‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 195 sur 299 · SUITES ÉLOIGNÉES · texte numérisé non relu

SUITES ÉLOIGNÉES

On ne peut plus douter aujourd’hui de l’importance des testicules, comme glande à sécrétion interne. Brown Séquard, dès 1869, avait entrevu cette fonction et jusqu’en 1898 on admit que la glande sécrétait un principe (cristaux de spermine pour Pœhl, pipérazine pour Schultze) qui avait une action sur la nutrition en général et sur le système osseux en particulier.

M. Poncet, en 1879, au Congrès pour l’Avancement des Sciences, n’a-t-il pas démontré qu’un des principaux résultats de la castration était l’augmentation de la taille, fait confirmé par Lortet chez les eunuques. Cette action semble liée à un ralentissement de la nutrition.

1. Baudet et Kendirdjy. Revue de Chir., octobre 1906, p. 346.

CASTRATION

Les travaux d’Ancel et Bouin démontrèrent ensuite que cette sécrétion n’appartenait pas au testicule tout entier, mais seulement aux cellules interstitielles et peut-être au syncytium sertollien (Loisel) et qu’elle tient sous sa dépendance et maintient l’ensemble des caractères sexuels.

Des observations récentes sont venues confirmer cette opinion.

M. Prigl (*) présentait dernièrement à Vienne deux hommes âgés de 44 ans qui avaient subi l’un à 1 7 ans, l’autre à 1 g ans, l’ablation des deux testicules atteints de tuberculose.

Le premier perdit tout d’abord ses cheveux qui ne repoussèrent qu’en partie seulement au bout de quelques mois; ses téguments devinrent glabres, son tissu cellulo-adipeux se développa anormalement. La prostate diminua très notablement de volume; elle atteignit les dimensions d’un petit pois. L’hypophyse, examinée aux rayons X, ne présentait aucune altération anormale. Le tissu osseux n’avait subi aucune modification. Prigl ajoute que chez ce premier malade l’appétit sexuel a complètement disparu depuis cinq ans, qu’il ne pratique plus le coït et qu’il n’a que quelques rares et faibles érections.

Chez le second malade de Prigl, les effets éloignées de la castration furent à peu près les mêmes: atrophie complète de la prostate, et suppression de l’appétit sexuel.

Il est intéiessant de faire remarquer que la castration pratiquée chez un adulte, dont le système osseux est complètement développé, n’altère en aucune façon le squelette (Tandler).

Quoi qu’il en soit, il n’en est pas moins vrai que la castration double entraîne la suppression d’une sécrétion interne indiscutable, et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’on ait cherché à y suppléer par l’opothérapie.

1. Prigl. Résultats éloignés de la castration totale chez l’homme TU a ^ S°Ciété imPéri°-r°yale des médecins de Vienne \

VÉSICULECTOMIE

L’extirpation des vésicules séminales peut se faire par la voie périnéale, par la voie sacrée ou par la voie inguinale.

La vésiculectomie par voie périnéale nécessite un tamponnement et un drainage parfois de longue durée.

Les suites en sont cependant assez simples à moins qu’il ne survienne une complication intempestive (infection ou fistule).

L’infection est due le plus souvent à une fausse manœuvre au cours de l’intervention, — au voisinage de l’anus et du rectum, — aux lésions elle-mêmes. Elle se manifeste dès les premiers jours; elle est souvent légère et cède à des lavages bien compris; mais dans certains cas elle est très tenace et conduit à la fistule; celle-ci peut persister de un à quatre mois et quelquefois plus; Roux signale un cas dans lequel elle dura un an et demi.

La fistule urinaire se produit lorsque au cours de l’opération, on a lésé la prostate ou l’urètre. Malgré une suture immédiate, il arrive que les fils cèdent, donnant naissance à une fistule qui guérit toujours assez rapidement; il suffit, dans presque tous les cas, de placer une sonde à demeure pour la voir se fermer.

MM. Baudet et Kendirdjy(‘) signalent encore quelques complications plus rares. C’est ainsi que, dans un cas de \\ eir, il se produisit une cystite légère qui céda aux injections de glycérine iodoformée à io pour ioo; dans un cas de Schede, on vit survenir une arthrite suppurée sacro-iliaque.

La vésiculectomie par voie inguinale nécessite également un gros drainage qu’on ne supprimera que tardivement et

i. Baudet et Kendirdjy. Revue de Chir., octobre 1906.

CURE RADICALE D'HYDROCELE.

progressivement. Un léger suintement sanguin nécessitera parfois un tamponnement qu’on laissera en place vingt-quatre ou quarante-huit heures.

L'accident le plus à craindre est encore ici l’infection simple ou tuberculeuse. La première guérit assez facilement; la seconde est, au contraire, très tenace et nécessite parfois un curettage de la plaie ou même une extirpation secondaire.

Il va sans dire que tous ces malades tuberculeux par leur appareil génital sont exposés aux multiples localisations secondaires de la tuberculose.

RÉ S UL TA TS FONC TIONNELS

Au point de vue physiologique, la vésiculectomie ne modifie pas les fonctions viriles du malade. Après une vésiculectomie et une épididymectomie unilatérales, disent MM. Baudet et Kendirdjy (*), le malade de Platon avait les érections et le coït faciles.

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