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LA RESPIRATION

Sorti du sommeil anesthésique, le malade reprend rapidement sa respiration normale. Aussi faut-il prêter une grande attention aux modifications qui peuvent survenir dans le rythme respiratoire, car elles indiquent toujours l’imminence d’une complication.

C’est ainsi qu’elle s’accélère chez un opéré en état de shock. Dans les cas d’hémorragie elle prend également un rythme plus rapide, mais elle est en même temps plus faible.

Les modifications de la respiration doivent également faire craindre une complication pulmonaire (œdème, bronchite ou pneumonie).

4a LA TEMPÉRA TU RE

La fièvre joue un grand rôle en chirurgie. Nous sommes habitués à la considérer comme synonyme d’infection; aussi dès qu’on constate une modification de la courbe thermique, la première indication est de défaire le pansement pour voir s’il ne se passe rien du côté de la plaie. Correspondant à une élévation de 1 à 2 degrés, on trouvera souvent une petite induration rouge au niveau de la suture. Il suffira le plus souvent

1. Bolton Bangs. Médical Record , n° 1949, 14 mars 1908, p. 421.

SOINS POST-OPÉRATOIRES GÉNÉRAUX

de faire sauter i ou 2 points de suture pour voir se vider un petit abcès et la fièvre tomber à la normale. Dans certains cas, elle s’accompagne de symptômes généraux graves; elle traduit alors une complication sérieuse, érysipèle, tétanos, septicémie, péritonite, etc.

On peut parfois constater une légère ascension thermique, sans qu’il s’agisse d’infection, apparente du moins. Il n’est pas rare, en effet, de voir dès le lendemain d’une opération la température monter à 38 ou même 39 degrés; en général, cette fièvre ne persiste pas, et dès le surlendemain, la température redevient normale. Ce sont des cas fréquents après une intervention chirurgicale, surtout chez les enfants. On a quelquefois désigné cette élévation thermique sous le nom de fièvre aseptique, de fièvre traumatique et on l’a attribuée à la réaction de l’organisme. On admet plutôt aujourd’hui que la fièvre indique toujours une résorption de substances septiques ou de toxines et que l’ancienne fièvre aseptique n’est que le premier degré d’une infection qui tourne court. Dans certains cas, d’après M. Tedenat, cité par M. Rives (*), le fait de laisser sans soins la bouche d’un opéré peut expliquer des dixièmes et même des degrés de température.

Dans d’autres cas, la fièvre dite traumatique est due à la résorption du sang épanché.

Il est enfin des élévations thermiques chez des opérés qui sont dues à des affections intercurrentes; il n’est pas rare de voir tel opéré faire une angine, ou tel autre paludéen faire, à l’occasion du traumatisme opératoire, des accès de fièvre intermittente.

L’ébranlement du système nerveux peut en outre, chez un sujet prédisposé, hystérique par exemple, suffire à provoquer

une certaine élévation thermique, sans qu’il s’agisse d’infection.

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