‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 216 sur 299 · COMPLICATIONS PRÉCOCES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS PRÉCOCES

Fièvre. — Il n’est pas rare d’observer, dans les premiers jours qui suivent la production d’une fracture, une certaine élévation thermique. Signalée déjà par Gosselin ( 1 856) et par Otto Weber (1864), cette fièvre a été très bien étudiée par Volkmann, Genzmer et récemment par notre maître M. Rieffel ('). Elle est généralement peu élevée et ne dure que quelques jours, une semaine au plus. Elle est surtout fréquente après les fractures d’os volumineux et est en relation directe

1. Rieffel. Traité de Chirurgie. Le Dentu-Delbet, t. II, p. 46.

CHIRURGIE DES MEMBRES

avec l’abondance de l’épanchement sanguin et les lésions des parties molles. Elle ne modifie nullement l’état général du blessé.

11 faut bien savoir que la pose de l’appareil ne saurait être en aucune façon incriminée, puisqu’on observe cette fièvre même chez des sujets traités par le massage.

Volkmann l’attribue à la résorption de substances toxiques, provenant des éléments anatomiques contusionnés.

Wahl pense que la seule résorption sanguine suffit à l’expliquer.

« La valeur pronostique de cette fièvre est nulle, dit M. Rieffel (*) ; elle n’a aucune influence sur la consolidation. »

e Modifications des urines. — Si au cours du traitement d’une fracture on est amené à examiner les urines du blessé, on constate souvent l’existence d’éléments anormaux, tels que l’urobiline, la chaux, les phosphates, la graisse; tous ces éléments proviennent de la résorption qui se produit au niveau du foyer de la fracture et leur présence est passagère.

Gangrène. — Un membre peut se gangrener sous un appareil; et, comme dans beaucoup de cas la gangrène est sous la

Fig. 62. — Gangrené de la main consécutive à la compression de l'avant-bras par un appareil trop serré.

dépendance d’une compression trop énergique des tissus, il nous faut signaler ces variétés, afin de pouvoir facilement les reconnaître et les distinguer de celles où la responsabilité du chirurgien n’est en aucune façon engagée.

Page 1