TROUBLES CONSÉCUTIFS
La consolidation d’une fracture ne se fait pas sans altérer profondément tous les éléments du membre. Les troubles apportés par la fracture à la nutrition normale de tous les tissus sont tels, que ceux-ci nécessitent un temps parfois très long, pour retrouver leur vitalité.
i° Altération des téguments. — Nous n’insisterons pas sur les altérations des téguments qu’on constate après la levée de l’appareil et qui se manifestent par un peu de sécheresse de la peau, de l’hypertrophie de quelques poils, la chute de quelques écailles épidermiques, et parfois par quelques troubles vaso-moteurs.
De légères frictions avec un corps gras quelconque suffisent à rendre à la peau sa souplesse normale assez rapidement.
2° Atrophie musculaire . — Bien plus sérieuse est l’atrophie musculaire qui atteint tous les muscles du membre immobilisé, sans exception. Elle détermine une impotence fonctionnelle qui persiste parfois fort longtemps. Aussi doitelle être traitée immédiatement par les mouvements, l’électricité et le massage.
On ne se contente plus aujourd’hui de l’explication de Malgaigne qui rapportait cette atrophie à la compression du membre dans un appareil et à son immobilisation prolongée.
Pour Gosselin, la vie nutritive du membre se localisait tout entière au niveau du cal, au détriment de tous les autres tissus et principalement des muscles.
TRAITEMENT DES FRACTURES
Poulet pense qu’il s’agit d’une amyotrophie réflexe ayant son point de départ dans la névrite des petits filets nerveux traumatisés par la fracture.
3° OEdème. — L’œdème se manifeste tantôt immédiatement, tantôt après les premières tentatives de mouvements. Dans ce dernier cas, il diminue par le repos et disparaît au bout de quelques semaines. Il est sous la dépendance de troubles vaso-moteurs.
L’œdème qui s’observe dès la levée de l’appareil est d’un pronostic plus sérieux. Il persiste longtemps, ne disparaît pas par le repos et la position horizontale et doit être rapporté à un obstacle dans la circulation veineuse, à une véritable thrombose d’origine infectieuse. Ce sont ces thromboses qui déterminent les embolies mortelles qu’on a signalées entre le 22e (Velpeau) et le 57e jour (Durodié) et même plus tard.
40 Raideurs articulaires et tendineuses. — Légères et passagères, elles sont fréquentes à la suite d’une longue immobilisation dans un appareil, mais disparaissent rapidement par la balnéation et le massage. Leur persistance doit immédiatement faire penser à une véritable complication d’ordre différent, l’immobilisation ne pouvant à elle seule déterminer l’arthrite et l’ankylose. Il s’agit dans ces cas de sujets prédisposés.