‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 210 sur 299 · HYS TÉ REC TOMIE VA GIN ALE · texte numérisé non relu

HYS TÉ REC TOMIE VA GIN ALE

trouvait que des anses intestinales. Le sac péritonéo-vaginal fut extirpé et l’intestin refoulé. On créa une cloison vésicorectale et on ferma la vulve de l’orifice urétral à l’anus.

Stratz explique ce s cas par la persistance congénitale des culs-de-sac péritonéaux vésico-vaginaux et vagino-rectaux ;

Fig. 5 g. — Inversion du vagin apres une hystérectomie vaginale.

Résection du sac péritonéo-vaginal ( d'après Strat f).

grâce à eux le vagin peut glisser sans entraîner la vessie ni le rectum (fig. 5g et 60).

Pelvi-péritonites. Epiploïtes. — Accidents d’ordre infectieux survenant dans les jours qui suivent l’opération, la pelvi-péritonite et l’épiploïte, ne revêtent aucun caractère particulier qui mérite d’être signalé. On les reconnaîtra donc facilemertt et on les traitera très énergiquement dès leurs premières manifestations.

Rétentions rénales. — « J’ai eu à plusieurs reprises, dit M. Lcgueu('), l’occasion d’observer, à la suite de l’hystérec-

1. Legueu. Des rétentions rénales à la suite de l’hystérectomie vaginale. Rev. de Gynécol. et de Chir. abd., 1906.

tomie vaginale une rétention rénale, ou mieux une crise d’hypertension avec infection se produisant sur l’un des reins en dehors de toute intervention accidentelle sur les uretères , je veux dire sans que ces uretères aient été pincés. » Cette complication, que nous ne trouvons pas signalée avant l’étude qu’en a faite M. Legueu, est du reste sans grande gravité, la

Fig. 6o. — Le sac péritonéo-vaginal est réséqué.

Cloisonnement vesico-rectal (d'après Stratj).

crise presque toujours passagère, disparaissant sans laisser de trace. Cet accident survient dans les premiers jours qui suivent l’opération : aux 4e, 5e et 1 5e jours dans les observations de M. Legueu. Il se manifeste d’une façon brusque par une douleur rénale avec fièvre et parfois des vomissements. La palpation permet de reconnaître une augmentation de volume du rein et révèle de la douleur locale. Les mictions sont rares, sans hématurie; les urines sont parfois troubles.

Cette crise'dure peu en général. Elle disparaît en quelques jours sous l’influence d’enveloppements chauds de la région lombaire et de lavages vésicaux.

HYSTÉRECTOMIE VAGINALE.

Discutant la cause de cette complication, M. Legueu écarte l’hypothèse d’un pincement de l’uretère, parce que jamais il n’a vu de fistule urétérale chez ces malades et parce que jamais il n’a vu cette crise se produire le premier jour ou avant l’ablation des pinces. Il pense « qu’il s’agit dans tous ces cas d’infection rénale aiguë post-opératoire sur des reins déjà préparés, quelque peu distendus et en état d’opportunité morbide ». La sonde à demeure doit évidemment être le point de départ de cette infection ascendante, facilitée par un certain degré de dilatation de l’uretère. M. Legueu suppose que les pinces à demeure peuvent dévier l’uretère et, entravant en partie son fonctionnement, traumatiser sa paroi et appeler l’infection.

RÉSULTATS OPÉRATOIRES

Dans les cas d’hystérectomie vaginale pour cancer, la récidive survient assez rapidement. Elle siège dans la paroi vaginale, dans la cicatrice, dans le pelvis.

Jacobs (de Bruxelles) a communiqué au IIe Congrès de la Société internationale de Chirurgie (1908) sa statistique portant sur 1 06 hystérectomies vaginales pour cancers. Elle se décompose ainsi :

1 cas. Mort immédiate.

1 1 — Perdus de vue.

87 — Morts de récidive dans les 5 ans (1 après 5 ans).

5 — Survie sans récidive depuis moins de 5 ans.

1 — Survie sans récidive pendant plus de 5 ans, mais récidive au bout de 17 ans.

COLPO-PÉRINÉORRAPHIE

La malade ayant été préparée à l’opération par une désinfection vaginale rigoureuse, et un grand lavage du rectum l’avant-veille de l’opération, sera constipée comme pour une cure radicale d’hémorroïdes, à l’aide de pilules d’opium (o gr. o5). Ce traitement sera continué après l’opération. Tous les soirs on donnera à la malade une pilule d’opium de o gr. o5 pendant huit jours. Le huitième jour, on la purgera à l’aide d’huile de ricin de préférence.

Il est indiqué, après une colpo-périnéorraphie, de faire un léger tamponnement du vagin à la gaze aseptique ou iodoformée et de placer une sonde à demeure dans l’urètre. On placera également un drain dans le rectum pour l’évacuation des gaz.

La plaie sera recouverte de poudre antiseptique (iodoformée de préférence) et d’un pansement compressif.

La malade sera gardée au lit les jambes liées et pliées sur un oreiller, au moins pendant les premières vingt-quatre heures.

Le tamponnement vaginal sera enlevé au huitième jour seulement; les fils seront coupés au dixième. Si cependant la périnéorraphie a été faite d’urgence, à la suite d’un accouchement, on sera obligé de retirer tous les jours le tamponnement pour donner les soins vaginaux. On en sera quitte pour le refaire ensuite.

On observe parfois, après une périnéorraphie, une petite ascension de température due à une légère infection de la plaie, caractérisée par de la tuméfaction et de la rougeur des téguments. Il ne faudra pas hésiter dès lors à sectionner un ou plusieurs points de suture et fi laver la plaie fi l’eau oxygénée.

0 P ÉRA T ION CÉSARIENNE .

OPÉRATION CÉSARIENNE (Hystérotomie)

L’opération césarienne, exécutée pour extraire de l’utérus un fœtus qui ne peut suivre les voies naturelles, nécessite des soins ultérieurs assez simples et n’expose qu’à des accidents d’infection.

SOINS CONSÉCUTIFS

Les soins post-opératoires de l’opération césarienne diffèrent suivant que l’utérus, après la délivrance, s’est rétracté facilement sur luimême, ou qu’au contraire il y a eu inertie utérine; dans ce dernier cas, l’utérus saigne et, pour arrêter l’hémorragie, on aura eu recours au tamponnement de la cavité utérine.

Si on n’a pas tamponné, les soins sont très simples : simple pansement aseptique de laparotomie, ablation des fils au dixième jour, lever au bout de trois semaines.

Si l’utérus a été tamponné, la mèche de gaze attirée par le

MERCADÉ. 3o

Fig. G / .

Opération césarienne. Tamponnement à la ga çe laissé dans l’utérus.

col jusqu’à la vulve (fi g. 61) est préservée par un pansement maintenu par un bandage en T. Cette mèche est retirée au bout de deux heures environ avec les plus grandes précautions d’asepsie.

La malade sera purgée au troisième jour et à partir de ce jour, recevra un lavement tous les matins.

« Il n’y a, du fait de la césarienne, dit notre ami M. Jeannin('), aucune contre-indication à l’allaitement maternel. Tout allant bien, on mettra l’enfant au sein de sa mère dès le troisième jour. »

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