaître tous les accidents.

Rétention d’urine. — C’est un accident fréquent des interventions sur la région ano-périnéale, sur lequel nous avons déjà insisté ailleurs.

Il suffira de sonder le malade. Dans quelques cas, la rétention sera due à une contracture sphinctérienne; on passera très difficilement ; quelquefois même on ne passera pas. Il faut alors placer une filiforme, et plus tard, une sonde à demeure.

Hémorragies. — Un léger suintement ne sera pas inquiétant. Mais parfois, on assiste à de véritables hémorragies qui nécessitent une intervention d’urgence. On aura recours aux piqûres d’ergotine, au tamponnement du rectum avec de la gaze à la ferripyrine.

Parésie sphinctérienne. — Ce n’est pas l’incontinence vraie des matières. Elle disparaît au bout de quelques semaines. Si le sphincter reste trop longtemps paresseux, on

i. F. Vkron. Th. de Paris, 1899.

OPÉRATION DE WHITEHEAD

pourra conseiller les pansements à la poudre d’alun, de cachou et de ratanhia, les grandes douches ascendantes froides, les suppositoires astringents (extrait de belladone, o gr. o3, extrait de ratanhia, i gr.), l’application de quatre à cinq pointes de feu autour de l’anus. Mais ce qui réussit certainement le mieux, c’est la faradisation du sphincter.

RÉSULTATS ÉLOIGNÉS

Les résultats éloignés de l’opération de Whitehead sont très satisfaisants. F. Véron (*), qui a revu après 2, 3 et 4 ans, des malades opérés parM. Lejars, n’a jamais observé de récidives; il a trouvé des plis radiés réguliers, un limbe muco-cutané très bien dessiné, attiré dans la majorité des cas dans le conduit anal. Le sphincter avait conservé toutes ses propriétés de tonicité et de dilatabilité.

Au point de vue général, ces malades présentaient des résultats tout aussi satisfaisants ; plus de douleurs, plus d’hémorragies, rarement de la constipation; reprise de la vie commune sans soucis, augmentation de poids.

Le rétrécissement cicatriciel de l'anus ne peut exister qu’à la suite de désunions et de cicatrisationparseconde intention. L’échec total de la réunion muco-cutanée ou le sphacèle circulaire de la muqueuse, dit F. Véron, entraîneraient seuls un pareil accident ; Whitehead déclare que, sur 3oo cas, il ne l’a jamais observé. Ce sont malheureusement des cas dont les auteurs ne se glorifient pas, aussi ne sont-ils guère publiés ; l’infection qui entraîne la désunion en est le facteur principal. C’est elle qui était en cause dans un cas que nous eûmes l’occasion de voir il y a quelques années.

Le prolapsus rectal peut s’observer tardivement. Quand, dans l’incision cutanée, le bistouri, au lieu de passer à la limite de la peau et de la muqueuse s’est avancé sur la région cutanée, la ligne des sutures est reportée en dehors de plu-

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