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CHAPITRE XVI

CHIRURGIE DES MEMBRES

TRAITEMENT DES FRACTURES

Le traitement des fractures nécessite aujourd’hui de la part du chirurgien une attention particulière, car, dans chaque cas, sa responsabilité se trouve tout entière engagée. Il ne suffit plus de mettre un membre fracturé dans un appareil plâtré, en se contentant d’un à peu près dans la correction. Il faut le surveiller très attentivement dans les jours qui suivent.

Toutes les manifestations ultérieures à la pose de l’appareil seront considérées par le patient, toujours mal conseillé, comme des fautes professionnelles. Aussi est-il de la plus haute importance, pour le praticien, de connaître l’évolution normale des fractures en général et de chaque fracture en particulier, ainsi que les accidents possibles au cours du traitement de chacune d’elles.

La première qualité d’un appareil plâtré est de ne pas blesser le patient. Dès le soir de la réduction, on arrondira à la pince tous les angles de l’appareil, susceptibles de blesser les téguments et de déterminer une petite plaque de sphacèle. On s’assurera que l’appareil ne comprime pas trop les tissus, on évitera ainsi les gangrènes par compression, assez fréquentes autrefois. On surveillera l’extrémité du membre, sa circulation ; on interrogera le malade sur les phénomènes qu il ressent, et, si des douleurs trop vives coïncident avec

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des troubles de circulation (cyanose, œdème, etc.), on n’hésitera pas à relâcher l’appareil.

Il faut bien savoir, cependant, qu’en dehors de toute compression par l’appareil certaines fractures sont douloureuses pendant toute la durée du traitement. Au voisinage des extrémités osseuses, les terminaisons nerveuses subissent une irritation continue qui se manifeste par une douleur permanente qui ne cède en général qu’à la morphine.

Dès le début du traitement, il faudra tenir compte de l’état général de l’individu. Tel sujet syphilitique devra reprendre, pendant la durée de la consolidation, du mercure et de l’iodure. Tel autre paludéen sera soumis à la quinine. L’alcoolique prendra de l’opium sous une forme quelconque les premiers jours. Aux débilités, on donnera du phosphate de chaux.

La levée de l’appareil, qui était autrefois toujours tardive, peut être plus précoce, depuis que notre maître, M. J. Lucas- Championnière, a fait connaître les bienfaits que le massage pouvait apporter à la consolidation de la fracture et à sa guérison.

Point n’est besoin aujourd’hui de conserver un membre dans l’immobilisation absolue pendant des semaines et des mois ; les muscles s’atrophient, les articulations s’enraidissent, les tendons se rouillent, et, si le membre est solide, il est loin d’être guéri dès qu’on lui rend sa liberté.

La mobilisation précoce et le massage préviennent ces complications fâcheuses qui rendent les malades impotents pendant de longs mois, après la consolidation de la fiactuic. Mais combien de temps faut-il laisser le membre dans 1 appareil plâtré, et quand doit-on commencer le massage? Ce sont des points que, seul, l’examen clinique permet de résoudre, car, étant donnés la variété de la fracture, sa giavité et l’état général de l’individu, les indications varient, et il est impossible de formuler des règles précises a ce sujet. On lira donc avec grand profit le Traité des fractures par le

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massage et la mobilisation de M. Lucas-Championnière, dont la compétence en la matière est hautement reconnue.

Il est cependant des données moyennes d’immobilisation que la majorité des chirurgiens s’accordent à reconnaître.

L’appareil de Hennequin, pour fracture de bras, restera en place une vingtaine de jours. On le remplacera ensuite par une simple écharpe.

La gouttière plâtrée pour fracture de coude ne sera main tenue d’une façon permanente que 10 à i5 jours. De même, la gouttière, d’avant-bras, pour fracture de l’extrémité inférieure du radius.

L’appareil plâtré pour fracture de jambe, sus-malléolaire, ou bi-malléolaire, sera gardé 40 jours, et la marche ne sera permise que 20 ou 3o jours plus tard.

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